Vendredi, 17 juillet 2026
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    Matthew Mitcham, champion olympique et créateur OnlyFans

    Dans une entrevue en primeur accordée au site gai britannique PinkNews, l’ancien plongeur olympique australien Matthew Mitcham revient sur un choix de carrière qui aurait semblé improbable il y a encore quelques années : son virage vers la plateforme OnlyFans.

    À 37 ans, l’athlète entré dans l’histoire aux Jeux olympiques de Pékin en 2008 — premier homme ouvertement gai à remporter une médaille d’or olympique — assume pleinement cette nouvelle facette de sa vie publique. Pour 10 $ par mois, ses abonnés peuvent accéder à du contenu qu’il décrit lui-même comme « tout ce qui serait banni sur Instagram et TikTok ».

    D’un podium olympique à la plateforme OnlyFans
    Lorsqu’il lance son compte OnlyFans il y a quelques années, la décision surprend. Mais le contexte a changé : de plus en plus d’athlètes se tournent vers la plateforme, soit pour compléter leurs revenus, soit pour financer leur entraînement. Des plongeurs britanniques comme Matty Lee et Jack Laugher ont suivi la même voie, tandis que d’autres espoirs olympiques utilisent l’abonnement payant comme levier financier.

    Sur le plan économique, le choix est rationnel. Mitcham aurait confié à l’Associated Press en 2024 qu’il gagnait « trois fois plus » sur OnlyFans que lorsqu’il était au sommet de sa carrière sportive. Surtout, il souligne qu’il garde un contrôle total sur ce qu’il publie.

    « Je ne ferai pas d’actes sexuels ni de nudité frontale complète dans un avenir prévisible », précise-t-il sur sa page. S’il joue avec l’esthétique du corps — sculpté par des décennies d’entraînement — il insiste sur le fait que son contenu demeure non explicite. « Ma philosophie a toujours été que si je peux le défendre comme de l’art, alors je le partage. Il s’agit de suggérer, pas de tout montrer. »

    Une décision mûrement réfléchie
    Né à Brisbane et installé à Londres depuis sept ans, Mitcham reconnaît que l’image associée à OnlyFans l’a fait hésiter. « Beaucoup de gens considèrent encore la plateforme comme strictement explicite. Il y a des personnes qui la jugent sévèrement. Je devais me demander comment je me sentirais face aux suppositions. »

    Aujourd’hui encore, sa présence sur OnlyFans est abordée lorsqu’il négocie des contrats dans les médias traditionnels. Il joue actuellement dans la pièce queer Afterglow en Australie et a participé à l’émission SAS Australia en 2023. « Ils doivent faire preuve de diligence raisonnable et vérifier le type de contenu. Je comprends. » Il affirme n’avoir jamais vu sa carrière freinée par ce choix.

    Fondée il y a une décennie comme plateforme d’abonnement destinée aux artistes et aux créateurs, OnlyFans a évolué vers un modèle largement associé au contenu adulte. En 2017, année où l’interdiction initiale du contenu explicite a été levée, l’entreprise aurait généré 2,6 millions de dollars de revenus. En 2024, ce chiffre atteignait 7,2 milliards.

    Avant de se lancer, Mitcham a étudié la diversité des profils présents sur la plateforme. Certains comptes proposent du contenu non sexuel : le producteur DJ Khaled y diffuse des messages de motivation, tandis que l’actrice Jessie Cave (Harry Potter) y partage des vidéos centrées sur des jeux capillaires. « Ça m’a rassuré. Je n’ai pas à publier quoi que ce soit qui me rend inconfortable. »

    « Pourquoi le montrer gratuitement? »
    Un autre facteur a pesé dans la balance : la demande. « Beaucoup de gens veulent voir un peu plus que ce que les autres plateformes autorisent », explique-t-il. À l’aise avec son corps — « un atout », dit-il prudemment — il assume la logique commerciale derrière sa décision. « Si les gens veulent le voir, si je l’ai et que je suis à l’aise de le montrer, pourquoi le ferais-je gratuitement? »

    Même dix ans après sa retraite sportive, l’ancien champion conserve la carrure d’un athlète de haut niveau. Mais au-delà des photos suggestives, il propose aussi des séances de questions-réponses sur sa vie et sa carrière. Selon lui, la grande majorité de ses abonnés se montrent respectueux. « Ils me respectent comme personne. Je reçois très rarement des questions qui me mettent mal à l’aise. »

    Héritage olympique et fierté LGBTQ+
    Mitcham avait 20 ans lorsqu’il a remporté l’or au plongeon à 10 mètres à Pékin. Il avait fait son coming out quelques mois plus tôt, souhaitant éviter que son orientation sexuelle ne devienne une révélation ultérieure susceptible d’éclipser ses performances.

    « Je ne voulais pas que le monde se fasse une idée de moi avant que je sois honnête », explique-t-il. La réaction, dit-il, a été « à 99,99 % positive ». Cette expérience a renforcé sa confiance envers le public et l’a encouragé à demeurer transparent au fil des ans.

    Il a depuis multiplié les apparitions télévisées, terminant notamment finaliste à Dancing With The Stars Australia en 2015. Dans son autobiographie Twists and Turns (2012), il a abordé son ancienne dépendance à la méthamphétamine, son combat contre l’alcoolisme, un passé familial difficile et ses enjeux de santé mentale. En 2024, il a également traversé publiquement sa séparation d’avec son mari, Luke Rutherford.

    Devant l’augmentation spectaculaire du nombre d’athlètes ouvertement LGBTQ+ aux Jeux de Paris 2024 — au moins 175, comparativement à une dizaine en 2008 — Mitcham se dit ému. « Ça réchauffe mon petit cœur gai », confie-t-il avec enthousiasme.

    Près de vingt ans après son exploit olympique, Matthew Mitcham continue donc d’évoluer à la croisée du sport, de la culture queer et de l’économie numérique — fidèle à une ligne directrice qu’il revendique depuis ses débuts : vivre et créer à visage découvert.

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