Mercredi, 22 juillet 2026
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    Supernature, le waacking comme mémoire vivante des clubs queer 

    Il y a deux ans, je vous racontais la naissance de Supernature, cette soirée née d’une envie toute simple entre trois amis : faire vivre le waacking à Montréal et le ramener à ses vraies racines. Le 31 juillet prochain, l’événement revient pour une troisième édition au Club Soda, cette fois-ci en ouverture officielle de Fierté Montréal. Rien de moins! Pour l’occasion, je vous ramène aux sources du waacking avec Moodz, l’une des trois têtes créatrices derrière Supernature, pour comprendre comment ce battle est devenu, en trois ans à peine, le plus important au Canada.

    Une danse née dans la résistance
    Avant d’être une compétition, le waacking (et son cousin, le punking) est une danse de survie. Elle a émergé dans les clubs underground de Los Angeles au début des années 1970, portée par des communautés queer, noires et latinas qui n’avaient nulle part ailleurs pour exister pleinement. « C’était un outil d’expression, de liberté et de survie pour des communautés marginalisées qui n’avaient pas d’espace pour exister pleinement à l’époque où l’homosexualité était encore criminalisée », rappelle Moodz. Cette histoire, on ne la raconte pas souvent assez fort. Pourtant, chaque bras qui fouette l’air sur un dancefloor aujourd’hui porte encore un peu cette urgence d’exister.

    Moodz pratique le waacking depuis sept ans, initiée par sa mentore, Munezero « Ebony » Axelle, alors qu’elle terminait ses études à l’École de danse contemporaine de Montréal. « Ce qui m’a accrochée, ce n’était pas seulement le mouvement. C’était son histoire », raconte l’artiste, qui sera sur scène le 31 juillet. On la comprend : difficile de dissocier cet art de la mémoire qu’il transporte.

    Une scène montréalaise en pleine renaissance
    Après la belle époque du Hot Mess des années 2000, la scène waacking d’ici a connu un creux. Selon Moodz, un nouveau vent souffle depuis quelque temps, et Supernature y est pour beaucoup. « Une communauté évolue lorsqu’elle réalise qu’il manque quelque chose et que certaines personnes décident de créer les opportunités qui n’existent pas encore », lui a prophétiquement confié un jour Blak Kat, pionnière du waacking à Montréal. Cette phrase résume parfaitement le pari des trois idéateurs de Supernature : recréer un espace où le  battle et la fête comptent autant l’un que l’autre. « Avant d’être une danse de compétition, le waacking est une danse de club, une danse queer et une danse de communauté », insiste Moodz.

    Et ça se sent. Pour cette troisième édition, l’élite mondiale du waacking débarque au Club Soda. On y verra notamment Haejun, de la Corée du Sud, et Ronald Belaza, d’Oslo, aux côtés de la Montréalaise Princess Shayla, l’une des pionnières de la discipline. Ces virtuoses seront rejoints sur le dancefloor par Moodz, Paolo Askia et Flame, les trois organisateurs de l’événement, alors que DJ BlackGold chauffera la salle à blanc.

    Un vendredi pour lancer Fierté comme il se doit
    Grande nouveauté cette année : Supernature ouvre officiellement les festivités de Fierté Montréal, un vendredi, ce qui change complètement la donne. « Les gens peuvent vraiment profiter de la soirée jusqu’au bout, sans penser au travail le lendemain! », rigole Moodz, mi-sérieuse. Musicalement, la soirée est pensée comme un voyage dans le temps : on démarre dans une énergie disco qui rappelle les origines du waacking, avant de glisser tranquillement vers la house et l’électro. Un peu comme si un club des années 70 et un rave queer d’aujourd’hui se donnaient rendez-vous au Club Soda.

    Pour le dress code, Moodz est catégorique : « Come as you are, baby! Mets le vêtement qui traîne dans ta garde-robe depuis des années et que tu n’as jamais osé porter, celui que tu trouvais too much! C’est exactement le moment de le sortir! »

    Un espace, pas juste un show
    Au-delà des paillettes, Moodz tient à rappeler pourquoi des espaces comme Supernature comptent plus que jamais. Dans un contexte où les discriminations envers les personnes queer, trans et racisées sont en hausse, créer un endroit où l’on peut exister sans se cacher n’a rien d’anodin. « Si, à travers mon art et à travers Supernature, je peux créer des espaces où des personnes se sentent enfin libres d’être elles-mêmes, alors, pour moi, ça a énormément de valeur », confie-t-elle.

    Alors, le 31 juillet, laissez de côté votre nature pour laisser sortir votre Supernature,
    une soirée qui promet une célébration à la hauteur de son histoire : flamboyante, politique et profondément joyeuse

    INFOS | https://fiertemontreal.com
    Supernature vol. 3, vendredi 31 juillet, de 21 h à 3 h, au Club Soda.
    Pour les détails, on visite le site web de Fierté Montréal.

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