Depuis des années, Carlo Alberton et ses amis de Lévis avaient l’habitude de traverser le fleuve pour assister à la Fierté de Québec. Le 3 septembre dernier, ils n’avaient qu’à se rendre au Pub La Traverse, à côté de la gare fluviale. Le pub nautique était paré d’arc-en-ciel pour la toute première Fierté de Lévis, qui a attiré plus de 100 personnes.
Carlo Alberton, directeur général du GRIS Chaudière-Appalaches, était visiblement ravi de voir le pub se remplir. L’initiative venait du jeune conseiller municipal Anthony Dufour, un fier membre de la communauté gaie qui a lancé la tradition de la levée du drapeau arc-en-ciel à l’hôtel de ville pour la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, en mai dernier. À la suite de ça, « il s’est demandé : pourquoi ne pas organiser une Fierté à Lévis? », se souvient Carlo Alberton. « On a dit : on s’en occupe! » L’ancien conseiller municipal Jonathan Tanguay a aussi mis la main à la pâte.
La ville de Lévis et sa région sont réputées conservatrices, et la communauté LGBT+ est généralement plus discrète, isolée et éparpillée qu’ailleurs, selon plusieurs festivaliers.
« À Montréal et à Québec, il y a des lieux de rassemblement pour la communauté », observe Carlo Alberton. « À Lévis, c’est pas comme si les gens étaient invisibles, mais un peu quand même. »
« On aime où on vit, mais on se sent isolés », raconte Michel Latouche, un Montréalais
dans la soixantaine venu rejoindre son conjoint sur la Rive-Sud il y a quelques mois. « C’est merveilleux d’avoir ça à Lévis; il faut que ça devienne emblématique. Peut-être qu’on devrait faire quelque chose tous les mois, et pas juste à la Fierté. »
À la suite des prises de parole, l’effervescente Laura Schembri et son trio ont fait danser la foule pendant plus d’une heure. Puis, les conversations ont repris.
« C’est fantastique de voir qu’il y a des gens qui nous soutiennent dans la région », s’enthousiasme Nelly Samuel Bédard, une jeune femme trans du village de La Durantaye, dans Bellechasse. « Ça me donne du courage. Peut-être que je vais mettre ma robe la prochaine fois. »
La Fierté de Lévis « n’a pas besoin d’être grosse », lance Mikaël Pedneault. « Ça a juste besoin d’être à nous. » Le directeur général du GRIS Chaudière-Appalaches confirme déjà que les préparatifs de la deuxième édition sont en marche. « C’est sûr qu’il va y avoir une suite! »

