Dimanche, 17 octobre 2021
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    Orban réuni la droite identitaire anti-LGBT lors d’un sommet international

    «Des familles fortes pour des nations fortes»: autour du Premier ministre hongrois Viktor Orban, des personnalités ultra-conservatrices ont défendu jeudi à Budapest souveraineté et «valeurs familiales», au premier jour d’un sommet démographique devenu un rendez-vous de la droite identitaire mondiale.

    Avant l’intervention ce vendredi du sulfureux éditorialiste français Eric Zemmour, candidat potentiel à la présidentielle dans son pays, les participants se sont succédé à la tribune pour des discours aux tonalités «illibérales». «Pour que notre civilisation prospère (…), notre priorité doit être de préserver et de renforcer les familles sur lesquelles nos nations sont bâties» a ainsi déclaré l’ancien-vice président américain Mike Pence, vantant la politique nataliste hongroise. Voilà la solution pour «inverser le déclin démographique», pas «l’ouverture des frontières», a-t-il insisté.

    Contre le «Lobby LGBT»
    Dans la même veine, Viktor Orban a prôné un État «protecteur de la famille, socle de la survie de la nation», face aux «attaques de la gauche occidentale». «Ils essaient de relativiser la notion de famille, en s’appuyant sur le lobby des LGBT et du genre», a-t-il argué après avoir été présenté comme le «père de cinq enfants». Il a défendu les mesures prises contre la communauté LBGT+, alors que le Parlement a adopté en juin des amendements législatifs interdisant «la promotion et la représentation de l’homosexualité» auprès des moins de 18 ans.

    Au pouvoir depuis 2010, le Premier ministre hongrois n’a de cesse de brandir sa défense d’une Europe «chrétienne» et croise souvent le fer avec Bruxelles sur les migrants ou la question des LGBT+.

    Le sommet démographique de Budapest, qui se tient tous les deux ans, existe depuis 2015, mais il a cette année une saveur politique particulière. Car après le départ du président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont il était proche, Viktor Orban se présente plus que jamais comme un des derniers recours face à la pensée libérale dans les démocraties occidentales.

    En attendant Marine Le Pen
    Sur la scène du Varkert Bazar, un magnifique bâtiment sur les bords du Danube, avaient pris place autour de lui de nombreux dirigeants de la région, du président serbe Alexander Vucic au Premier ministre slovène Janez Jansa. Côté français, l’ex-députée du Front national (devenu RN) Marion Maréchal était là, évoquant à l’unisson des autres intervenants son «inquiétude devant l’immigration».

    «Certaines projections indiquent que les Français d’origine française, si je puis dire, seront minoritaires en 2060», a-t-elle affirmé, brandissant le spectre d’une «République islamique». Elle en a profité pour rappeler sa proximité avec Eric Zemmour, attendu quant à lui vendredi à Budapest où il devrait rencontrer Viktor Orban en tête-à-tête. «Je trouve qu’il a compris l’évolution du monde (…) et défend l’identité de son pays et donc celle de l’Europe», expliquait mardi sur la chaîne CNews le polémiste proche de l’extrême droite identitaire.

    Absente de cette conférence, la présidente du RN Marine Le Pen a fait savoir qu’elle zverrait Viktor Orban dans les semaines qui viennent, (…) dans un contexte plus politique», «probablement en Hongrie».

    Modèle hongrois
    Les nationalistes et souverainistes occidentaux louent depuis des années un «modèle hongrois». Au menu: refus du droit d’asile, lutte contre les minorités sexuelles et de genre, politique nataliste, résistance aux «diktats européens»… «Au nom de l’Etat de droit, on veut imposer un ordre idéologique. (…) Je trouve cela profondément antidémocratique», lance Eric Zemmour. Une frange de la droite américaine s’est de même entichée du dirigeant hongrois.

    Le commentateur de la chaîne Fox News Tucker Carlson ne tarit pas d’éloges sur Viktor Orban, qu’il est venu rencontrer en août, et sur ce pays «sûr, ordonné, pur» où «le crime est absent».

    L’école hongroise aurait toutefois ses limites, selon l’analyste Gabor Gyori, du groupe de réflexion Policy Solutions, d’abord parce qu’elle reste marginale. Si «l’aile droite des Républicains va chez M. Orban», c’est parce qu’elle «a tellement viré à l’extrême droite qu’elle ne trouve plus d’alliés chez les conservateurs en Europe», relativise le chercheur, «alors que le Premier ministre hongrois l’accueille à bras ouverts».

    Rédaction avec AFP

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