Vendredi, 29 mai 2026
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    Russie : un garçon de 13 ans poursuivi pour «propagande LGBT» après avoir montré une vidéo à l’école

    Un garçon de 13 ans fait désormais l’objet de mesures administratives en Russie après avoir montré à d’autres élèves une vidéo considérée par les autorités comme de la « propagande LGBT » et de la « démonstration de symboles extrémistes ».

    L’affaire, révélée par le média indépendant russe Mediazona, illustre jusqu’où peuvent désormais aller les lois anti-LGBTQ+ adoptées par le régime russe — au point où un simple partage de contenu entre adolescent·e·s peut entraîner l’intervention des autorités et des conséquences disciplinaires majeures. L’identité du jeune garçon n’a pas été dévoilée afin de protéger sa sécurité.

    Selon les informations publiées, la procédure aurait été déclenchée après que des parents d’élèves ont porté plainte auprès de la police concernant une image ou une vidéo montrée par l’adolescent à ses camarades. Le contenu exact de la vidéo n’a pas été rendu public, mais les autorités affirment qu’il contenait un symbole désormais considéré comme « extrémiste » en Russie.

    Une loi anti-LGBTQ+ appliquée à un enfant
    Deux accusations administratives ont été retenues contre l’adolescent : la « propagande de relations sexuelles non traditionnelles », formulation utilisée par les autorités russes pour viser les contenus ou expressions liés aux personnes LGBTQ+ ; et la « démonstration de symboles extrémistes ».

    En Russie, les mineur·e·s de moins de 16 ans ne peuvent normalement pas être tenus responsables administrativement de ce type d’infraction.

    Le dossier a donc été transféré à une Commission des affaires de mineurs, organisme chargé des jeunes considérés « à risque » ou impliqués dans des comportements jugés problématiques.

    La commission a finalement rendu deux décisions distinctes : un simple avertissement concernant l’accusation de « propagande LGBT », mais une mesure beaucoup plus sévère concernant les symboles dits « extrémistes ».

    Selon Mediazona, les autorités ont estimé que l’enfant devait être « corrigé » et ont évoqué son possible placement dans un établissement éducatif fermé — une structure de type internat disciplinaire destinée aux jeunes considéré·e·s délinquant·e·s.

    L’adolescent serait également déjà inscrit dans un registre officiel de mineurs suivis par les autorités russes.

    Une « blague » devenue affaire politique
    L’avocate représentant le garçon a contesté la décision devant les tribunaux. Elle souligne que l’adolescent possède un excellent dossier scolaire, n’a aucun antécédent et n’avait aucune intention politique. 

    Selon elle, le jeune aurait simplement partagé une vidéo trouvée sur Internet dans un contexte de plaisanterie entre élèves. « Il n’essayait pas de faire de la propagande parce qu’il ne sait même pas ce que cela signifie », a-t-elle déclaré à Mediazona. « Internet est accessible à tout le monde… même les enfants peuvent tomber sur ce genre de vidéos et les montrer ensuite à d’autres personnes. Et les autorités considèrent cela comme de la propagande? »

    La mère du garçon a confirmé l’existence de la procédure judiciaire, mais refuse pour l’instant de commenter davantage l’affaire publiquement. La défense tente actuellement d’empêcher un éventuel placement dans un établissement fermé.

    Les symboles LGBTQ+ désormais assimilés à de « l’extrémisme »
    Cette affaire s’inscrit dans un contexte beaucoup plus large de répression des communautés LGBTQ+ en Russie.

    En 2023, les autorités russes ont officiellement interdit ce qu’elles appellent le « mouvement LGBT international », désormais classé comme organisation « extrémiste ». Depuis cette décision, plusieurs symboles associés aux communautés LGBTQ+ — notamment certains drapeaux arc-en-ciel ou symboles de la Fierté — peuvent être considérés comme des « symboles extrémistes » au même titre que des emblèmes politiques interdits. Cette désignation a considérablement élargi les possibilités d’intervention policière et judiciaire dans la vie quotidienne, y compris dans les écoles.

    Au cours des derniers mois, plusieurs affaires semblables ont émergé en Russie :
    des plateformes de diffusion ont été accusées de « propagande LGBT », des citoyen·ne·s ont été arrêtés pour avoir affiché des symboles arc-en-ciel et certaines personnes étrangères ont même été expulsées du pays à la suite de publications jugées trop favorables aux communautés LGBTQ+.

    Un climat de peur grandissant
    Pour plusieurs organisations de défense des droits humains, cette affaire démontre surtout comment les lois anti-LGBTQ+ russes dépassent désormais largement le simple cadre idéologique pour toucher directement des enfants et des adolescent·e·s.

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