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Don’t Come Out (No salgas) : quand l’homophobie devient monstrueuse

Après la mort violente de sa petite amie Wendy, Liz, une jeune Dominicaine, tente de reprendre une vie normale en dissimulant son homosexualité. Elle entretient désormais une relation avec un homme, espérant ainsi échapper aux soupçons et aux préjugés de son entourage. Mais lors d’un week-end entre amis, sa rencontre avec la mystérieuse Jessie réveille des désirs qu’elle croyait pouvoir réprimer. Alors que les tensions s’intensifient au sein du groupe, une menace inquiétante fait ressurgir les secrets et transforme la peur d’être découverte en véritable cauchemar.

Avec Don’t Come Out (No salgas), son premier long métrage de fiction, la cinéaste dominicaine Victoria Linares Villegas utilise les codes du cinéma d’horreur pour explorer les conséquences de l’homophobie dans une société où l’homosexualité demeure fortement stigmatisée. Ici, la menace ne vient pas uniquement d’une présence surnaturelle : elle surgit aussi de personnes en apparence bienveillantes, dont les préjugés peuvent soudainement se transformer en violence.

Le film puise directement dans l’expérience personnelle de la réalisatrice. Dans une entrevue accordée à la journaliste Corina J. Poore, elle raconte avoir commencé à écrire le scénario en 2016, alors qu’elle avait environ 24 ans et n’avait pas encore révélé son homosexualité à sa famille. Ses propres angoisses, alimentées par le climat conservateur de la République dominicaine, ont progressivement nourri cette histoire.

Plutôt que de multiplier les scènes sanglantes et les effets-chocs, Linares Villegas privilégie une horreur psychologique, où le sentiment d’être constamment observée devient une source de tension. Le monstre prend ici une dimension symbolique, incarnant la violence des réactions homophobes et la peur permanente du dévoilement. La réalisatrice reconnaît d’ailleurs que son film emprunte autant au récit d’apprentissage qu’au cinéma d’horreur. Il s’intéresse aussi au deuil, à la culpabilité et au désir de retrouver l’amour malgré les risques. Cette approche, moins conventionnelle, a suscité des réactions contrastées lors de ses présentations en festival.

Avant de passer à la fiction, Victoria Linares Villegas s’était fait remarquer avec des documentaires aux formes hybrides, dont Lo que se hereda (2022), où elle explorait l’histoire d’un membre de sa famille, le cinéaste Oscar Torres, contraint de fuir la République dominicaine en raison de son homosexualité sous la dictature de Trujillo.

Don’t Come Out propose une variation singulière sur le cinéma d’horreur queer. Derrière ses apparitions monstrueuses et sa violence latente, le film pose une question bien réelle : jusqu’où peut-on être contraint de dissimuler son identité pour assurer sa propre sécurité ?

INFOS : À voir lors du 39e festival image+nation, qui se déroulera du 19 au 29 novembre.

Le film sera présenté le 21 novembre à 21h15 au Cinéma JA de Sève (LB-125) | Concordia University 1400 Boul. de Maisonneuve O. Montréal, QC H3G 1M8 (métro Guy-Concordia). BILLETS

Billetterie : https://image-nation.org

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