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DOWNTOWN — Danser pendant que le monde s’écroule

Amsterdam, 1986. Au club Downtown, la musique est forte, les corps se cherchent et une génération de jeunes hommes gais découvre une liberté qui semble presque sans limites. Ronnie est DJ, Lennart danse, séduit et multiplie les rencontres. Puis apparaît Bas, jeune artiste de 20 ans dont la beauté et le magnétisme bouleversent l’équilibre entre les trois hommes. Une amitié — traversée de désir, d’amour et de non-dits — se construit. Mais, peu à peu, certains visages familiers cessent de revenir au club. Le sida vient d’entrer dans leurs vies. 

Avec Downtown, le réalisateur néerlandais Michiel van Erp et le scénariste Frank Houtappels ne proposent cependant pas simplement un nouveau drame consacré aux années sida. Le film effectue des allers-retours entre l’Amsterdam des années 1980 et celle du confinement de 2021. Des décennies après s’être perdus de vue, Ronnie, Lennart et Bas se retrouvent alors que la pandémie de COVID réveille les souvenirs d’une autre époque dominée par la maladie, la peur, l’isolement et la disparition.

Cette structure permet au film d’explorer quelque chose que le cinéma consacré au sida aborde moins souvent : ce que signifie avoir survécu en tant qu’homme gai à cette période. Comment continuer lorsque tant d’amants, d’amis et de compagnons de nuit sont morts? Comment vieillit-on lorsque toute une partie de sa génération a disparu? Et que deviennent les amitiés, les désirs et les blessures que l’on a enfouis pendant trente ans? Van Erp privilégie une approche tendre et sensuelle plutôt qu’un traitement exclusivement tragique.

La fête, le sexe et l’exubérance ne servent pas simplement de prélude à la catastrophe : ils constituent une mémoire gaie précieuse que le film refuse de laisser disparaître.  Downtown parle ainsi autant de ceux qui sont morts que de ceux qui ont dû apprendre à continuer sans eux. 

Le cinéaste néerlandais n’en est pas à sa première incursion dans l’histoire LGBTQ+. Son remarquable documentaire I Am a Woman Now (2011) retrouvait cinq femmes trans ayant subi, dans les années 1950 à 1970, une chirurgie d’affirmation de genre à Casablanca. Parmi elles figurait la célèbre April Ashley. Van Erp y confrontait déjà histoire collective et mémoire intime, tout en s’intéressant au vieillissement et à ce qui subsiste des grands bouleversements d’une vie.

On retrouve précisément cette préoccupation dans Downtown. Derrière son évocation de la crise du sida, cette histoire pose une question profondément contemporaine : que doit une génération de survivants à ceux qui ne sont jamais revenus de la piste de danse?

INFOS | DOWNTOWN, un film de Michiel van Erp, scénarisé par Frank Houtappels, 2026, Pays-Bas. Dans le cadre du 39e festival die films LGBTQ image+nation, ce film sera présenté à deux reprises :

• En version originale néerlandaise/hollandaise, avec SOUS-TITRES FRANÇAIS, le 21 novembre à 19:00, au Sir George Williams Alumni Auditorium (H110) | de l’Université Concordia, 1455 Boul. de Maisonneuve O. Montréal, QC H3G 1M8 (métro Guy-Concordia). BILLETS

• En version originale néerlandaise/hollandaise, avec SOUS-TITRES ANGLAIS, le 29 novembre à 13:00, au Cinéma JA de Sève (LB-125) | de l’Université Concordia, 1400 Boul. de Maisonneuve O. Montréal, QC H3G 1M8 (métro Guy-Concordia).BILLETS

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