Pour certaines personnes, une simple sortie exige des heures de préparation. Transport, accessibilité des lieux, besoins particuliers : rien ne peut être laissé au hasard. Dans Tout doit être planifié, deuxième volet de la série documentaire sonore Rien sur nous, sans nous, des personnes handicapées LGBTQ+ racontent cette organisation permanente, rarement visible aux yeux des autres, et ses conséquences sur leur vie sociale.
Sortir prendre un verre, assister à un spectacle, participer à une manifestation ou rencontrer des ami·es : des activités qui semblent spontanées pour plusieurs peuvent demander une préparation considérable aux personnes vivant avec un handicap.
Dans ce deuxième épisode, Solveig, Théodore, Mani, Alex et Annie-Kim décrivent les contraintes auxquelles elles et ils doivent faire face pour se déplacer, accéder aux soins, utiliser les transports et participer aux activités quotidiennes.
Avant même de quitter son domicile, il peut être nécessaire de vérifier l’accessibilité des lieux, les horaires des services de transport ou la disponibilité des ressources nécessaires. À cela s’ajoutent parfois la gestion de la douleur, la fatigue, les besoins sensoriels et la sécurité personnelle.
Une charge rarement reconnue
Cette anticipation permanente représente une forme de travail invisible. Elle exige du temps et de l’énergie, sans garantir que les activités prévues pourront réellement avoir lieu.
Les démarches administratives peuvent également alourdir le quotidien. Remplir des formulaires, obtenir des services, communiquer avec différentes institutions ou faire reconnaître ses besoins impose parfois une succession d’étapes que les personnes non handicapées n’ont pas à envisager.
Pour les personnes LGBTQ+ handicapées, ces obstacles peuvent aussi limiter l’accès aux espaces de socialisation et aux activités communautaires.
Le droit à la spontanéité
Les événements culturels, les festivals et les activités LGBTQ+ ne sont pas toujours conçus pour accueillir une diversité de capacités et de besoins.
L’accessibilité ne se résume donc pas à la présence d’une rampe d’accès. Elle concerne également les renseignements disponibles, l’organisation des services, la formation du personnel et la possibilité de participer sans devoir multiplier les demandes particulières.
Tout doit être planifié montre comment une partie importante du travail d’adaptation repose encore sur les personnes handicapées elles-mêmes.
Pouvoir accepter une invitation à la dernière minute, sans devoir vérifier une longue série de conditions, demeure pour plusieurs un privilège difficilement accessible.