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Dance Me : les Ballets Jazz de Montréal s’invitent dans l’univers de Leonard Cohen

En 2017, le directeur artistique des Ballets Jazz de Montréal, Louis Robitaille, présentait Dance Me, une proposition audacieuse réunissant trois chorégraphes autour des mots et de la musique de Leonard Cohen. Le spectacle revient à la fin du mois de novembre, dans le cadre de la programmation de Danse Danse, au Théâtre Maisonneuve.

L’idée était ambitieuse. Jusqu’alors, personne n’avait imaginé un projet chorégraphique d’une telle envergure autour de l’œuvre du chanteur montréalais à la renommée internationale, dont les chansons habitent l’imaginaire collectif et font désormais partie du patrimoine culturel.

Pour concrétiser son projet, Louis Robitaille a fait appel à trois chorégraphes de renommée internationale : Andonis Foniadakis, Annabelle López Ochoa et Ihsan Rustem. Il a également confié la dramaturgie à Éric Jean, comédien et metteur en scène qui a toujours été attiré par les formes hybrides, celles qui mêlent le jeu théâtral à la poésie, à la musique et à la danse.

C’est après avoir quitté ses fonctions de directeur artistique du Théâtre de Quat’Sous qu’Éric Jean a été approché pour participer à Dance Me. « Cela tombait bien, parce que je n’avais pas de projet pour les mois à venir après avoir quitté le Quat’Sous », raconte-t-il.

Un souhait guidait toutefois sa démarche : privilégier les enregistrements originaux de Leonard Cohen, à l’exception de deux chansons, So Long, Marianne et Hallelujah, interprétées a cappella par les danseurs et les danseuses. Un défi de taille, même si les interprètes possèdent plus d’une corde à leur arc. Il fallait donc sélectionner quatorze artistes capables de chanter. « C’était une difficulté en soi », confie Éric Jean en entrevue.

Si d’autres chorégraphes avaient déjà exploré l’univers de Leonard Cohen — Margie Gillis, notamment, avait chorégraphié la chanson Famous Blue Raincoat —, aucun projet de cette ampleur n’avait encore vu le jour. Le succès a été immédiat. « Les Ballets Jazz de Montréal jouissaient déjà d’une belle reconnaissance à l’étranger. C’est l’une des compagnies montréalaises qui tournent le plus. Mais le fait de s’associer au répertoire de Leonard Cohen a propulsé la compagnie vers de nouveaux sommets, en lui permettant de jouer dans de plus grandes salles », souligne le dramaturge.

Si Louis Robitaille avait d’abord privilégié les morceaux les plus rythmés de l’auteur de Suzanne, Éric Jean l’a amené à considérer des titres qu’il avait laissés de côté. « Au départ, Famous Blue Raincoat ne figurait pas dans la sélection, alors que c’est, pour moi, l’une des plus grandes chansons de Leonard Cohen. Je voulais absolument qu’elle fasse partie du spectacle. »

Louis Robitaille tenait également à réunir plusieurs chorégraphes afin que chacun puisse s’approprier l’œuvre du chanteur à partir de sa propre sensibilité. Restait à trouver un fil conducteur capable de faire dialoguer ces différentes signatures artistiques, de donner une unité à l’ensemble et d’y insuffler une dimension théâtrale. C’est Benoît Geoffroy, attaché de presse de Danse Danse, qui a joué les intermédiaires entre les deux hommes.

« Louis voulait quelqu’un qui vienne du théâtre, et c’est pour cela qu’il m’a approché », explique Éric Jean. Au départ, les chorégraphes se demandaient ce qu’un metteur en scène venait faire dans leur univers, peut-être par crainte qu’il empiète sur leur travail. « Mais ils se sont vite rendu compte que j’aimais travailler en équipe et que je n’étais pas là pour imposer quoi que ce soit. »

Ce qui réjouit particulièrement le dramaturge, c’est que le spectacle ne cherche pas à établir une correspondance systématique entre une chanson et un chorégraphe, une association qui ne serait pas nécessairement évidente pour le grand public. Il avait plutôt en tête une trame narrative, une sorte de voyage à travers la vie et l’œuvre du chanteur. « C’est comme si nous partions en promenade avec Leonard Cohen. Une marche qui commence au début de sa carrière et au cours de laquelle nous avançons côte à côte avec lui jusqu’à la fin. »

Éric Jean est lui-même un grand amateur de danse. À l’entendre, il pourrait même lui vouer une passion plus grande qu’au théâtre. « Je préfère presque aller voir des spectacles de danse, parce qu’en tant que spectateur, on dispose d’une grande liberté d’interprétation. Au théâtre, on nous dit souvent un peu quoi penser », conclut-il.

Avec Dance Me, les Ballets Jazz de Montréal proposent une rencontre entre le mouvement, la musique et la poésie d’un artiste dont l’œuvre continue de traverser les générations. Une invitation à redécouvrir Leonard Cohen autrement, en laissant la danse donner corps à ses chansons.

INFOS | DANCE ME des Ballets Jazz de Montréal, dans le cadre de Danse Danse, du 25 au 29 novembre 2026, au Théâtre Maisonneuve

Chorégraphes : Andonis Foniadakis, Annabelle López Ochoa et Ihsan Rustem. Dramaturgie : Éric Jean. Idée originale : Louis Robitaille

https://www.placedesarts.com

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