L’ancien secrétaire américain aux Transports Pete Buttigieg affirme que sa famille a été la cible d’une dénonciation mensongère à caractère politique qui a entraîné une enquête des services de protection de l’enfance du Michigan et l’a temporairement séparé de ses deux jeunes enfants.
Dans un long texte publié sur sa plateforme Substack, intitulé A Terrible Thing Happened to My Family (« Une chose terrible est arrivée à ma famille »), l’ancien candidat à l’investiture démocrate raconte avoir vécu « l’une des journées les plus sombres de sa vie » après qu’une plainte anonyme l’eut accusé de crimes violents totalement inventés.
Selon la police de l’État du Michigan, les autorités ont rapidement conclu que les allégations étaient entièrement fausses. Les enquêteurs rappellent d’ailleurs que les fausses dénonciations mobilisent inutilement policiers et travailleurs sociaux, au détriment des véritables enfants en danger.
Une intervention qui a bouleversé toute la famille
Pete Buttigieg raconte qu’un policier et une intervenante des services de protection de l’enfance se sont présentés à son domicile pour l’informer qu’une plainte visait sa famille. L’ancien ministre, marié depuis 2018 à Chasten Buttigieg, est le père adoptif de jumeaux de quatre ans.
Selon le protocole en vigueur, les deux enfants ont dû être rencontrés séparément lors d’entrevues médico-légales menées par des spécialistes de la protection de l’enfance. Buttigieg affirme également qu’on lui a demandé de ne pas demeurer seul avec ses enfants jusqu’à la tenue de ces entrevues, ce qui l’a forcé à passer une nuit loin d’eux.
« Les vingt-quatre heures qui ont suivi jusqu’à leur retour comptent parmi les plus sombres de toute ma vie », écrit-il.
Les autorités ne lui auraient expliqué la nature exacte des accusations qu’après les entrevues.
Une accusation inventée de toutes pièces
La plainte provenait d’une personne anonyme affirmant avoir parlé à une femme qui prétendait avoir rencontré Pete Buttigieg lors d’une conférence en Alabama plusieurs années auparavant. Selon cette version complètement fabriquée, il lui aurait alors avoué avoir commis « d’indicibles crimes violents ».
Or, Buttigieg affirme n’avoir jamais mis les pieds dans la ville où cette prétendue rencontre aurait eu lieu.
Toujours selon son récit, le policier lui aurait rapidement indiqué qu’il croyait que cette dénonciation était motivée par des raisons politiques et qu’aucune accusation criminelle ne serait portée.
L’intervenante en protection de l’enfance lui aurait également confirmé qu’aucun élément ne venait étayer les allégations.
Une nouvelle forme de harcèlement politique
Pete Buttigieg estime que cette affaire représente une nouvelle forme de harcèlement visant les personnalités publiques.
Il compare cette tactique au « swatting », une pratique de plus en plus répandue aux États-Unis qui consiste à effectuer de faux appels d’urgence afin de provoquer une intervention policière armée au domicile d’une personne ciblée. Dans son cas, dit-il, ce sont plutôt les services de protection de l’enfance qui auraient été instrumentalisés.
Le plus difficile, écrit-il, a été de voir ses enfants plongés au cœur de cette procédure.
Ses beaux-parents ont dû expliquer aux deux petits qu’ils devaient rencontrer seuls des inconnus dans un endroit qu’ils ne connaissaient pas, alors même que leurs parents leur apprennent depuis toujours à se méfier des étrangers.
Une famille régulièrement prise pour cible
Pete Buttigieg est entré dans l’histoire américaine en devenant le premier homme ouvertement gai confirmé par le Sénat à un poste ministériel.
Depuis son arrivée sur la scène politique nationale, lui et son mari Chasten sont régulièrement la cible de commentaires homophobes provenant de certains élus républicains, de personnalités conservatrices et de médias de droite, qui remettent en question leur mariage, leur parentalité ou encore leur visibilité comme famille homoparentale.
Lorsque le couple a adopté ses jumeaux en 2021, Pete Buttigieg avait notamment été vivement critiqué pour avoir pris un congé parental alors qu’il occupait ses fonctions au sein de l’administration Biden.
Il reconnaît être habitué aux insultes et aux attaques publiques, mais affirme que cette fois, « quelqu’un a réussi à faire entrer cette haine jusque dans notre foyer et à entraîner nos enfants dans cette histoire ».
La communauté LGBTQ+ dénonce un geste « ignoble »
La présidente de Human Rights Campaign, Kelley Robinson, elle-même mère de deux enfants, a dénoncé ce qu’elle qualifie de canular particulièrement cruel.
« Il faut une personne profondément malveillante pour remettre en question les qualités parentales de quelqu’un simplement en raison de son orientation sexuelle, de la personne qu’il aime ou, dans le cas de Pete Buttigieg, possiblement en raison de ses prises de position politiques », a-t-elle déclaré.
Des recours judiciaires envisagés
Pete Buttigieg tient toutefois à souligner le professionnalisme des policiers, des intervenants et des spécialistes qui ont rencontré ses enfants, rappelant qu’ils n’ont fait qu’appliquer les procédures prévues pour protéger les jeunes lorsque des signalements sont reçus.
Il estime néanmoins que les ressources publiques ont été gaspillées à cause d’une dénonciation malveillante et affirme vouloir explorer toutes les avenues judiciaires possibles.
« Si nous pouvons engager des poursuites civiles ou criminelles contre la personne responsable, nous le ferons », écrit-il. « Pas seulement pour notre famille, mais pour rappeler une règle qui, je croyais, allait de soi : on ne s’en prend pas aux enfants. »

