Vendredi, 29 mai 2026
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    Angleterre : forte hausse des suspensions pour propos homophobes et transphobes dans les écoles

    Les écoles anglaises font face à une hausse marquée des suspensions liées à des propos homophobes, transphobes et racistes, selon de nouvelles données du ministère britannique de l’Éducation. Entre les années scolaires 2020-2021 et 2024-2025, plus de 13 000 incidents liés à des insultes ou comportements homophobes et transphobes ont été recensés dans les établissements scolaires d’Angleterre. Ce total comprend 12 977 suspensions temporaires et 88 exclusions permanentes.

    La progression est particulièrement frappante. En 2021, seulement 193 suspensions avaient été enregistrées pour des abus liés à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Ce nombre est passé à 868 l’année suivante, avant d’atteindre 1 085 cas en 2025.

    Durant la même période, les écoles ont également rapporté plus de 55 000 suspensions liées à des propos racistes et environ 1 600 cas d’abus capacitistes visant des élèves en situation de handicap ou neurodivergent·e·s.

    Un rapport consacré à ces données associe cette hausse à l’affaiblissement des ressources de lutte contre l’intimidation dans les écoles, mais aussi à un climat social plus tendu. Le ministère de l’Éducation a qualifié ces chiffres de « choquants » et affirme travailler avec des spécialistes pour mieux soutenir les établissements.

    Pour certaines familles, ces données confirment une réalité déjà douloureusement connue.

    Kirsten Coutts, dont le fils Sam, autiste, est mort par suicide après avoir été victime d’intimidation capacitiste, a confié à la BBC que ces chiffres étaient horrifiants, mais pas surprenants . « Il m’a demandé comment je me sentirais si quelqu’un me disait que tout en moi était mauvais, que rien chez moi n’était correct », a-t-elle raconté. Elle estime que les écoles ne peuvent pas porter seules cette responsabilité. « Quelque chose doit changer. Il faut davantage de soutien pour les enseignant·e·s, mais les parents doivent aussi en faire plus pour empêcher leurs enfants d’agir ainsi. Ça commence à la maison. »

    Pepe Di’lasio, secrétaire général de l’Association of School and College Leaders, rappelle de son côté que les suspensions sont généralement utilisées en dernier recours par les écoles. « Les problèmes que nous observons relèvent d’enjeux sociaux beaucoup plus vastes qui ne peuvent pas être réglés uniquement en classe », a-t-il déclaré à la BBC. « Nous semblons vivre dans une époque de plus en plus abrasive. »

    Pour les communautés LGBTQ+, ces chiffres rappellent l’importance de maintenir des programmes d’éducation inclusive, de prévention de l’intimidation et de soutien aux jeunes, particulièrement dans un contexte où les débats publics sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle se durcissent dans plusieurs pays.

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