Mercredi, 17 août 2022
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    Queer Britain, premier musée LGBTQ au Royaume Unis, ouvre ses portes

    Célébrer l’histoire et la culture queer et les faire connaître à «tout le monde» : le premier musée national LGBTQ+ au Royaume-Uni a été inauguré cette semaine à Londres.

    Installé dans un bâtiment en briques du XIXe siècle à Granary square, dans le nord de Londres, Queer Britain vient d’ouvrir ses portes après quatre ans de préparation. Il a été entièrement financé par des dons privés.

    Avant une grande exposition prévue cet été qui devrait mêler photographies, oeuvres d’arts et costumes, les visiteurs peuvent déjà découvrir des photographies explorant l’histoire et la diversité de la communauté LGBTQ+ britannique, de travesties à l’époque victorienne aux Gay Prides des dernières années.

    Des pionniers sont mis à l’honneur comme Roberta Cowell, pilote de course et première femme trans britannique connue à avoir eu recours à une opération de réassignation sexuelle ou Justin Fashanu, premier footballeur à assumer publiquement son homosexualité, en 1990. Il s’est suicidé par pendaison huit ans plus tard.

    Ce musée «est un lieu permanent pour que nous puissions célébrer qui nous sommes, les contributions incroyables que nous avons faites à l’histoire, et pour éduquer la nation afin qu’elle connaisse également ces contributions», explique Stephanie Stevens, l’une des responsables du musée, expliquant que les personnes queer ne veulent plus «se contenter des miettes». Côté public, «nous voulons toucher tout le monde», quelle que soit leur identité de genre ou leur sexualité, assure cette militante transgenre.

    Le musée est gratuit et situé dans un quartier assez fréquenté, juste derrière la gare de Saint-Pancras. «Nous voulons toucher tous les gens qui ont l’impression que leur voix n’a pas été entendue. Et puis nous voulons atteindre les gens qui n’ont jamais entendu ces voix», décrit-elle.

    Elisha Pearce, 21 ans, qui habite à Birmingham découvre une photo de soldats de la Première Guerre mondiale travestis et avoue qu’elle «n’aurait pas pensé que ce genre de photo existait». «C’est vraiment important que nous puissions comprendre comment notre histoire a évolué et comment nous en sommes arrivés à aujourd’hui», réagit-elle.

    Visibilité
    Une autre partie de l’exposition est consacrée aux «familles choisies» ou d’appartenance, représentant des personnes homosexuelles dans les communautés qu’elles se sont construites. Ce musée, c’est «quelque chose dont nous avions besoin depuis de nombreuses années dans notre pays», estime un autre visiteur, Richard Halstead, 59 ans, espérant que cela apporte de la «visibilité» à la communauté LGBTQ+.

    Au fil de l’exposition, des photographies rappellent le chemin parcouru, par exemple sur l’acceptation des élus homosexuels. En 1977, le Parti travailliste avait refusé d’investir Maureen Colquhoun, première députée travailliste ouvertement lesbienne. La décision avait été annulée un an plus tard par l’instance dirigeante du parti, qui avait jugé que cela lui avait été refusé en raison de sa sexualité.

    Plusieurs décennies plus tard Ruth Davidson, femme politique à l’homosexualité assumée, fut une très populaire cheffe des conservateurs écossais jusqu’à son départ en 2019. Quant au député conservateur Jamie Wallis, qui a révélé en mars être trans, une première, il a reçu des messages de soutien de tous bords politiques, y compris du Premier ministre Boris Johnson.

    Depuis 1967, l’homosexualité n’est plus un délit en Angleterre et au pays de Galles. Le mariage entre personnes du même sexe est autorisé depuis 2014 en Angleterre, Écosse et Pays de Galles mais seulement depuis 2020 en Irlande du Nord ou les unionistes ultra-conservateurs au pouvoir y étaient farouchement opposés.

    Toutefois, des combats persistent pour la communauté LGBTQ+ qui est montée au créneau le mois dernier lorsque le gouvernement britannique a voulu renoncer à interdire les thérapies de conversion qui prétendent modifier l’orientation sexuelle.

    Stephanie Stevens souligne que «dans le climat actuel, il est vraiment important de se rappeler qu’il se passe des choses dans le monde qui ne sont pas à la hauteur et sur lesquelles il faut absolument travailler».

    Rédaction avec AFP

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