Lundi, 1 juin 2026
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    10 ans déjà : de Mois de la Fierté à saison de la Fierté au Canada

    Le 1er juin 2026 marque un tournant : c’est le dixième anniversaire du moment où le gouvernement fédéral a officiellement reconnu juin comme Mois de la Fierté au Canada. Fini le temps où tout se concentrait sur une seule semaine. Désormais, la Fierté s’étend, s’impose, occupe l’espace — pendant un mois entier et, dans plusieurs villes, sur une véritable saison de la Fierté qui s’échelonne du printemps à l’automne, entre célébrations, culture et revendications. Derrière cette transformation, une idée simple. Évidente, même avec 10 ans de recul. Mais une vision qui, au départ, s’est heurtée à un mur.

    « En 2015, je suis entré dans la salle du conseil d’administration de Pride Toronto avec ce que je pensais être une bonne idée : transformer la Semaine de la Fierté en un Mois de la Fierté culturel à l’échelle de toute la ville », raconte Mathieu Chantelois, qui était alors à la tête de l’organisation. « La discussion a été courte. La réponse a été non. »

    Affaire classée? Pas tout à fait.

    « J’ai passé l’année suivante à penser que j’avais raté mon moment », dit-il. Plutôt que de renoncer, il change de stratégie. Il se dit : sors des salles de réunion, va sur le terrain, rencontre celles et ceux qui font vibrer la ville : institutions culturelles, festivals, lieux emblématiques.

    « J’ai commencé à rencontrer les leaders d’institutions comme l’AGO, le TIFF, le ROM, l’Orchestre symphonique de Toronto, les festivals Luminato et Inside Out, le théâtre Buddies in Bad Times, le centre communautaire 519, le Second City, le Harbourfront Centre et même les responsables de l’Aquarium! »

    À chaque rencontre, quelque chose se passe. « À ma grande surprise, tout le monde a dit oui. Oui à une programmation queer. Oui à être présents. Oui à construire quelque chose de plus grand. »

    Il réalise alors : « Ce qui me manquait n’a jamais été l’idée, mais un plan. Il fallait que les administratrices et administrateurs de mon conseil d’administration visualisent ce que je leur proposais. »

    Chantelois retourne devant son conseil. Cette fois, armé d’une vision concrète : calendrier, programmation quotidienne, récit clair. « Même idée. Exécution différente. Cette fois, la réponse a été oui. »

    Plus qu’une fête : un écosystème

    Dix ans plus tard, le Mois de la Fierté a changé de nature. Ce n’est plus seulement une série d’événements festifs : c’est devenu un vaste espace de dialogue, de visibilité et de mobilisation qui ouvre de nombreuses conversations au sein de la communauté comme dans l’espace public. Chaque année, des rassemblements majeurs se tiennent partout au pays, portés par des organismes, des artistes, des militant·es et des allié·es.

    La Fierté s’invite aux musées, sur les scènes, les écrans, dans les entreprises et les institutions. Les récits LGBTQ+ ne sont plus périphériques : ils sont intégrés, visibles, incontournables.

    Le Mois de la Fierté est devenu un levier culturel, social et politique. Culturel, parce qu’il inscrit durablement les voix LGBTQ+ dans les institutions. Social, parce qu’il transforme la visibilité en reconnaissance. Politique, parce qu’il rappelle que les droits ne sont jamais acquis.

    Au fil des ans, sa portée a dépassé le seul cadre du mois de juin. Si le Mois de la Fierté demeure le point de départ symbolique et politique de cette mobilisation nationale, il marque aussi désormais le début d’une véritable saison de la Fierté. D’une ville à l’autre, les célébrations s’échelonnent ensuite tout au long de l’été, et parfois jusqu’au début de l’automne, créant un vaste mouvement culturel et communautaire à l’échelle du pays.

    « Les idées parlent rarement d’elles-mêmes, résume Mathieu Chantelois. Les gens ne voient pas ce qui est dans votre tête. Si vous voulez qu’ils y croient, vous devez le rendre réel. La différence entre un non et un oui, c’est l’histoire que vous racontez. »

    Dix ans plus tard, l’histoire continue de s’écrire. Et au Canada, elle ne tient plus sur une semaine, ni même sur un seul mois. Elle commence en juin avec le Mois de la Fierté et se poursuit pendant toute une saison de célébrations, de culture et de revendications. 

    À Montréal, Vancouver, Ottawa et à Québec et dans de nombreuses autres villes, les festivités se prolongent bien au-delà du mois de juin. Preuve que la Fierté est devenue au Canada bien plus qu’un événement annuel de quelques jours : elle constitue désormais l’un des grands rendez-vous culturels, communautaires et citoyens de la saison chaude.

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