Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, la vie culturelle de Kyiv se poursuit dans des conditions difficiles. Au sein de la scène queer underground, des artistes continuent pourtant de se réunir, de créer et de danser. Le documentaire To Dance Is to Resist, de Julian Lautenbacher, suit Jay et Vol’demar, un couple de danseurs qui tente de préserver sa vie amoureuse, ses activités artistiques et ses liens avec sa communauté malgré la guerre. Un témoignage intime sur la jeunesse queer ukrainienne, présenté au festival image+nation.
Jay et Vol’demar évoluent dans l’univers des raves et des performances underground de Kyiv. La danse occupe une place essentielle dans leur relation et leur quotidien. Elle leur permet d’explorer leur créativité, de s’exprimer librement et de retrouver des personnes avec lesquelles ils partagent un sentiment d’appartenance.
L’invasion russe bouleverse leur existence. Les bombardements, les alertes aériennes et l’incertitude compliquent les activités les plus ordinaires. Les projets deviennent difficiles à planifier et les occasions de se réunir se font plus précaires. Jay et Vol’demar poursuivent néanmoins leurs répétitions et leurs performances, lorsque les circonstances le permettent.

La vie quotidienne en temps de guerre
Photographe, vidéaste et artiste sonore établi entre Kyiv et Berlin, Julian Lautenbacher accompagne le couple depuis le début de l’invasion à grande échelle. Il filme leurs répétitions, leurs rencontres et les moments de leur vie quotidienne. À ces images s’ajoutent des séquences tournées par Jay et Vol’demar avec leurs téléphones, notamment pendant les périodes les plus difficiles du conflit.
Cette matière documentaire, recueillie sur plusieurs années, permet de mesurer les changements qui s’opèrent dans leur existence. Les moments de complicité alternent avec les inquiétudes liées à la guerre. Les gestes familiers prennent une autre dimension lorsque la sécurité n’est jamais assurée.
La danse accompagne ces bouleversements. Les mouvements et les performances traduisent les émotions du couple, ses tensions et son besoin de conserver une certaine maîtrise de son existence. L’activité artistique devient aussi un point de rencontre avec d’autres personnes qui traversent des épreuves semblables.

La scène queer de Kyiv à l’écran
Le film permet également de découvrir une facette moins connue de la société ukrainienne : sa scène queer alternative, ses lieux de rassemblement et les artistes qui l’animent. Avant même la guerre, ces espaces jouaient un rôle important pour les personnes LGBTQ+ qui souhaitaient vivre leur identité et développer leurs pratiques artistiques à l’écart des conventions.
Le conflit fragilise ces réseaux, mais les liens entre leurs membres demeurent. À travers Jay et Vol’demar, le documentaire montre comment une communauté artistique tente de maintenir ses activités alors que son pays traverse une crise majeure.
La démarche de Lautenbacher repose sur une proximité évidente avec ses protagonistes. Sa formation en photographie et en création sonore se reflète dans l’attention accordée aux corps, aux mouvements et aux ambiances. Les séquences de danse occupent une place importante dans un récit qui laisse aussi voir les hésitations, les difficultés et les moments de bonheur du couple.
Présenté en première mondiale au festival BFI Flare de Londres en 2026, To Dance Is to Resist est une coproduction ukraino-allemande qui suit deux artistes queers pendant plusieurs années de guerre. Le documentaire conserve ainsi la trace d’une relation amoureuse et d’une scène culturelle qui continuent d’exister dans des circonstances particulièrement éprouvantes.
INFOS | TO DANCE IS TO RESIST. Documentaire de Julian Lautenbacher. Coproduction Ukraine–Allemagne, 2026.
Le film sera présenté à Montréal dans le cadre du 39e festival de films LGBTQ+ image+nation, le samedi 28 novembre 2026 à 15 h, au Cinéma JA de Sève (LB-125), Université Concordia, 1400, boulevard De Maisonneuve Ouest, Montréal (métro Guy-Concordia). BILLETS
Billetterie : https://image-nation.org