Le milliardaire Elon Musk a de nouveau ravivé les tensions avec sa fille Vivian Jenna Wilson en laissant entendre que sa transition de genre aurait joué un rôle déterminant dans son virage politique vers la droite.
Dans une publication diffusée dimanche sur sa plateforme X, le propriétaire de Tesla et de SpaceX a semblé confirmer une théorie souvent évoquée par ses partisans : sans la transition de sa fille transgenre, il ne se serait jamais autant impliqué dans l’arène politique américaine.
La controverse est née à la suite d’un message publié par un utilisateur de X réagissant à l’annonce de la participation de Vivian Wilson à la campagne de la Fierté 2026 de la marque Savage X Fenty de Rihanna. Le message affirmait que, sans Vivian, Musk n’aurait jamais acheté Twitter, ne se serait jamais engagé politiquement et que la vice-présidente démocrate Kamala Harris serait aujourd’hui à la Maison-Blanche. Musk a répondu simplement : « True » (« C’est vrai »).
Bien que ce commentaire laisse planer une certaine ambiguïté quant à son sérieux ou à une possible ironie, il s’inscrit dans un discours que l’homme d’affaires tient depuis plusieurs années. Depuis la transition de sa fille, Musk associe régulièrement son évolution politique à son opposition croissante à ce qu’il appelle le « virus mental woke », une expression qu’il utilise fréquemment pour dénoncer les mouvements progressistes liés à la diversité, à l’inclusion et aux questions de genre.
Une relation familiale devenue publique
Vivian Jenna Wilson, aujourd’hui âgée de 22 ans, est devenue l’une des critiques les plus virulentes de son père. En 2022, elle avait officiellement demandé à changer de nom et à couper tout lien légal avec Elon Musk, déclarant ne plus vouloir être associée à lui « de quelque façon que ce soit ».
Depuis, les échanges indirects entre les deux se multiplient dans les médias et sur les réseaux sociaux.
En 2024, lors d’un entretien avec le psychologue conservateur Jordan Peterson, Musk avait affirmé avoir été « trompé » lorsqu’il avait signé les documents médicaux liés aux soins de transition de sa fille pendant la pandémie. Il avait alors déclaré que cette expérience l’avait convaincu de combattre ce qu’il considère comme l’idéologie « woke ».
Pour plusieurs observateurs, cette période correspond également au moment où Musk s’est rapproché des mouvements conservateurs américains, devenant l’un des principaux alliés financiers et médiatiques de la droite républicaine.
Son engagement politique l’a même conduit au cœur de l’administration fédérale. Pendant plusieurs mois, il a dirigé le controversé Department of Government Efficiency (DOGE), une initiative visant à réduire les dépenses publiques. Malgré ses promesses, plusieurs analyses ont conclu que le programme n’avait généré que peu ou pas d’économies substantielles.
Vivian Wilson rejette cette interprétation
Vivian Wilson a toutefois rejeté catégoriquement l’idée selon laquelle elle serait responsable de l’évolution politique de son père. Dans une entrevue accordée au magazine Teen Vogue en 2025, elle dénonçait ce qu’elle considère comme un récit simpliste. « C’est une histoire tellement pratique de prétendre qu’il est devenu de droite parce que je suis trans. Ce n’est tout simplement pas vrai », avait-elle déclaré.
Elle ajoutait que son père n’avait pas seulement évolué vers la droite, mais qu’il s’y était enfoncé davantage au fil des années. « Assurez-vous d’écrire “davantage”. Son déplacement encore plus à droite n’a rien à voir avec moi. C’est complètement absurde. »
Wilson a également critiqué à plusieurs reprises la manière dont son père parle publiquement des personnes transgenres, estimant que ses déclarations alimentent un climat hostile à leur égard.
Une réflexion sur sa naissance
Dans d’autres interventions publiques, Vivian Wilson a évoqué son sentiment d’avoir été perçue dès sa naissance à travers des attentes rigides liées au genre.
Née à la suite d’une fécondation in vitro avec sélection du sexe de l’embryon, elle a expliqué avoir ressenti très tôt le poids des attentes associées au fait d’avoir été désignée garçon à la naissance. « Mon sexe assigné à la naissance était une marchandise achetée et payée », écrivait-elle sur le réseau social Bluesky en 2025. « Lorsque j’ai exprimé ma féminité durant l’enfance et que je me suis révélée transgenre, je suis devenue le contraire du produit qui avait été vendu. »
Elle poursuivait : « Cette attente de masculinité contre laquelle j’ai dû me rebeller toute ma vie était le résultat d’une transaction financière. Une transaction financière. UNE TRANSACTION FINANCIÈRE. »
Des inquiétudes pour sa sécurité
Les plus récents commentaires de Musk ont également suscité des réactions chez Ashley St. Clair, une influenceuse conservatrice qui affirme avoir eu un enfant avec le milliardaire en 2024.
En mai dernier, elle a publiquement dénoncé les conséquences que peuvent avoir les publications de Musk lorsqu’elles ciblent sa fille. « Chaque fois qu’Elon publie quelque chose à mon sujet ou à propos de moi, les menaces contre ma famille augmentent », a-t-elle écrit.
Selon elle, le même phénomène touche Vivian Wilson. « Elon sait très bien l’influence qu’il exerce sur ses abonnés, particulièrement lorsqu’il critique quelqu’un publiquement », a-t-elle ajouté, rappelant que le milliardaire bénéficie lui-même d’une importante protection personnelle.
St. Clair a également dénoncé le fait qu’un père puisse, selon elle, mettre délibérément son enfant dans une situation potentiellement dangereuse en l’exposant ainsi à des millions d’abonnés.
Vivian affirme se sentir en sécurité
Malgré ces préoccupations, Vivian Wilson affirme ne pas vivre dans la peur. Dans une récente entrevue accordée au magazine Out, elle a assuré que sa sécurité n’était pas une source d’inquiétude. « Personne n’a besoin de s’inquiéter pour moi, à moins qu’il sache quelque chose que j’ignore », a-t-elle déclaré. « Je suis en sécurité. Je vais bien. »
L’épisode illustre néanmoins la fracture profonde qui sépare désormais l’une des personnes les plus riches et influentes du monde de sa fille transgenre, devenue malgré elle un symbole des débats culturels qui traversent actuellement les États-Unis autour des questions d’identité de genre, de droits trans et de polarisation politique.

