Vendredi, 30 janvier 2026
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    À quoi ressemble un orgasme prostatique?

    En quoi un orgasme prostatique diffère-t-il d’un orgasme pénien? La réponse est simple… et complexe à la fois. Les deux sont difficiles à décrire et varient énormément d’une personne à l’autre. Cela dit, plusieurs témoignages s’entendent sur un point : l’orgasme prostatique n’a rien à voir avec l’orgasme génital «classique», centré sur le pénis et l’éjaculation.

    On le décrit souvent comme plus diffus, plus profond, plus viscéral, parfois sans éjaculation, et capable de traverser tout le corps. Certaines personnes le comparent aux orgasmes vaginaux souvent associés au fameux point G. La prostate — stimulée indirectement par le périnée (la zone entre le scrotum et l’anus) ou directement par pénétration anale — devient alors une véritable zone érogène. Souvent surnommée le « point P », la prostate est parfois présentée comme l’équivalent masculin du point G. Si vous êtes de sexe masculin depuis la naissance, vous avez donc peut-être déjà en vous un potentiel orgasmique encore trop peu exploré. Et pour cause : la prostate demeure étonnamment sous-étudiée, surtout lorsqu’il est question de plaisir plutôt que de pathologies (comme le cancer de la prostate).

    Ce que l’on sait provient surtout de sondages et de récits personnels. Certaines études suggèrent que les personnes qui stimulent régulièrement leur prostate rapportent des orgasmes plus intenses et des érections plus fermes que lors d’une stimulation strictement génitale. À cela s’ajoute un discours — à nuancer — voulant que le massage prostatique favorise la circulation sanguine et participe à une meilleure santé sexuelle globale.

    Mais au-delà des bienfaits potentiels, c’est surtout le plaisir qui motive la curiosité. Une partie du pénis est interne, invisible, souvent ignorée. La stimulation prostatique permet justement de reconnecter avec cette zone trop longtemps mise de côté.

    C’est quoi, la prostate?
    La prostate est une glande de la taille d’une noix, à la texture ferme et légèrement bombée. Elle se situe à environ cinq à dix centimètres à l’intérieur de l’anus, vers l’avant du corps. Sa fonction principale est de produire une partie du liquide séminal, mais sur le plan sexuel, elle peut devenir une source de plaisir intense. Elle peut être stimulée de façon externe, par pression sur le périnée, ou interne, par pénétration anale avec un doigt, un jouet ou un pénis. Plusieurs personnes rapportent que la stimulation interne est plus efficace pour atteindre l’orgasme prostatique, puisqu’elle permet un contact direct avec la glande.

    Comment stimuler la prostate?
    La clé, c’est d’y aller lentement, avec beaucoup de lubrifiant, et dans un état de détente. Pour une stimulation interne, le mouvement le plus souvent recommandé est le fameux geste du « viens ici ». Il s’agit d’insérer un doigt (ou deux) de cinq à dix centimètres, puis de le recourber doucement vers le nombril. Lorsque vous atteignez la prostate, vous sentirez une petite masse ferme, distincte. Une fois trouvée, différentes techniques peuvent être explorées : pressions légères, tapotements, mouvements circulaires. Il n’y a pas de recette universelle : chacun·e réagit différemment. La stimulation externe, via le périnée, peut aussi être très agréable, surtout pour les personnes qui ne souhaitent pas de pénétration anale. En exerçant une pression soutenue sur cette zone, certaines arrivent à stimuler indirectement la prostate. Les jouets sexuels — internes ou externes — peuvent également enrichir
    l’exploration. Un indice important : si la sensation ressemble à un besoin urgent d’uriner,
    la pression est probablement trop forte.

    Concrètement… à quoi ça ressemble?
    Faute de recherches approfondies, nous avons recueilli des témoignages de personnes ayant vécu des orgasmes prostatiques. Alex, 30 ans « C’est comme si ton corps était tiré dans deux directions en même temps, derrière les yeux et juste sous les couilles. C’est étourdissant. Un genre de vertige intense, comme si tout allait exploser, puis des frissons partout. »

    Cameron, 27 ans « Un ancien amant savait exactement quoi faire. Il alternait les baisers et les mouvements “viens ici” sur ma prostate. Le plaisir se répandait dans tout mon corps, pas juste dans le bassin. J’ai littéralement perdu connaissance. Depuis, j’essaie de m’en rapprocher avec des jouets… sans jamais l’égaler complètement. »

    Jason, 40 ans « Chez moi, ça se manifeste par des vagues intenses, presque des crampes de plaisir, qui traversent le bassin et les jambes. Les contractions peuvent durer plusieurs minutes après. C’est envahissant, mais incroyablement bon. »

    Benjie, 32 ans « C’est total. Pendant quelques secondes, tu cesses d’exister. Les sensations montent, atteignent un sommet, puis tout s’effondre. Un orgasme pénien, c’est une fin. Un orgasme prostatique, c’est souvent juste le début. »

    Andrew, 52 ans « Les doigts sont agréables, mais ce sont les jouets qui déclenchent vraiment l’orgasme prostatique chez moi. Les spasmes, l’étourdissement, la possibilité d’orgasmes multiples… c’est intense, épuisant, et franchement merveilleux. »

    James, 25 ans « Quand quelqu’un est en moi au moment où je jouis, c’est presque toujours prostatique. Le plaisir est plus complet, plus large. Les vagues montent jusqu’à la tête au lieu de rester concentrées dans les organes génitaux. »

    Et si ça ne fonctionne pas?
    Si vous n’arrivez pas à avoir un orgasme prostatique, il n’y a absolument rien de «mal»
    avec vous. Certaines personnes n’y arrivent jamais, d’autres seulement dans des conditions très précises. Le niveau de détente, la confiance, la compatibilité avec un partenaire ou un jouet : tout ça joue.

    Et surtout, le plaisir ne devrait jamais être une obligation. Le sexe n’est pas une performance ni une quête de résultats. Le massage de la prostate peut être délicieux même sans orgasme. Dans une culture obsédée par la finalité, il est peut-être temps de se rappeler que le vrai plaisir se trouve souvent dans le chemin… pas dans la destination.

    Amusez-vous. Explorez. Écoutez votre corps. Et surtout, soyez doux·ce avec vous-même.

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