Le 8 juillet 2026 a marqué le coup d’envoi de la quatrième saison de Drag Race France sur france2 et au Canada sur CRAVE. Après le triomphe incontesté de l’édition All Stars, la franchise phare du service public français opère un virage audacieux. Entre un jury profondément renouvelé, des mécaniques de jeu explosives et un casting d’une inclusivité historique, cette nouvelle mouture confirme que le drag est plus que jamais un art vivant, politique et en mutation.
Mode, pop internationale et « Baguette d’or »
Si l’irremplaçable Nicky Doll conserve son trône de maîtresse de cérémonie aux côtés de la complice Daphné Bürki, le panel des juges permanents s’offre un lifting majeur. Le départ du DJ Kiddy Smile laisse place à une arrivée surprise : l’icône pop internationale Anggun, qui vient insuffler un nouveau regard artistique au show. À ses côtés, le journaliste et spécialiste de la mode Loïc Prigent intègre définitivement le programme, promettant des analyses stylistiques aiguisées et sans concession.

Dès le deuxième épisode, la production a dévoilé son arme fatale : « La Baguette d’or ». Cet accessoire thématique, clin d’œil direct au patrimoine français, introduit un twist stratégique sans précédent. Il confère le pouvoir d’immuniser ou de repêcher une candidate en danger immédiat d’élimination. Un séisme de règles qui promet de dynamiter les alliances et de redistribuer totalement les cartes au sein de l’atelier.
Le succès est d’ores et déjà mesurable. Le deuxième épisode a ainsi enregistré un score canon de 20 % de part d’audience sur les 25-49 ans, consolidant le show comme le leader estival de la chaîne France 2. Preuve de cet engouement phénoménal, la production a déjà officialisé la grande tournée nationale de la saison 4, dont le coup d’envoi sera donné le 24 septembre 2026 sur la scène mythique du Casino de Paris.
Des attentes stratosphériques et un casting politique
Après les couronnements successifs de figures légendaires telles que Paloma, Keiona et Le Filip, le public et les juges partagent une exigence commune : atteindre une perfection visuelle et technique immédiate. Le runway se doit d’être le théâtre d’une mode avant-gardiste. Au-delà de l’esthétique, cette saison porte des attentes sociétales et politiques majeures pour les communautés LGBTQIA+. La franchise franchit un cap symbolique crucial en brisant les frontières traditionnelles du transformisme grâce à un casting d’une richesse inouïe. Réunissant dix artistes âgées de 22 à 40 ans, la sélection illustre une impressionnante diversité géographique, générationnelle et stylistique :

- Malawitte (26 ans, Paris) : Elle marque l’histoire de la franchise en étant la première femme cisgenre, racisée et lesbienne à intégrer la compétition en France. Figure incontournable de la culture Ballroom et de la haute couture, elle a notamment signé des looks pour la chanteuse Theodora.

- Créatine Price (35 ans, Paris) : Artiste lyrique de haut vol et immense technicienne vocale, elle s’était déjà illustrée auprès du grand public en atteignant la finale de La France a un incroyable talent sur M6 en 2024.

- Azemylia (27 ans, Paris/Nice) : Véritable icône ultra-pop, son univers s’inspire directement des années 2000 et de l’esthétique des poupées Bratz. Fille drag de Ginger Bitch (saison 2), elle revendique haut et fort le titre de meilleure danseuse toutes saisons confondues.

- Daisy Superbitch (33 ans, Bruxelles) : Fière représentante de la vibrante scène belge, elle s’impose comme une redoutable performeuse de lip-sync et une compétitrice redoutable, prête à tout pour la gagne.

- Margarette (26 ans, Paris) : Véritable coup de cœur des critiques, elle se distingue par un humour grinçant, un stand-up acéré et des punchlines ciselées qui font mouche dans l’atelier.

- Sublyme (31 ans, Paris) : Figure majeure de la nuit et de la scène burlesque parisienne, elle mise sur un glamour hollywoodien et un art consommé de l’effeuillage théâtral.

- Holly White (40 ans, Cannes) : Doyenne de cette édition, elle bouscule les codes grâce à une approche multidisciplinaire athlétique, incorporant des éléments de gymnastique pure à ses numéros scéniques.

- Lana Cotta (22 ans, Marseille) : Benjamine de la saison, elle insuffle une brise de fraîcheur, un accent chantant et l’esthétique solaire propre à la scène marseillaise.

- Fluffy Bidule (27 ans, Bordeaux) : Artiste au style excentrique, elle propose un univers profondément singulier et décalé, où la comédie flirte joyeusement avec des performances d’accordéon.

- La Harpie (27 ans, Lille) : Spécialiste du sketch et du théâtre de caractère, elle porte fièrement les couleurs et l’héritage théâtral du Nord.
Récapitulatif de l’épisode 1
Une rentrée des classes sous le signe du talent (Attention divulgâcheur)
Le premier épisode a ouvert les portes de l’atelier pour les présentations officielles. Dès le mini-défi des entrées, les dix reines ont abattu leurs cartes, dévoilant un large spectre artistique allant du burlesque à la haute couture.

Pour le très attendu Maxi-défi du Talent Show, les candidates disposaient d’une totale carte blanche sur scène. Pour les épauler dans leurs créations scéniques, elles ont pu compter sur le coaching de professionnels de renom, à l’instar de Marlène Schaff pour la voix et du chorégraphe Jonathan Jenvrin pour le mouvement.
Le verdict des juges :
Top : Azemylia a littéralement atomisé la concurrence. Grâce à une présence scénique électrique et un look impeccable, elle décroche la toute première victoire de la saison. Sublyme et Malawitte frappent fort également et se hissent dans le haut du classement.
Flop : La Harpie reste en retrait et déçoit légèrement. En revanche, c’est la douche froide pour Margarette et Créatine Price, envoyées en bas du classement.
Le Lip-sync : Le premier duel de play-back de la saison s’est déroulé sous le regard impérial de l’actrice légendaire Isabelle Adjani, invitée d’honneur. Margarette et Créatine Price ont dû défendre leur place sur le titre Golden de KPop Demon Hunters.
Au terme d’une performance intense, Margarette sauve sa place.
Créatine Price devient la première reine éliminée de la saison.
Récapitulatif de l’épisode 2
L’enregistrement de l’hymne et le choc de l’élimination (Attention divulgâcheur)
Le deuxième épisode a intensifié la pression d’un cran. Les neuf reines restantes ont d’abord affronté l’épreuve de studio pour enregistrer collectivement le nouvel hymne de la saison, intitulé Belles et fières. Elles ont ensuite enchaîné sur un grand show de variétés mêlant humour, chant et comédie. Pour l’occasion, le panel des juges accueillait le chanteur Bilal Hassani et le créateur de mode Kevin Germanier.
C’est également au cours de cet épisode que l’introduction de « La Baguette d’or » est venue bousculer la tranquillité de l’atelier, tendant les nerfs des candidates.

Le verdict des juges :
Top : Daisy Superbitch survole les débats grâce à une performance globale d’une efficacité redoutable et s’empare de la victoire. Azemylia confirme son statut de favorite en se classant à nouveau parmi les meilleures, tandis que Margarette signe une résurrection artistique spectaculaire après ses difficultés de la semaine précédente.
Flop : À l’inverse, Holly White et Malawitte ne parviennent pas à convaincre le jury et se retrouvent sur la sellette
Le Lip-sync : Les deux queens se sont livrées à un face-à-face électrique et viscéral sur le morceau Champagne de la chanteuse Suzane.
À l’issue du morceau, Nicky Doll a tranché en annonçant l’élimination de Malawitte. Une décision coup de poing qui a immédiatement suscité la surprise et une vive émotion chez les fans de l’émission, tant la reine était attendue pour son profil historique et sa mode pointue.
La compétition est désormais lancée, et après seulement deux épisodes, le ton est donné : cette saison 4 ne fera aucun cadeau.
L’arrivée d’Anggun et l’installation définitive de Loïc Prigent ont profondément redéfini l’atmosphère des délibérations et le jury exige une plus grande rigueur.
Connu pour son regard acéré sur les coulisses de la mode, le journaliste Loïc Prigent ne fait aucun cadeau. Les critères du runway se sont drastiquement durcis.
Là où les saisons précédentes toléraient l’amateurisme au nom de l’énergie drag, Prigent traque les moindres défauts : finitions des vêtements, tombé des tissus et pertinence historique des références. Si ce niveau d’exigence ravira les puristes de la mode, mais une frange des téléspectateurs français semble-t-il exprime déjà une certaine lassitude face à des critiques parfois jugées trop lisses ou un peu trop déconnectées de l’essence populaire du drag.
En remplaçant Shy’m, la star internationale Anggun apporte une exigence scénique redoutable. Elle ne juge pas seulement la voix ou le play-back, mais la structure millimétrée du spectacle. C’est précisément cette grille d’évaluation ultra-professionnelle qui a coûté sa place à Malawitte, jugée moins percutante lors du show de variétés que son adversaire Holly White.
Avec cette saison 4, le drag français n’est plus seulement une fête estivale : c’est devenue une arène à haute tension artistique fort agréable.
On revient sur les prochains épisodes, plus tard en saison…

