Lundi, 25 mai 2026
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    The Day of the Jackal (Chacal) : Trempé dans l’acier, la voile et la vapeur!

    Un mystérieux tireur d’élite élimine un politicien situé à une distance de 3 815 mètres. Un exploit jusqu’alors inimaginable qui attire l’attention des services secrets britanniques, le MI6, mais qui ne constitue que la première pièce d’une série de dominos meurtriers. Pourquoi un tel intérêt alors que le crime est survenu à Munich, bien loin des côtes du Royaume-Uni? C’est que de nombreux indices pointent vers une conclusion pour le moins gênante : l’arme artisanale utilisée ainsi que le tueur, qui utilise le nom de code Chacal (prodigieux Eddie Redmayne), serait Anglais et pire outrage encore, aurait été formé par les forces armées de Sa Majesté le roi.

    Celui s’avère cependant aussi ingénieux qu’insaisissable et se révèle un as de la transformation. Dès le premier épisode, on assiste d’ailleurs à une scène spectaculaire où il reprend ses traits, délaissant progressivement ceux d’un employé d’entretien ménager nonagénaire. Une transformation tout aussi spectaculaire que la dextérité avec laquelle il prépare chacun de ses assassinats. Il n’en faut pas plus pour attirer l’attention de l’agente Bianca Pullman (excellente Lashana Lynch) qui se fait fort de mettre le grappin sur un adversaire qui l’obsède tant il est insaisissable. Dans cette coproduction Sky Atlantic et Peacock, le scénariste, Ronan Bennett, et le réalisateur Brian Kirk ne tombent jamais dans le cliché d’une simple opposition entre les forces du bien et du mal.


    La série met plutôt en scène un entrelacs de personnages très imparfaits qui sont obsédés par une seule chose : gagner! Et ce, quand bien même ils justifient leurs actions des plus beaux discours. Doubles jeux, taupes, multinationales torves et trahison pullulent dans une course effrénée à travers les grandes capitales européennes. On se surprend bientôt à soupçonner tout le monde et sa mère d’avoir un agenda caché et funeste.

    Inutile de dire que l’on demeure sur les dents du début à la fin.
    L’intrigue prend son plein régime alors que Chacal se fait offrir un défi de taille : éliminer un technomilliardaire philanthrope et son conjoint (que je soupçonne des pires duplicités) qui menacent de lancer une application qui révélerait au grand jour les réseaux financiers des riches de ce monde. En parallèle se dressent deux univers en apparence inconciliables que tentent de combiner Chacal et Bianca : vie de famille et soif absolue de victoire!

    La course folle des deux adversaires mènera cependant à l’affaissement de leurs châteaux de cartes respectifs et révélera ce qui se cache réellement derrière le masque qu’ils arborent en public. C’est ainsi qu’ils seront confrontés au fait qu’ils ne sont parfois que de véritables pourritures dont les mains sont maculées du sang de leurs victimes.

    À voile et à vapeur
    Bien que Chacal se complaise dans une vie de famille hétérocentrée, la palette de ses goûts se révèle au cours de l’épisode 6 où il séduit un homme. On pourrait tout d’abord croire qu’il ne s’agit que d’un simple rouage stratégique, mais ce n’est clairement pas le cas puisque leur rapprochement s’est tissé bien en amont du moment où son partenaire pourrait lui être d’une quelconque utilité. Il s’agit par ailleurs de la seule relation qu’on lui connaisse qui soit réellement placé sous le signe d’un abandon émotionnel réel et non d’une confrontation.

    Basée sur le roman éponyme de Frederick Forsyth, qui avait déjà eu droit à une excellente adaptation cinématographique en 1973, cette nouvelle mouture explore avec plus de profondeur la psychologie des personnages. Qu’on ne s’y trompe cependant pas, la tension est palpable dès les premières minutes et, à l’exception d’un léger relâchement dans les épisodes de mi-parcours, on demeure cramponné à son fauteuil du début à la fin.

    La conclusion se révèle par ailleurs des plus étonnantes et promet une saison 2, dont le
    tournage a déjà débuté, tout aussi enlevante!

    INFOS | Les dix épisodes de « The Day of the Jackal” (Chacal) sont disponibles en anglais sur Stack TV et dans un excellent doublage français sur Illico+.

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