Lundi, 8 juin 2026
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    Trump, la UFC et les beaux gars : la plus étrange célébration de la «fierté» masculine de l’année

    Donald Trump répète depuis des années qu’il n’a aucun intérêt pour les hommes. C’est son droit. Mais lorsqu’on observe certaines de ses passions, on finit par se demander si quelqu’un ne devrait pas lui rappeler qu’il existe un vieux dicton : dis-moi ce qui t’obsède, je te dirai qui tu es.

    Le le président américain a décidé d’organiser un gala de combats UFC sur la pelouse de la Maison-Blanche. Officiellement, il s’agit de célébrer le 250e anniversaire des États-Unis. Officieusement? Disons que cela ressemble davantage à une convention géante consacrée aux hommes musclés.

    Il faut reconnaître à Trump une certaine constance. Depuis des années, il semble fasciné par les corps masculins. On l’a vu complimenter des athlètes, commenter leur apparence physique avec un enthousiasme rarement observé lorsqu’il parle de politiques publiques, et multiplier les déclarations qui oscillent entre l’admiration sportive et le concours de beauté.

    Lors d’un événement UFC récent, il s’est même adressé au combattant brésilien Paulo Costa en lui déclarant qu’il était « trop beau pour être un combattant » et qu’il pourrait facilement devenir mannequin. Lorsque Trump parle de la beauté des hommes, ce n’est jamais interprété comme une fascination. C’est simplement… Donald qui est Donald.

    La Maison-Blanche version Men’s Health

    Le plus fascinant dans cette histoire, c’est la sélection des invités. Selon plusieurs médias américains, l’événement réunira certaines des plus célèbres incarnations contemporaines de la masculinité hollywoodienne : Tom Brady, Dwayne « The Rock » Johnson, Jason Statham et d’autres figures dont les abdominaux possèdent probablement leur propre agent de relations publiques.

    Comme si cela ne suffisait pas, environ 1 200 militaires ont également été invités. Pas n’importe lesquels. Selon des documents obtenus par la presse américaine, les participants devaient répondre à certains critères physiques précis. En langage bureaucratique, on parlait de ratios taille-grandeur et d’exigences athlétiques. En langage courant, cela signifiait surtout : soyez photogéniques.

    Les militaires choisis devaient être ceux qui « paraissent bien à la caméra ». On est donc passé du recrutement militaire à une audition pour un calendrier de pompiers.

    Y.M.C.A. à la Maison-Blanche

    Il faut aussi souligner l’ironie du calendrier. L’événement se déroule en plein mois de juin, alors que les célébrations de la Fierté battent leur plein partout en Amérique du Nord.

    Depuis des années, Trump termine ses rassemblements politiques sur les notes de Y.M.C.A. des Village People, probablement l’une des chansons les plus associées à la culture gaie dans l’imaginaire populaire.

    Le phénomène est devenu presque surréaliste. D’un côté, son administration multiplie les attaques contre les personnes trans, retire des références LGBTQ+ de sites gouvernementaux et cherche à limiter certaines protections juridiques. De l’autre, elle organise ce qui ressemble étrangement à la version MAGA d’un concours de Monsieur Univers.

    Des combattants en sueur. Des célébrités hypermusclées. Des militaires sélectionnés pour leur apparence. Une bande sonore qui pourrait facilement provenir d’un bar gai des années 1970. Même les scénaristes de Saturday Night Live auraient hésité à écrire un scénario aussi caricatural.

    Une fascination bien américaine

    Bien sûr, tout cela ne signifie rien sur l’orientation sexuelle de Donald Trump. Ce n’est ni le sujet ni l’enjeu. Ce qui mérite d’être observé, c’est plutôt cette étrange contradiction qui traverse une partie de la droite américaine contemporaine : une obsession quasi permanente pour la virilité, les corps masculins, les performances physiques et les symboles de masculinité, combinée à un profond malaise face à toute expression ouverte de diversité sexuelle. Comme si l’on pouvait admirer le corps masculin pendant des heures, à condition de ne jamais admettre qu’on l’admire. Comme si la différence entre une soirée UFC et une parade de la Fierté dépendait uniquement de la quantité de drapeaux arc-en-ciel présents sur place.

    Le paradoxe Trump

    Barack Obama invitait des vétérans des émeutes de Stonewall à la Maison-Blanche. Joe Biden recevait des militants et des pionniers des droits LGBTQ+. Donald Trump, lui, semble avoir choisi une autre approche : célébrer l’Amérique entouré d’une armée de beaux gars soigneusement sélectionnés pour leurs biceps.

    Aucun militant historique. Aucun ancien combattant des luttes LGBTQ+. Aucun hommage aux communautés qui ont contribué à faire avancer les droits civiques. Seulement des hommes sculptés, des combattants professionnels, des vedettes d’action et des militaires triés sur le volet. À chacun sa vision de la Fierté.

    Et si ce n’est pas la célébration la plus involontairement homoérotique jamais organisée au 1600 Pennsylvania Avenue, elle s’en approche dangereusement.

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