Stratégie, précision, esprit d’équipe… et un verre partagé après la partie : le curling possède une dimension sociale qui explique en partie son succès auprès des communautés LGBTQ+. À Montréal et sur la Rive-Sud, les ligues Les Phénix et Les Fous du Roi permettent aux personnes de tous les niveaux de découvrir ce sport ou de renouer avec lui dans une ambiance conviviale. Rencontre avec trois passionnés, Ryan Koroscil, Damian Pillié et Jonathan Dorey, à l’aube d’une nouvelle saison.
Pour commencer, qu’est-ce que le curling? Comment décririez-vous ce sport à quelqu’un qui ne le connaît pas?
Damian Pillié : Le curling est un sport d’origine écossaise, mais très populaire au Canada depuis plusieurs années. Moi, j’y joue depuis le début des années 2000, lorsque nous avons lancé une ligue gaie à Montréal. On lance des pierres et c’est un peu comme une partie d’échecs sur glace : il y a de la stratégie, un peu de force et un peu de tout, en fait. Il y a aussi un aspect social très important.
Ryan Koroscil : Pour moi, le curling, c’est une passion. Il y a la stratégie, l’action, les amis, la camaraderie, l’héritage du sport… On finit par faire partie d’une communauté vraiment chouette en y jouant.
Jonathan Dorey : Beaucoup de gens commencent parce que leur famille joue au curling, mais ce n’était pas mon cas. J’ai découvert le sport lors de parties organisées à Noël et, à l’université, avec des associations étudiantes. Les Jeux olympiques m’ont aussi donné envie de m’y mettre, je pense que c’était en 2014. Je savais que Damian jouait, alors je lui ai écrit pour lui demander le nom de la ligue et je me suis joint à elle.
Comment se déroule concrètement une partie?
Damian Pillié : Il existe différents types de curling, notamment le deux contre deux et le curling traditionnel, à quatre contre quatre. Dans ce dernier cas, deux équipes de quatre personnes s’affrontent. Chaque personne lance deux pierres, les deux équipes jouant à tour de rôle. Une fois les 16 pierres lancées, on regarde lesquelles sont les plus proches du centre. Dit comme ça, ça paraît très simple et rapide… mais c’est beaucoup moins facile à faire!
Ryan Koroscil : Habituellement, on joue des parties de huit manches et ça dure environ deux heures.
Parlez-nous des ligues LGBTQ+ de la région de Montréal.
Ryan Koroscil : Les Phénix sont la troisième ligue LGBTQ+ à laquelle je participe au Canada. La ligue fait partie d’une famille beaucoup plus grande : il y a maintenant des ligues dans 13 ou 14 villes à travers le pays. Les Phénix et Les Fous du Roi font partie de ce réseau. C’est l’occasion, une fois par semaine, de retrouver ses amis et de jouer dans une atmosphère relax et conviviale.
Damian Pillié : Les Phénix forment une ligue très, très variée en matière de niveaux. Quelqu’un qui n’a jamais joué peut se joindre à nous, mais une personne qui possède déjà un très bon niveau y trouvera également sa place. Nous jouons le mercredi soir au Club de curling de Ville Mont-Royal.
Jonathan Dorey : Les Fous du Roi jouent pour leur part sur la Rive-Sud, au Club de curling de Saint-Lambert. La saison des deux ligues commence autour de la mi-octobre et il y a habituellement encore de la place pour s’inscrire. Si vous n’êtes pas certain que le curling est pour vous, venez l’essayer!
Justement, faut-il avoir de l’expérience avant de s’inscrire?
Jonathan Dorey : Non. Il y a des portes ouvertes et c’est une très bonne façon d’essayer le sport. On peut aussi commencer comme remplaçant. C’est une façon simple de se joindre à l’une ou l’autre des ligues sans nécessairement s’engager immédiatement pour toute une saison.
Damian Pillié : Et il faut insister sur le côté social du curling. Ce n’est pas propre à nos ligues : on retrouve cette tradition dans les clubs de curling partout au Canada. À la fin d’une partie, l’équipe gagnante offre traditionnellement un verre à l’équipe perdante. Ensuite, on se retrouve au bar du club et on continue la soirée ensemble. Cet aspect social fait vraiment partie du sport.
Quels seront les principaux rendez-vous de la saison?
Jonathan Dorey : Les ligues commencent officiellement à la mi-octobre et différents tournois sont organisés pendant l’année. Dans le monde du curling, on appelle traditionnellement ces tournois des bonspiels. Chacune de nos deux ligues organise le sien. Les Fous du Roi tiennent leur tournoi en février, autour de la Saint-Valentin, tandis que Les Phénix organisent le leur vers la fin novembre ou le début décembre.
Et un événement beaucoup plus important se prépare déjà pour 2028?
Damian Pillié : Oui. C’est encore un peu loin, mais nous nous y préparons déjà. Montréal devrait recevoir, en février ou mars 2028, l’ensemble des ligues gaies du Canada pour ce que nous
appelons le « National ». Il y a une dimension compétitive, mais aussi une dimension participative. C’est vraiment impressionnant et intéressant de voir autant de personnes provenant des
différentes ligues se retrouver au même endroit pendant tout un week-end.
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