Grindr a annoncé son appui à un projet de loi américain visant à instaurer un mécanisme de vérification de l’âge au niveau des boutiques d’applications.
Mardi 2 décembre, l’application de rencontres — qui a récemment dévoilé ses statistiques annuelles Grindr Unwrapped— a publié un billet de blogue confirmant son soutien à l’App Store Accountability Act, un projet de loi porté par le représentant républicain John James, du Michigan, en collaboration avec le sénateur républicain Mike Lee, de l’Utah. Le texte doit être débattu prochainement en comité à la Chambre des représentants.
Dans cette publication, le vice-président aux affaires gouvernementales mondiales de Grindr, Joe Hack, rappelle que l’application est strictement réservée aux adultes de 18 ans et plus.
« Grindr est uniquement destiné aux adultes. Éloigner les personnes mineures de notre plateforme est une priorité absolue. Nous investissons des ressources importantes, notamment un filtre d’âge à l’inscription, des interdictions au niveau des appareils, une modération humaine, des outils d’intelligence artificielle propriétaires et des partenariats avec des organismes de protection de l’enfance afin de prévenir et d’éliminer la présence d’utilisateurs mineurs », écrit-il.
Le projet de loi bénéficie déjà de l’appui de grandes entreprises technologiques comme Meta, Snap et X. Il vise à créer « un processus unique et sécurisé de vérification de l’âge au niveau des boutiques d’applications », permettant ensuite aux développeurs de recevoir un simple signal confirmant l’âge vérifié des utilisateur·rice·s.
Selon Joe Hack, cette approche serait à la fois plus sécuritaire et plus respectueuse de la vie privée. « Près de 90 % des parents soutiennent ce modèle, qui est plus cohérent et plus sûr que d’obliger les gens à vérifier leur âge séparément dans des dizaines d’applications différentes », soutient-il.
Il critique au passage les orientations adoptées au Royaume-Uni et dans l’Union européenne, qu’il qualifie de fragmentées. « Ces règles forcent des adultes à partager des informations personnelles sensibles avec des milliers d’applications, ce qui crée des risques inutiles pour la vie privée et la sécurité », affirme-t-il, avant de conclure que Grindr « exhorte le Congrès à faire avancer cette législation essentielle ».
Des craintes de censure et d’atteinte aux droits LGBTQ+
Toutefois, ce type de projet de loi suscite aussi des inquiétudes, notamment au sein des communautés LGBTQ+. Plusieurs critiques estiment que certaines initiatives de vérification de l’âge servent indirectement à censurer les contenus queer ou à restreindre l’accès à des espaces numériques sécuritaires.
Plus tôt cette année, le Royaume-Uni a mis en œuvre des mesures similaires dans le cadre de sa Online Safety Act, obligeant les plateformes hébergeant du contenu pour adultes — dont Grindr — à instaurer des contrôles d’âge stricts. Les sites qui ne s’y conforment pas s’exposent à de lourdes amendes.
Les méthodes exigées peuvent inclure la reconnaissance faciale, la vérification par carte de crédit ou de débit, ou encore d’autres formes d’identification officielle — des pratiques vivement critiquées pour leurs risques en matière de surveillance et de protection des données.
Des opposant·e·s à la loi britannique dénoncent un virage vers un Internet « beaucoup plus censuré et verrouillé », accusant le gouvernement de porter atteinte à la liberté numérique de l’ensemble des utilisateur·rice·s. Une pétition réclamant l’abrogation de la loi affirme que « la portée de l’Online Safety Act est bien plus large et restrictive que ce qui est nécessaire dans une société libre ».

