Samedi, 2 juillet 2022
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    Un rapport met en lumière les fortes discriminations anti LGBTI dans les écoles polonaises

    Chaque année, depuis 2018, est publié un rapport sur « l’évolution du classement des écoles polonaises LGBTQI+ ». Cette année, malgré des améliorations, la situation des personnes LGBTI+ reste difficile.

    Dans ce rapport, créé par Forbidden Colours, et son partenaire polonais GrowSPACE basé sur les réponses de 22 000 personnes (élèves et enseignants confondus), 90 % des élèves affirment avoir un camarade de classe LGBTI+ et 48 % connaître une personne trans.

    De nombreuses discriminations
    Le rapport évoque de nombreux faits de discrimination dans les écoles. Près d’un tiers des élèves affirment avoir été témoin de discriminations, notamment sous la forme de propos homophobes ou de réactions positives à ces propos. Lorsque des discriminations ont lieu, l’élève bénéficie d’un soutien de son professeur dans seulement 37 % des cas.

    Variations régionales
    Il existe de nombreuses fluctuations d’une région administrative à l’autre. La plus grande inégalité se trouve entre le district de Mazovie où se situe la capitale, Varsovie et celui des Basses-Carpates, au Sud Est du pays.

    Alors que Varsovie et ses alentours est une des régions les plus progressistes du pays en matière de droits LGBTI+, le district des Basses-Carpates compte parmi les plus intolérantes. Là-bas, 76 % des élèves ont été témoins de discriminations contre les personnes LGBTI+, prenant la forme d’invectives, de blagues ou encore d’exclusion du groupe par ses pairs.

    « Zones sans idéologie LGBT »
    Ces fortes inégalités sont à comprendre dans un contexte de création de localités dites « sans LGBT » dans le Sud Est du pays, encore très conservateur. En juin 2020, une centaine de ces localités avaient été recensées.

    Comme leur nom l’indique, les« zones sans idéologie LGBT » sont des municipalités et des régions de Pologne qui se sont déclarées hostiles à une prétendue « idéologie LGBT », afin, entre autres, d’interdire les marches des fiertés.

    Selon un rapport de décembre 2020 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, « ces déclarations et chartes ont eu un impact direct sur la vie des personnes LGBTI en Pologne ». Certaines d’entre elles se sont par exemple vues refuser des services par des entreprises locales en raison de leur orientation sexuelle.

    Une homophobie banalisée
    Mais dans un pays où même les représentants politiques tiennent des propos discriminatoires à l’encontre des personnes LGBTI+, il reste difficile de faire progresser les mentalités.

    En 2021, le ministre de l’éducation polonais, Przemyslaw Czarnek, avait par exemple déclaré que les personnes LGBTI+ étaient une « insulte à la morale publique ». L’année précédente, c’était le candidat du PiS (droit et justice) à la présidentielle et actuel président du pays, Andrej Duda, qui s’était attaqué à la communauté LGBTI+ en la considérant comme une « idéologie pire que le communisme ».

    En 2021, la Pologne était considéré comme le pire endroit où vivre dans l’Union Européenne pour les personnes LGBTI+.

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