Jeudi, 11 juin 2026
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    Le film Nervures, preuve que nos artisans n’ont pas peur de l’horreur

    Quand la jeune Isabelle décide d’aller rendre visite à ses parents dans le village de Saint-Étienne avec sa blonde, beaucoup de choses ont changé. Un constat qu’elle trouve à la fois louche et inquiétant. C’est ce que raconte le film québécois Nervures, qui mélange drame, suspense et horreur, et met en vedette Romane Denis, Marie-Thérèse Fortin, Richard Fréchette et Sylvain Marcel. Le long métrage, qui sort le 12 juin, est le fruit d’une nouvelle collaboration entre le scénariste Martin Girard et le réalisateur Raymond St-Jean après Crépuscule pour un tueur.

    Comment en êtes-vous venus à faire ce film?

    Raymond St-Jean : On est des amateurs de cinéma de genre. L’horreur et le fantastique, c’est un genre qu’on apprécie tous les deux, qu’on a toujours apprécié. Il y a des films qui nous ont marqués quand on était enfants. Donc, on est un peu partis de cette conversation-là.

    Martin Girard : Une chose qu’on s’est dite très vite, je pense, c’est qu’on n’avait pas le goût de faire un film de vampires, de zombies ou de fantômes. Si on faisait un film d’horreur, un film fantastique, il fallait qu’on arrive à trouver une idée qui nous permettrait de nous dire : « Ce n’est pas quelque chose qu’on a vu dans un autre film. » Donc, notre processus, pour trouver notre idée originale puis la développer, a beaucoup commencé par le rejet de ce qu’on ne voulait pas faire.

    La protagoniste est un personnage queer. Qu’est-ce qui a motivé cette décision?

    Martin Girard : Je ne me souviens plus exactement à quel moment on a décidé que notre héroïne serait gaie. Je pense que c’est venu de façon complètement naturelle. On a intégré cette idée-là dans le récit, ça a un rôle dans le récit, mais je ne veux pas trop en dire plus. C’est sûr que, pour moi, c’est quelque chose de personnel, parce que je suis gai et que je me souviens d’histoires de coming out difficiles… C’est quelque chose qui m’interpelle, forcément. L’intégrer dans le récit, je trouvais ça complètement naturel.

    Votre film fait appel à du maquillage et à des effets spéciaux assez exceptionnels. C’était un aspect particulièrement important pour vous dans la création du film?

    Raymond St-Jean : D’abord, on a écrit le scénario en étant conscients de ce qu’on voulait mettre au niveau des transformations. On a tendance, dans le cinéma québécois, si on fait une généralité, à cacher les choses, à ne pas montrer, à suggérer, parce qu’on n’a pas les moyens de le faire, alors qu’on a, au Québec, l’expertise pour le faire. Une expertise qui s’est beaucoup développée avec le cinéma américain puis les émissions de télé de style « salle d’opération ». Nous, on voulait montrer les choses, on voulait faire cet exercice-là, ce trip-là, puis arriver avec un film où il y avait effectivement une forme de body horror, des transformations, puis ne pas avoir peur de ça. Ça s’est vraiment très, très bien passé, particulièrement parce que l’équipe derrière ces effets est composée de passionnés. Eux aussi n’ont pas souvent l’occasion de travailler sur des films d’horreur au Québec. Ils sont donc vraiment allés à fond.

    Martin Girard : Quand on fait un film de ce genre-là, on est en compétition directe avec le cinéma américain et le cinéma sud-coréen, qui produisent beaucoup de films de genre et de films d’horreur avec des moyens énormes. On n’a pas le choix : il faut que ce soit aussi bon que ce qu’ils font avec des budgets beaucoup plus considérables.

    Au fil des décennies, un lien particulier semble s’être établi entre le cinéma d’horreur et la queerness de manière générale. Avez-vous un commentaire à ce sujet?

    Martin Girard : C’est clair pour moi que le cinéma d’horreur, pour toutes sortes de raisons, attire beaucoup la population queer. Entre autres à cause du côté un peu marginalisé, du côté outsider, du côté « jugement par le regard extérieur ». On nous place dans une sorte de différence, donc on s’identifie souvent au monstre, entre guillemets. Mon film d’horreur préféré, c’est Carrie, de Brian De Palma. C’est aussi un film culte dans la communauté queer. Énormément de gais qui voient ce film-là s’identifient au personnage de Carrie, même si elle est hétérosexuelle dans le film. Je pense que c’est un exemple quand même assez frappant d’identification à un personnage marginalisé, qui est un souffre-douleur.

    INFOS :  NERVURES déjà en salles au Québec.

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