Mercredi, 22 juillet 2026
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    Nicky Doll, prête à faire la fête à Montréal, sa « troisième maison »

    Nicky Doll est probablement la drag française la plus connue au monde. Après s’être retrouvée dans la 12e saison de RuPaul’s Drag Race, en 2020, la drag originaire de Marseille s’est retrouvée à animer sa version française, Drag Race France. L’émission en est cet été à sa 4e saison, si l’on exclut la saison All Stars diffusée l’année dernière. À Fierté Montréal, la queen sera de la soirée 100 % Drag du 7 août. Elle se chargera ensuite de l’after-party du spectacle avec La Louche XXL.

    Cela fait maintenant plusieurs années qu’existe Drag Race France. T’attendais-tu à ce que ce projet se rende aussi loin?
    NICKY DOLL : Je m’attendais à ce que la franchise soit de qualité, parce que je me fais confiance sur ma rigueur de travail et je fais confiance au talent local qu’il y a en France. On a des queens qui sont absolument incroyables. Je fais confiance aussi à notre culture. Donc, je m’attendais à ce qu’on fasse un bon travail. [Par contre,] je ne m’attendais pas à ce que le retour du public soit aussi bon, aussi vite. Je ne m’attendais pas du tout à ce que ça devienne un phénomène culturel aussi rapidement. Donc, ça, c’était une super surprise. C’est un super accomplissement et on est très, très fiers.

    Qu’est-ce que tu penses qui distingue l’émission Drag Race France – ou même la drag française de manière générale – au reste du monde?
    NICKY DOLL: JJe pense que déjà, les références dans lesquelles le drag français puise de ses inspirations, il est propre à la France. On a une culture cabaret qui est très développée. On a une culture mode et couture qui est aussi très développée. Les références, elles vont être aussi un peu moins bling-bling que l’américaine, par exemple. Elle va être aussi très politique, la drag française. Elle est très engagée, et ça, c’est hyper important, pour moi et pour la communauté en général. Je pense que le drag en général devrait être plus engagé que juste être à la télé et faire rêver. Je pense que le divertissement, c’est la mission numéro un, mais faire passer des messages, c’est la mission numéro deux.

    Tu t’ennuies de la compétition?
    NICKY DOLL : Je ne me verrais pas faire la compétition en France, je ne me verrais pas faire Drag Race France, évidemment parce que c’est moi qui l’ai créée. Mais en tout cas, oui, repartir en compétition, ça, c’est quelque chose que j’adorerais faire. Malheureusement, la malédiction d’être une host, c’est que dans un format comme All Stars où les queens choisissent qui part, ça serait un peu compliqué, ça serait pas très fair-play. Brooke Lynn Hytes disait – je pense que Rita Baga dirait la même chose aussi – que, bah, les queens, on serait les premières à être visées parce que, justement, elles se disent qu’on n’a pas autant besoin de cette visibilité qu’elles. Donc, je comprendrais. Mais si un jour il y a une compétition sans élimination, ou alors une compétition qui serait juste entre hosts, je serais la première à vouloir le faire!

    Tu as participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, il y a de cela deux ans. De quoi te rappelles-tu d’abord lorsque tu y penses?
    NICKY DOLL: C’est la fierté qu’on a eue sur ce pont, avec toutes ces personnalités et tous ces artistes LGBT, mais tous ces artistes aussi racisés. On avait vraiment un magnifique panel d’artistes qui représentaient toutes les minorités françaises. Et le fait de pouvoir faire tout ça sur ce pont ensemble, alors qu’il pleuvait à torrents, on avait une mission divine qui était de représenter toutes les minorités à ce moment-là, et il fallait qu’on soit à la hauteur, et je n’oublierai jamais ce sentiment. On en est très, très fiers.

    Je me dois de te demander quelle est ta relation avec Montréal…
    NICKY DOLL : Ah bah, moi je dis clairement que Montréal maintenant, c’est devenu un peu ma troisième maison. J’habite à New York, je rentre en France assez souvent et je suis à Montréal presque autant de temps parce que j’ai la chance de faire ma soirée, qui s’appelle La Louche, maintenant depuis quelques années. J’ai été accueilli à bras ouverts par les Québécois et par… par les Montréalais. Donc, je suis très, très touché par cette ville et par son public. D’ailleurs, le clip, de ma chanson In Your Head [clip sorti en mai dernier], a été shooté à Montréal.

    Que penses-tu des drags québécoises? T’inspirent-elles?
    NICKY DOLL : J’adore les drags québécoises parce que, justement, pour moi, en fait, elles sont un peu les cousines des françaises. On a beaucoup de valeurs en commun, on a beaucoup de références en commun. On a une culture cabaret qui est très développée, on a une culture engagée, qui est aussi très développée, les reines québécoises sont hyper engagées pour leur communauté et ça, j’en suis très, très fier. Et, surtout, elles sont très drôles, elles sont hyper divertissantes, et elles ont un amour du public et de la performance live qui est notoire. Pour moi, c’est ça, le drag. C’est beau de faire des jolies photos sur Instagram, c’est beau de faire une compétition, mais là où ça se passe vraiment, c’est sur scène avec le public. Et s’il y a bien une chose que les Québécois savent faire, c’est faire le show, divertir, et apporter de l’amour à son public. Elles sont incroyables. Elles sont très, très fortes.

    Tu présenteras la Louche XXL durant Fierté Montréal, une nouvelle mouture de ton événement La Louche. C’est quoi, La Louche?
    NICKY DOLL: La Louche, en fait, c’est une soirée qui est avant tout un hommage aux soirées où moi j’ai commencé. Quand j’ai commencé le drag à Paris, j’allais dans des soirées qui étaient plus branchées house music. C’était une soirée où il y avait des kings, des queens, des créatures, des alliés, et on dansait sur des sets qui étaient hyper entraînants, et pas forcément juste pop. La Louche, c’est exactement ça. C’est des sets plus house électro avec de la pop, mais au lieu de regarder uniquement les queens performer, on fait aussi la fête avec elles.

    Et, du coup, c’est pour ça que j’invite tous les artistes queer et tous les artistes drag à venir faire la fête avec nous, mais aussi tous les alliés et les personnes qui viennent se déplacer pour la fierté à Montréal. Ensuite, vous allez quand même avoir un show drag parce que vous aurez Denali de Drag Race US et Pangina Heals, qui est host de Drag Race Thailand et qui a aussi fait le All Stars au UK. Vous aurez aussi Gisèle Lullaby, Foxy LeXxi, qui est une artiste burlesque locale que j’adore, et évidemment moi-même. Et vous aurez Holly White, qui fait partie de la nouvelle saison de Drag Race France, qui sera derrière les platines. C’est l’after-show officiel, c’est au Club Soda, et, comme l’année dernière, on va s’éclater, on va danser toute la nuit.

    INFOS | https://fiertemontreal.com

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