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Maxime Roberge est une vieille toune de Marie Carmen

Après des années à évoluer dans l’ombre comme producteur radio, Maxime Roberge revient dans la lumière derrière un micro. Parfois celui du Pop Pop Balado, aux côtés de sa grande amie Marie-Josée Gauvin, avec qui il génère des extraits viraux sur les réseaux sociaux et des phrases désormais cultes. Parfois celui de Rythme FM, où il coanime deux émissions diffusées partout au Québec, avec Phil Roy et Marie-Ève Morency, et sa complice MJ Gauvin. Parfois à la télé comme chroniqueur à Pop! ou rien sur Crave. Et parfois même sur scène!

Tu roules ta bosse depuis 20 ans dans l’industrie, mais as-tu l’impression d’avoir plus d’attention du public et de l’industrie?
Oui, ça a complètement changé. Un virage à 180 degrés! Avant, j’étais invisible et maintenant, très visible. C’est vraiment bizarre. Surtout à 41 ans. Je ne m’attendais pas à vivre ça maintenant. C’est l’fun! Je n’ai pas couru après ça. J’étais prêt à vivre ma vie dans l’ombre comme producteur. Mais la vie m’a amené ailleurs. Je le prends et j’embarque dans le train.

Accueilles-tu cette reconnaissance avec plus de sagesse que si tu avais vécu ça il y a 15 ans?
Dans la vingtaine, je n’étais pas équipé pour avoir ne serait-ce qu’une seconde de « fame ». J’étais trop stressé, trop tête en l’air, pas assez focus. J’aurais probablement gâché des relations de travail. Maintenant, tout est sacré. Je l’honore. Et puis, la visibilité des derniers temps ne vient pas changer ce que je vaux. Ma valeur existait avant. J’aime avoir la maturité d’internaliser ce que je vis.

Dans Pop Pop Balado, on découvre ton immense complicité avec Marie-Josée Gauvin. D’où vient votre amitié?
On s’est connus au premier cours de notre programme d’animation radio à Jonquière. Elle est arrivée en retard. Je l’ai vue tout de suite et je l’ai tellement trouvée resplendissante. Elle avait de grands cheveux noirs et elle était tout de jeans vêtue. Je la trouvais intrigante. Elle s’est installée devant moi et je lui ai dit : « Qui es-tu, belle étrangère? » Elle m’a répondu qu’on avait des amis en commun. On venait du Lac-Saint-Jean tous les deux, mais on avait étudié dans des commissions scolaires différentes. Elle étudiait à Dolbeau et moi à Saint-Félicien. Bref, depuis, on ne s’est jamais lâchés.

Avez-vous vécu des choses marquantes par la suite?
On était jeunes quand on est arrivés dans la business. Marie a ce que je n’avais pas : l’excellence. Elle m’a aidé à devenir un meilleur travailleur. Elle est focus, droite, pas TDA, perfectionniste. Elle aime ça, aller plus loin. Moi, j’étais plus « freestyle ». Grâce à elle, j’ai compris que mon attitude et mes aptitudes allaient pouvoir m’amener plus loin.

Est-ce que ça a toujours été facile entre vous?
Oh non. Notre amitié n’a pas toujours été une ligne droite, mais on a toujours gardé une petite corde qui nous reliait. Quand on a commencé à travailler ensemble, il y a presque dix ans, on n’avait pas la même vision ni la même éthique de travail. Ça a été dur sur notre amitié. Lorsqu’on a envisagé le balado, on s’est demandé si on remettait notre amitié en jeu. Heureusement, on avait réglé nos bibites et on avait évolué chacun de notre côté. Je l’aime plus que je ne l’ai jamais aimée.

La carrière radio et télé de Marie-Josée a explosé. Avais-tu les mêmes ambitions?
Non, pas du tout, parce que je n’avais pas les mêmes capacités. C’est souvent elle qui m’a poussé vers le haut. Si ce n’était pas de Marie, je ne ferais pas le podcast. Quand on réfléchissait au projet, mon instinct était d’aller vers la facilité et de refuser, parce que j’aime bien ma petite vie de 9 à 5. Mais force est d’admettre qu’elle avait raison de me pousser.

On y découvre votre amour pour la pop et les potins. Vous êtes drôles, souvent niaiseux, infiniment touchants, parfois vulgaires. Pourquoi ce ton sans filtre plaît-il autant?
Parce que c’est du vrai. Je ne peux pas être autre chose que moi-même, parce que ça m’a pris tellement de temps avant de me donner le droit d’être moi. Je pense aussi que les gens se reconnaissent en nous. Notre amitié fait l’envie de beaucoup de monde. Ça me touche, parce que je réalise à quel point c’est précieux, tout ça. Dès le démo, on a décidé de simplement mettre un micro entre nous et de jaser comme si on était à la maison. Ce n’est pas de la radio. Nous, on a été entraînés à animer. Marie a eu besoin de désapprendre certains codes. On avait une heure à combler, alors on pouvait prendre plus notre temps pour discuter.

Quel genre d’animateur es-tu?
Plus jeune, je pouvais animer pour n’importe quel créneau. Quand j’animais à Énergie dans ma région, je m’adressais à des Olivier en parlant de quatre-roues et de pick-up. Ensuite, j’ai migré à Rock Détente en animant pour des Caroline. Ensuite, à CKOI pour un hybride des deux. Tu pouvais me pitcher dans n’importe quel format et j’opérais, mais je ne savais pas qu’être moi-même était la clé du succès. On me disait de faire attention à mon accent ou à ma prononciation parce que je sonnais fif. Je suis devenu le produit qu’on m’a dit de devenir.

Qu’est-ce qui a changé?
Un jour, j’ai compris que la clé était dans l’authenticité. Tout ce qui me donne des contrats aujourd’hui, c’est ma personnalité. On peut entendre mon accent. Je peux parler des sujets qui me passionnent. C’est pas grave si on sait que je suis gai. C’est le plus beau cadeau qu’on peut me faire. Maintenant, je suis spontané, drôle, sensible. J’ai de la répartie. Je suis un hostie de bon « sidekick » et je suis un bon « lead » aussi. J’aime que tout le monde rayonne autour d’une table. Je ne laisserai jamais mes coanimateurs tomber.

Tu viens du Lac-Saint-Jean. Tu vis à Montréal. Pourquoi ne pas avoir fait ta vie là-bas?
Quand je suis arrivé à Montréal, on m’a « enlevé » le troisième œil : tu sais, quand tu te regardes vivre. En région, j’analyse mes poignets, comment ils bougent. Je fais attention à ma voix et à comment je m’habille dans un but de protection. Je ne veux pas me faire écœurer. J’ai été intimidé au secondaire comme ça se peut pas! J’ai appris les codes pour assurer ma sécurité. J’admire les gens qui réussissent à être « fierce » en région, mais je ne suis pas là dans ma vie. Montréal me permet d’être moi-même sans y réfléchir.

INFOS | https://www.instagram.com
https://www.poppopbalado.ca
https://www.crave.ca

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