La crise climatique s’invite désormais jusque dans les célébrations de la Fierté. Face à une canicule exceptionnelle qui frappe la France, la Marche des fiertés de Paris, prévue le 27 juin, a dû être reportée à septembre. Une décision inédite qui illustre les nouveaux défis auxquels sont confrontés les grands événements LGBTQ+.
Pour la première fois de son histoire récente, la Marche des fiertés de Paris ne se tiendra pas en juin.
Alors que la capitale française suffoque sous une vague de chaleur exceptionnelle, la préfecture de police de Paris a demandé aux organisateurs d’annuler le défilé prévu le samedi 27 juin. Devant le risque élevé pour la santé publique, l’Inter-LGBT, qui coordonne l’événement, a finalement accepté la décision et confirmé qu’une nouvelle date serait proposée en septembre.
« Nous avons voté le principe d’un report au mois de septembre », a indiqué son coprésident, Alexandre Schon.
Une décision prise à contrecœur
Quelques heures auparavant pourtant, rien ne laissait croire à un report. Les organisateurs affirmaient être prêts à accueillir les centaines de milliers de personnes attendues. Habituée à organiser sa marche à la fin juin, souvent sous un soleil de plomb, l’Inter-LGBT avait considérablement renforcé son dispositif de sécurité.
Plus de cinquante secouristes devaient être déployés sur le parcours, épaulés par quatre ambulances, deux citernes d’eau, un immense brumisateur de six mètres ainsi qu’un poste médical climatisé.
« Nous savons organiser une marche sous 39 degrés », a résumé Alexandre Schon, estimant que les bénévoles avaient fait tout ce qui était possible pour assurer la sécurité des participantes et participants.
Un système de santé déjà sous pression
La préfecture de police a toutefois jugé que ces mesures ne suffisaient pas.
Dans un communiqué, les autorités ont expliqué que l’affluence de plusieurs centaines de milliers de personnes risquait de saturer un réseau de secours déjà fortement sollicité par la canicule exceptionnelle qui touche la France.
Les autorités avaient d’ailleurs prévenu que si les organisateurs maintenaient l’événement malgré leur demande, un arrêté d’interdiction serait pris.
Malgré leur déception, les responsables de l’Inter-LGBT ont préféré éviter tout affrontement avec les autorités.
« Nous ne voulons prendre aucun risque pour la santé publique », ont-ils écrit sur leurs réseaux sociaux.
D’autres événements également touchés
La Marche des fiertés n’est pas la seule victime de cette vague de chaleur.
Le festival musical Solidays, l’un des plus importants événements caritatifs français consacrés à la lutte contre le VIH/sida, a lui aussi dû revoir sa programmation. D’autres rassemblements extérieurs, dont la Pride de Lyon, ont également été perturbés ou reportés.
Ces décisions témoignent d’une réalité de plus en plus difficile à ignorer : les événements estivaux devront désormais composer avec des épisodes météorologiques extrêmes appelés à se multiplier.
Quand la crise climatique bouleverse la saison des Fiertés
Depuis plusieurs décennies, les Marches des fiertés sont traditionnellement organisées à la fin du mois de juin, en souvenir des émeutes de Stonewall de 1969.
Mais avec l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des canicules en Europe comme en Amérique du Nord, plusieurs organisations commencent déjà à réfléchir à l’avenir de ces grands rassemblements populaires.
Comment protéger des centaines de milliers de personnes qui défilent pendant plusieurs heures en plein soleil? Faut-il adapter les horaires, revoir les parcours, déplacer certains événements au printemps ou à l’automne?
La décision prise à Paris pourrait bien ouvrir un débat qui dépasse largement les frontières françaises.
La Fierté remise à plus tard… mais pas annulée
Le report de la Marche parisienne ne remet pas en cause les célébrations de la Fierté, insistent les organisateurs. Au contraire, l’Inter-LGBT souhaite faire de cette édition automnale un moment fort de mobilisation pour les droits LGBTQ+, dans un contexte où les attaques contre les personnes queer se multiplient un peu partout dans le monde.
Le rendez-vous est donc simplement repoussé.

