Mercredi, 22 septembre 2021
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    «Santé Canada doit lever l’interdiction visant les poppers»

    L’interdiction actuelle visant les poppers fait plus de mal que de bien en rendant difficile l’accès à un approvisionnement sécuritaire soutient le Centre de recherche communautaire sur la santé des hommes gais, bisexuels, trans, bispirituels et queer.

    Le CBRC qui promeut la santé des hommes gais, bisexuels, trans, bispirituels et queer (GBT2Q) par le biais de la recherche et du développement d’interventions se fait l’intermédiaire des hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (gbHARSAH) qui réclament un approvisionnement sécuritaire en poppers. Ce Centre de recherche communautaire a demandé à Santé Canada de mettre fin à l’interdiction fédérale visant la vente de poppers et lance une campagne d’envoi de lettres au ministre de la Santé et aux députés locaux concernés. Les hommes gbHARSAH et leurs allié.es à travers le pays sont invité.es à y prendre part afin de réclamer un approvisionnement sûr. Utilisés par les hommes gbHARSAH depuis des décennies, les poppers (des produits à base de nitrite d’alkyle) augmentent le plaisir sexuel et atténuent la douleur. En 2013, leur distribution est devenue illégale au Canada lorsque le gouvernement conservateur de Stephen Harper a promulgué leur interdiction. Le CBRC estime que «cette interdiction est néfaste, inefficace, excessive et fondée sur l’ignorance et les préjugés culturels», poursuivant une tradition de discrimination à l’égard des hommes gbHARSAH dans les politiques de santé au fil du temps.
     
    «Les méfaits des poppers ont été exagérés dans l’ensemble et leurs effets positifs sont légitimes», déclare Len Tooley, directeur de l’évaluation et de l’avancement au CBRC. Le risque de dépendance est très faible car ces produits n’ont pas d’effet psychoactif. Ils constituent également un moyen efficace de permettre des relations sexuelles anales sûres et agréables en atténuant la douleur et réduisant les chances de se blesser.»
     
    Rappelons que l’interdiction fédérale s’est soldée par un échec. L’interdiction n’a aucunement fait baisser la consommation de poppers. En effet, l’enquête Sexe au présent du CBRC a montré que l’utilisation des poppers n’a pas diminué de manière significative après l’interdiction de 2013. Environ 30 % des hommes issus de minorités sexuelles ont déclaré avoir utilisé des poppers en 2019, ce qui est comparable aux taux d’utilisation déclarés avant 2013.

    «Tout ce que l’interdiction est en mesure d’accomplir est de causer un risque de santé accru pour les minorités sexuelles en les coupant d’un approvisionnement sûr et réglementé en poppers, qui est une substance plutôt inoffensive», déclare Matt Troy, directeur de Vancouver Art and Leisure et activiste local.
     
    Des preuves irréfutables montrent que lorsqu’il s’agit de substances, la réduction des méfaits a des effets positifs bien plus importants sur la santé publique que la prohibition. L’interdiction visant les poppers a contraint des hommes gbHARSAH, autrement respectueux de la loi, à s’en procurer auprès de sources non réglementées et illégales. «Si les poppers étaient réglementés, ils pourraient porter des étiquettes d’avertissement expliquant comment les utiliser en toute sécurité et les acheteurs pourraient avoir une meilleure idée des produits qu’ils achètent. Nos recherches montrent que la plupart des incidents liés à la consommation de poppers aujourd’hui sont dus à des instructions peu claires et à des sources douteuses, soit deux problèmes faciles à résoudre», déclare Jody Jollimore, directeur général du CBRC. 
     
    Rappelons que les poppers ont été frappés d’interdiction sans consultations adéquates auprès des communautés et des organisations de santé gaies, et sans compréhension de leurs avantages pour la santé et de leur signification culturelle.

    Le Canada a une politique plus restrictive à l’égard des poppers que les États-Unis, la France, l’Australie et le Royaume-Uni, où les poppers sont tous accessibles. «Nous devons dénoncer la discrimination là où nous la voyons, et l’interdiction visant les poppers est une politique homophobe sanctionnée par le gouvernement», déclare Troy.


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