Lundi, 22 juillet 2024
• • •
    Publicité

    «Hausse alarmante» de 24,9 % du nombre de cas de VIH au Canada, rapporte CANFAR

    L’épidémie de VIH connaît une recrudescence au Canada, alors qu’une hausse alarmante de 24,9 % des cas a été signalée à travers le pays en 2022, selon la Fondation canadienne pour la recherche sur le sida (CANFAR).

    L’Agence de la santé publique du Canada fait état de 1833 nouveaux cas déclarés de VIH en 2022. Ce sont les hommes âgés de 30 à 39 ans qui sont les plus touchés.

    La Saskatchewan et le Manitoba sont les provinces les plus touchées, avec 19,0 et 13,0 cas par 100 000 habitants, respectivement. «Cette hausse des nouveaux cas n’avait pas été observée depuis plus d’une décennie», indique la CANFAR dans un communiqué.

    Le Québec dépasse légèrement la moyenne nationale qui s’élève à 4,7 cas par 100 000 habitants, avec un taux de 4,9.

    Rappelons que si elles reçoivent un traitement et des soins adéquats, les personnes atteintes du VIH peuvent vivre presque aussi longtemps et en bonne santé que les personnes séronégatives

    Malgré ces mauvaises nouvelles, CANFAR croit encore qu’il est possible de mettre fin à l’épidémie nationale de VIH au Canada d’ici la fin de 2025. Pour y arriver, la fondation propose dans son plus récent plan stratégique d’améliorer l’accès au dépistage et aux soins du VIH.

    Le contexte de la pandémie de COVID-19, qui a mis beaucoup de pression sur le système de santé, a changé l’accès au dépistage dans plusieurs régions du Canada, a expliqué en entrevue Alex Filiatrault, PDG de la Fondation canadienne pour la recherche sur le sida.

    Selon lui, cela a «possiblement eu un impact sur les résultats de 2022, isolant davantage des communautés qui ont déjà des difficultés d’accès au système de santé».

    Même s’il est loin derrière la Saskatchewan et le Manitoba, le Québec se retrouve au troisième  rang des provinces dont le nombre de cas est le plus élevé par 100 000 habitants. «La situation est complexe, surtout dans les centres urbains, que ce soit au Québec ou ailleurs au Canada», a commenté M. Filiatrault. «On pense qu’il y a un bon accès au dépistage, mais ce n’est pas toujours le cas».

    Par exemple, au Canada, il est possible de recevoir une trousse de dépistage à la maison, mais si le public ne sait pas que cela existe et comment y accéder, cet outil est inutile.

    Le médicament PrEP devrait être accessible à tous 
    Le médicament appelé Pre-Exposure Prophylaxis, ou plus communément PrEP, est un excellent outil de prévention, mais son accès demeure difficile au Canada. Aux États-Unis, le Center for Disease Control and Prevention a indiqué que la prise quotidienne de PrEP réduisait de 92 % le risque de contracter le VIH chez les hommes à risque élevé.

    «Chaque province a un système de santé particulier. […] Le PrEP est un outil de prévention qui est prouvé, qui est excellent pour limiter la transmission», a affirmé M. Filiatrault. «Le défi est que de province en province, le financement de cet outil est considérable.

    Dès que le coût n’est pas couvert à 100 %, et si vous n’avez pas les assurances médicales nécessaires pour aider [à payer] la différence, vous vous retrouvez dans une situation où il faut encore ajouter un fardeau financier sur votre santé tous les mois. Ce n’est pas évident pour tout le monde de se le permettre.»

    Selon l’organisme montréalais RÉZO, le coût mensuel du PrEP en continu (une pilule par jour) varie entre 907 $ et 995 $, sans assurance publique ou privée. Lorsqu’il était couvert par le Régime de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), le PrEP revenait mensuellement à 95,31 $ en 2021.

    «C’est prouvé que les communautés qui ont accès au PrEP, ça aide énormément. C’est un outil extrêmement efficace et qui peut aider à moyen terme à toute nouvelle prévention, a affirmé M. Filiatrault, ajoutant qu’il faut collaborer avec les différents niveaux de gouvernement afin d’arriver à un point où cet outil est accessible à tous

    Des groupes plus touchés
    Le VIH peut toucher n’importe qui, peu importe l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Toutefois, certaines populations sont touchées de manière disproportionnée.

    Dans son plan stratégique, la CANFAR souligne l’importance «de financer la recherche axée sur les problèmes de santé et de bien-être auxquels sont confrontés les peuples autochtones, les personnes africaines, caribéennes et noires, les femmes racialisées et les personnes qui utilisent des substances et s’injectent des drogues, en plus de maintenir les investissements dans la recherche scientifique en général.»

    «Ces groupes sont ceux qui ont toujours eu de la difficulté à avoir un accès facile au système de la santé. […] Le manque d’accès a des conséquences sur la santé de ces communautés que nous avons identifiées et ciblées pour permettre d’avoir un plus grand accès au dépistage», a expliqué M. Filiatrault.

    Il a rappelé que les investissements dans la recherche et la science ont par le passé beaucoup aidé à améliorer la vie des gens qui vivent avec le VIH, mais que ce niveau de succès n’a pas été atteint pour prévenir les nouveaux cas.

    Pour avoir accès au dépistage, il faut que les outils soient promus par des campagnes de sensibilisation, des organismes et des agences locales. C’est l’une des propositions de la CANFAR pour mettre fin à l’épidémie de VIH au pays.

    Il n’existe pas de vaccin contre le VIH, mais il y a plusieurs moyens d’éviter de transmettre ou de contracter le virus.

    «Nous savons que les outils que nous avons en ce moment au Canada, qui sont approuvés, pourraient avoir un impact énorme sur la réduction de nouveaux cas de VIH. Si on ne donne pas accès à ces outils, on ne pourra pas avoir un impact», a déclaré M. Filiatrault.

    L’objectif est de réussir à atteindre les personnes visées pour leur donner l’information qui leur permettra de prendre des décisions relatives à leur santé.

    On estime qu’environ 1 Canadien sur 10 vivant avec le VIH ignore son état et ne peut donc pas bénéficier d’un traitement antirétroviral. Des campagnes locales, provinciales et nationales sont donc essentielles pour stopper l’épidémie.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité