Le titre est emprunté à l’Espace LGBTQ+ sur les réseaux sociaux, qui fait état de la possibilité d’avoir un musée LGBTQ+ dans le Village. Et pour bien commencer l’aventure, on peut découvrir la petite « exposition » à ciel ouvert dans le Village, qui donne un aperçu de ce que pourrait être un vrai musée LGBTQ+.
La personne qui pilote le dossier actuellement s’appelle Kevin Redal, et l’idée lui est venue, inspirée par d’autres grandes villes comme Sydney, Londres ou encore San Francisco, qui ont déjà leur musée LGBTQ+ (New York devrait ouvrir le sien cet été). L’idée en poche, il est allé frapper à différentes portes pour connaître l’intérêt des communautés envers un tel projet.
Qu’est-ce qui t’a motivé à aller de l’avant avec un tel projet ?
Kevin Redal : Cela fait plusieurs années que j’habite à Montréal et, récemment, j’ai déménagé près du Village. J’avais déjà un vague projet en tête, mais il est devenu plus envisageable il y a quelque temps. Je pense qu’il y a clairement un besoin à Montréal de partager la longue histoire LGBTQ+ de Montréal et du Québec. Ce désir d’aller de l’avant s’est aussi concrétisé lorsque je suis allé voir l’exposition Unique en son genre au Musée de la civilisation à Québec. Il y avait un grand aperçu de l’histoire LGBTQ+ au Québec et ce serait bien que ce soit exposé de façon permanente.
C’est un projet qui demande que beaucoup de partenaires s’engagent financièrement pour le voir aboutir ?
Kevin Redal : Bien sûr. Même si, en me promenant dans le Village, je regardais les édifices qui pourraient devenir le futur musée, je suis aussi très réaliste. Je sais que ce n’est pas quelque chose que je peux mener tout seul et qu’il faut réaliser un premier budget prévisionnel. On sait que cela dépend beaucoup des subventions des trois paliers de gouvernement. On peut aussi penser à des événements philanthropiques ou encore à une billetterie, ou proposer des ateliers. Pour l’instant, tout cela reste ouvert, mais l’objectif, c’est d’être indépendant financièrement.
Comment imagines-tu l’intérieur de ce musée ?
Kevin Redal : À cette étape-là du projet, il est difficile de savoir à quoi cela ressemblera. Dans mon esprit, je pense à un bâtiment qui aurait deux espaces. Le premier espace accueillerait une exposition permanente dédiée à la mémoire et à l’histoire des communautés. Cet espace comporterait un volet pédagogique, partant du principe que le musée ne serait pas visité que par des LGBTQ+. Par exemple, pour mieux comprendre les acronymes, les drapeaux, les sigles, etc. Un second espace aurait une vocation plus multifonctionnelle. Il pourrait accueillir des expositions temporaires, des œuvres d’artistes, servir pour des conférences ou pour des ateliers.
Quelles sont aujourd’hui les personnes que tu as approchées pour connaître leur intérêt à embarquer avec toi ?
Kevin Redal : J’ai contacté l’Espace LGBTQ+. Ils m’ont rapidement répondu et j’ai eu des échanges réguliers avec la directrice générale, Marie-Michèle Monssen. C’est avec elle que nous avons envisagé une première exposition dans le Village, et nous avons reçu le soutien de Fierté Montréal et de la Société de développement commercial (SDC). Tout le monde s’est montré très ouvert. Pour le contenu de l’exposition, nous avons collaboré avec les Archives gaies du Québec, les Archives lesbiennes du Québec et les Archives trans du Québec. Pour rendre le projet encore plus visible, j’ai créé un compte Instagram. Je suis content, car cela s’est fait très vite, en à peine trois mois.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Kevin Redal : La prochaine étape consiste, en septembre prochain, à mettre sur pied un OSBL avec un conseil d’administration pour travailler sur le cadre financier et peut-être trouver le lieu, sachant que l’Espace LGBTQ+ ne correspondra pas aux normes muséales telles qu’elles sont définies. Je sais que tout cela prendra du temps avant que ce musée voie le jour. On n’en est qu’au tout début, mais je suis quelqu’un de patient et de déterminé.

