Benjamin n’est pas du genre à entrer dans une case. Agent de bord depuis l’âge de 18 ans, créateur de contenu assumé, gars de famille, manuel, sarcastique et profondément attachant, le Montréalais d’adoption a marqué la plus récente saison de Survivor Québec par son authenticité et son humour bien senti. Derrière ses confessionnaux savoureux et son énergie solaire se cache aussi un compétiteur déterminé, qui rêvait depuis quatre ans de participer à l’émission. Pour Fugues, Benjamin revient sur son aventure extrême, la représentation queer dans la téléréalité québécoise, les défis physiques et psychologiques de l’émission… et pourquoi il serait déjà prêt à repartir pour un éventuel All Stars.
« Je voulais vivre quelque chose d’extrême »
À 31 ans, Benjamin cumule déjà plus d’une décennie comme agent de bord. Installé dans le Village à Montréal depuis son coming out, qu’il a fait le soir même de son bal de finissants avant de quitter sa ville natale d’Otterburn Park dès le lendemain, il garde pourtant un lien très fort avec ses racines familiales.
« Je retourne voir ma famille toutes les semaines. On fait des gros soupers de famille, on est toujours une dizaine », raconte-t-il. « Mon père est chasseur, il y a des têtes de chevreuil chez eux… les gens ne s’attendent pas à ça quand ils me voient. »
Parce que Benjamin aime justement déjouer les attentes. Derrière l’image du gars du Village qui aime sortir et faire la fête se cache quelqu’un de très manuel : il pose des lumières, aide ses amis dans leurs rénovations et a même travaillé un été complet à installer des revêtements de piscine.
Cette dualité l’a beaucoup aidé dans Survivor Québec. « Les gens pensent peut-être que je suis juste le gars qui porte des talons et boit des shooters dans les bars. Mais je peux faire ça… et aussi construire des affaires », lance-t-il en riant.
Quatre ans à rêver de Survivor
Contrairement à plusieurs candidats de téléréalité, Benjamin n’a jamais voulu participer à d’autres concepts. Son obsession, c’était Survivor. « Ça faisait quatre ans que j’appliquais. Je n’ai jamais appliqué à une autre téléréalité. C’était vraiment celle-là que je voulais faire. » Pourquoi ? Justement parce qu’elle lui faisait peur. « Je ne fais même pas de camping dans la vraie vie. Aller dormir sur une île gratuitement ? Jamais. Mais pour 100 000 $, je me suis dit : OK, on va essayer ça. »
Ce qui l’attirait surtout, c’était le dépassement physique et mental. « En regardant l’émission, j’avais presque l’impression de m’ennuyer de ne pas être dans les épreuves. Je voulais les vivre, pas juste les regarder. »
Et la réalité l’a vite rattrapé. « À la télé, certains jeux ont l’air faciles. Mais quand tu n’as pas mangé depuis des jours, ton cerveau décroche complètement. Pendant les épreuves, je “black out”. Il y a des bouts dont je ne me souviens presque pas. »
Une préparation aussi physique que mentale
Pour se préparer à l’aventure, Benjamin a misé autant sur la débrouillardise que sur l’entraînement. « J’ai appris à préparer un poisson complet, même si j’ai détesté ça », dit-il en riant. « J’ai pratiqué des nœuds pendant des soirées entières devant des films parce que je savais juste attacher mes souliers. » Mais le plus gros choc aura été… la natation. « Je pensais que je savais nager. Finalement, je flottais surtout dans un spa », blague-t-il. « J’ai dû apprendre les techniques de respiration parce que sinon tu t’épuises extrêmement vite. »
Et fidèle à lui-même, il raconte avoir trouvé son entraîneur… sur Grindr.

Retouches : Gabriel Dion Photography @gdion.jpg
Une aventure profondément humaine
Si les épreuves sont spectaculaires, Benjamin garde surtout en mémoire les moments plus intimes vécus sur l’île. « La nuit, on se réveillait parfois pour aller marcher sur la plage et regarder les étoiles. Il y avait du plancton fluorescent dans l’eau. Quand on bougeait, tout devenait vert fluo. C’était irréel. » Ces moments de vulnérabilité partagée ont rapidement créé des liens forts entre les participants. « Tu dors ensemble dehors, tu ne manges pas, tu es constamment stressé. Ça devient très intense psychologiquement. »
Benjamin a d’ailleurs été surpris de son élimination. « Je ne l’avais pas vue venir du tout. C’est ça qui est fou avec Survivor : tu ne sais jamais quand ça peut arriver. »
Une représentation queer plus visible
Cette saison de Survivor Québec se démarquait aussi par une plus grande diversité LGBTQ+ parmi les joueurs. « Il y avait deux femmes lesbiennes, un homme trans, Alex et moi. Ça faisait vraiment du bien à voir. » Benjamin souligne qu’au Québec, la télévision devient progressivement plus inclusive, mais insiste sur l’importance de rester authentique. « Les gens voient quand quelqu’un essaie de cacher qui il est ou de jouer un personnage. Le plus important, c’est d’être soi-même. » Et lui, impossible de le manquer. « Moi, il n’y avait rien de caché », dit-il en riant. « Tout le monde allait me voir aller assez vite. »
« Je voulais avoir du fun » À l’écran, Benjamin s’est rapidement démarqué par son humour, ses réparties et son énergie positive. Une image qui, selon lui, correspond parfaitement à la réalité. « Les gens qui me connaissent me disent que c’est exactement moi. Je voulais vraiment rester authentique et avoir du fun. »
Il explique toutefois que le montage télévisuel peut parfois changer certaines nuances. « Je fais énormément de sarcasme, mais normalement je ris après. Si tu coupes mon rire, ça devient juste méchant », dit-il en riant. Une chose est sûre : il adorait les confessionnaux. « La production me disait que ça paraissait que j’aimais ça. C’était probablement ma partie préférée. »
Survivre sans manger… ni se brosser les dents
Parmi les détails qui surprennent le plus le public : l’absence totale de confort. Pas de douche. Pas de déodorant. Pas même de brosse à dents. « On se brossait les dents avec du charbon froid », raconte-t-il. « Mais honnêtement, comme tu ne manges presque rien, tu n’as pas vraiment mauvaise haleine. » Rapidement, les effets physiques de la faim deviennent omniprésents. « Après trois jours, on se levait déjà étourdis. On nous disait de garder notre énergie pour les jeux parce qu’on ne pouvait pas se permettre de la gaspiller. » Pour quelqu’un qui dit « manger pour dix personnes » dans la vie de tous les jours,l’adaptation a été brutale.
Prêt pour un All Stars ?
Même après l’épuisement, le manque de nourriture et les nuits difficiles, Benjamin n’hésite pas une seconde quand on lui demande s’il recommencerait. « Oui. Absolument. » Et si un éventuel Survivor Québec All Stars voyait le jour ? « Je suis prêt. » En attendant, Benjamin continue de partager son quotidien et son humour sur les réseaux sociaux, tout en poursuivant son travail comme agent de bord. Mais une chose est certaine : son passage à Survivor Québec aura permis au public de découvrir une personnalité aussi drôle qu’attachante — et surtout, profondément vraie.
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