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ON THE SEA — Le désir au milieu des hommes et de la mer

Jack a construit toute sa vie autour de certitudes. Il vit dans une petite communauté de pêcheurs du nord du pays de Galles, récolte des moules, est marié à Maggie et s’attend à ce que son fils Tom poursuive un jour le métier familial. Puis Daniel arrive. Charismatique, libre et étranger aux règles tacites de cette communauté masculine, le nouveau matelot fait remonter à la surface un désir pour les hommes que Jack a passé des décennies à enfouir.

On the Sea est donc très clairement une histoire d’amour gaie, mais Helen Walsh l’inscrit dans une réflexion plus vaste sur ce que signifie avoir construit toute une existence dans le placard. Lorsque l’attirance entre Jack et Daniel se transforme en liaison, ce n’est pas seulement son mariage qui vacille : c’est toute l’identité hétérosexuelle que Jack s’est fabriquée pour pouvoir appartenir à sa famille, à son métier et à sa communauté.

Helen Walsh a expliqué s’être librement inspirée de l’histoire réelle d’un père de famille sorti du placard contre son gré à l’âge adulte, puis rejeté par sa famille et sa communauté. Pour la cinéaste, Jack appartient à une génération pour laquelle vivre ouvertement son homosexualité dans un petit milieu rural aurait été pratiquement inimaginable. Il a grandi, de surcroît, sous l’ombre de la Section 28, cette législation britannique qui a contribué pendant des années à rendre les réalités homosexuelles presque indicibles dans l’espace éducatif et public.

Avant et pendant le tournage, Walsh a d’ailleurs rencontré des personnes queer de la région afin de mieux comprendre ce que signifiait y grandir et y vivre lorsqu’on ne correspondait pas à la norme hétérosexuelle.

La mer et le paysage ne sont donc pas de simples décors. La beauté sauvage et l’isolement de la côte deviennent le prolongement de l’état intérieur de Jack : un homme physiquement robuste, entouré d’autres hommes, mais émotionnellement prisonnier du rôle qu’il a appris à jouer. Barry Ward prête à Jack une présence contenue, tandis que Lorne MacFadyen incarne le brûlant Daniel.

Avec On the Sea, Walsh ne raconte pas seulement un amour entre deux hommes, mais le prix que peut exiger une vie entière passée à dissimuler qui l’on est.

INFOS | ON THE SEA. Un film de Helen Wash, avec Barry Ward et Lorne MacFadyen.

Présenté en version originale anglaise, dans le cadre du 39e festival de films LGBT de Montréal image+nation,le 22 novembre, à 13h, au Sir George Williams Alumni Auditorium (H110) de l’Université Concordia, 1455 Boul. de Maisonneuve O. Montréal, QC H3G 1M8 (métro Guy-Concordia). BILLETS

Billetterie : https://image-nation.org

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