Lorsqu’on pense à Tokyo, ce sont souvent les mêmes images qui surgissent : le célèbre carrefour de Shibuya, les néons de Shinjuku, les temples d’Asakusa ou les boutiques de luxe de Ginza et d’Azabudai Hills. Pourtant, il existe un autre Tokyo, moins connu, plus humain et profondément ancré dans le quotidien de ses habitants. C’est précisément ce visage de la ville que j’ai découvert lors de mon récent séjour à l’OMO5 Tokyo Gotanda.
Situé à quelques minutes à pied de la station de Gotanda, dans l’arrondissement de Shinagawa, cet hôtel ne cherche pas à impressionner par le luxe ostentatoire. Sa force réside plutôt dans sa philosophie : faire du quartier une extension naturelle de l’expérience hôtelière et inviter les visiteurs à vivre Tokyo comme un résident plutôt que comme un simple touriste.

et les 47 ronins


OMO ( ça ne s’invente pas) est la marque urbaine du groupe hôtelier japonais Hoshino Resorts. Son concept repose sur une idée simple : lorsqu’on séjourne dans une ville, l’expérience ne devrait pas s’arrêter aux portes de l’hôtel. C’est le quartier tout entier qui devient, en quelque sorte, le « resort ». Des cartes originales, des recommandations et des visites guidées permettent de découvrir aussi
bien les incontournables que les petites adresses fréquentées par les gens du coin. Le principe pourrait se résumer ainsi : l’hôtel fournit le point d’ancrage, mais c’est la ville qui constitue la véritable
destination.
Dès mon arrivée, ce qui m’a frappé est la vue. Occupant les étages supérieurs d’une tour moderne, l’OMO5 Tokyo Gotanda domine les environs et offre un panorama spectaculaire. Depuis ma chambre comme depuis les espaces communs, le regard voyage entre les gratte-ciels, les quartiers résidentiels et les lignes de train qui sillonnent cette métropole si grande qu’elle occupe tout l’horizon. À la tombée du jour, Tokyo se transforme en un océan de lumières.
L’architecture intérieure reflète parfaitement l’esprit de la marque OMO : contemporaine, colorée, fonctionnelle et conviviale. Au cœur de l’établissement, l’OMO Base agit comme un véritable salon urbain où les voyageurs peuvent planifier leurs découvertes. Et c’est justement là que Gotanda révèle tout son charme. Contrairement à plusieurs secteurs plus touristiques, c’est d’abord un quartier où l’on vit et où l’on travaille. Le matin, les cafés se remplissent de travailleurs pressés. À l’heure du lunch, les petits restaurants débordent de clients. Le soir venu, les ruelles s’animent autour des izakayas. Cette authenticité constitue probablement la plus grande richesse du quartier.
En me promenant depuis l’hôtel, j’ai rapidement découvert la rivière Meguro, l’un des endroits les plus agréables pour flâner à Tokyo. Bordée de cafés, de restaurants et de petites boutiques indépendantes, elle offre un visage beaucoup plus calme de la capitale.



Culture, jardins et samouraïs
À moins de quinze minutes de l’hôtel se trouve le Tokyo Metropolitan Teien Art Museum. Installé dans l’ancienne résidence du prince Asaka, ce chef-d’œuvre Art déco des années 1930 impressionne. Devant ses pelouses impeccablement entretenues et ses élégants salons, il devient difficile d’imaginer que l’on se trouve au cœur de la plus vaste région métropolitaine de la planète.
À quelques pas, Happo-en offre une tout autre expérience. Ce jardin japonais vieux de plus de
quatre siècles est un véritable havre de paix, avec ses étangs peuplés de carpes koï, ses sentiers et ses remarquables collections de bonsaïs.
Les amateurs d’histoire ne voudront pas manquer Sengaku-ji. Ce temple relativement modeste abrite pourtant l’un des récits les plus célèbres du Japon : celui des quarante-sept rônins (une histoire de loyauté et de vengeance adaptée plus d’une centaine de fois au cinéma, sans compter de très nombreuses séries et productions télévisées). Devant les tombes de ces samouraïs devenus légendaires pour leur loyauté envers leur maître, on comprend mieux pourquoi leur histoire continue d’occuper une place importante dans l’imaginaire japonais.
Un emplacement particulièrement pratique
L’un des grands avantages de Gotanda est son accessibilité. Grâce à la ligne Yamanote, il est facile de rejoindre Shibuya en huit minutes, Shinagawa en cinq, Ebisu en trois, Meguro en deux et Shinjuku en une quinzaine de minutes. Le quartier gai de Shinjuku Ni-chôme (dont j’ai parlé précédemment) se trouve à environ vingt minutes. Après une soirée dans les bars LGBTQ+ de Ni-chôme, on peut donc regagner l’hôtel rapidement avant le dernier train ou opter pour un taxi, qui prendra une vingtaine de minutes. Cette proximité permet de profiter pleinement de la vie nocturne tokyoïte tout en retrouvant ensuite le calme d’un quartier plus résidentiel.
Dans une ville où l’on cherche souvent à voir le plus de choses possibles en un minimum de temps, Gotanda invite plutôt à ralentir. À observer. À se laisser surprendre. Et c’est peut-être là le plus beau souvenir que je retiendrai de mon séjour à l’OMO5 Tokyo Gotanda.



Où manger à Gotanda : nos bonnes adresses à prix raisonnables
L’un des plaisirs de séjourner à Gotanda est sans contredit sa scène gastronomique. Moins touristique que Shibuya ou Shinjuku, le quartier regorge de petites échoppes, d’izakayas et de restaurants fréquentés d’abord par les Tokyoïtes, souvent à des prix très raisonnables.
Udon Oniyanma Gotanda est une véritable institution pour ses udons préparés dans la tradition de Sanuki. Pour l’ambiance d’un izakaya, Torokichi propose brochettes et petites assiettes, tandis que Kyushuwashoku Kuroshiki Gotanda met à l’honneur les saveurs de Kyushu et les sakés régionaux. Les amateurs de gyozas pourront essayer Osaka Gyoza Specialty Store Yoshiko, alors que Thick-cut Tonkatsu Atsuton Gotanda se distingue par ses généreuses côtelettes de porc panées. MEAT YAZAWA demeure une référence pour ses hamburg steaks et ses viandes wagyu. Enfin, Gotanda Shokudo, un nouveau hall gourmand, réunit plusieurs comptoirs et restaurants offrant différentes spécialités.
Toriguchi : le yakitori comme expérience. Notre plus belle expérience japonaise à Gotanda aura toutefois été Toriguchi. Dans ce restaurant de yakitori, on s’installe au comptoir, face à la cuisine, pour regarder les chefs griller les brochettes une à une sur le charbon de bois. Toriguchi fonctionne selon le principe de l’omakase, laissant au chef le soin de composer le repas à notre place. Nous avons opté pour le menu de sept brochettes, à 4 620 yens (41$). Après un tataki de poulet jidori, les brochettes arrivent une à une : kashiwa — la cuisse —, tsukune, foie, puis tebasaki, l’aile de poulet. Le Shingen-dori (le type précis de poulet) provenant de la préfecture de Yamanashi, prend toute sa saveur grâce à la cuisson au charbon. Ce que je retiens surtout de Toriguchi, c’est cette succession de bouchées préparées devant nous et servies au moment précis où elles quittent le gril. Une cuisine en apparence toute simple, où tout repose sur la qualité du produit, la précision du geste et la maîtrise de la cuisson. Une véritable expérience.
Pizzeria Bruna : une excellente surprise italienne. On ne vient évidemment pas à Tokyo pour manger de la pizza, mais certaines adresses donnent envie de faire une exception. Ce fut notre cas avec Pizzeria Bruna, à Nishi-Gotanda. Dans un décor sans prétention, les pizzas sont préparées dans la tradition italienne, avec une pâte longuement fermentée et une cuisson au four à bois. La croûte arrive gonflée et légèrement brûlée par endroits, le centre demeure souple et les garnitures suffisamment simples pour laisser parler les ingrédients. Après plusieurs jours de cuisine japonaise — aussi excellente soit-elle —, retrouver une très bonne pizza accompagnée d’un verre de vin fut particulièrement agréable.
De la petite échoppe d’udons à l’izakaya, d’une excellente pizza italienne à un comptoir de yakitori raffiné, Gotanda nous aura réservé quelques-unes des plus agréables surprises gourmandes de notre séjour à Tokyo.
INFOS | OMO5 Tokyo Gotanda by Hoshino Resorts.
Adresse : 8-4-13 Nishi-Gotanda, Shinagawa-ku, Tokyo 141-0031, Japon. T. : +81 50-3134-8095
https://www.hoshinoresorts.com

