Mardi, 16 août 2022
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    «L’égalité des genres», un terme problématique pour la Pologne et la Hongrie

    Varsovie et Budapest se sont opposées à l’utilisation de l’expression «gender equality» (égalité des genres) dans la déclaration adoptée samedi par les dirigeants de l’UE au sommet de Porto, un positionnement contre ce qu’ils considèrent comme une «idéologie», qui irrite à Bruxelles.

    Le texte, négocié en anglais par les 27 États membres de l’Union, évoquait initialement la promotion de «l’égalité des genres». Mais dans sa version finale, datée de vendredi, les dirigeants s’engagent à promouvoir l’égalité «pour chaque individu».

    Le terme «genre» est toujours employé, mais en référence aux «disparités entre les genres», par exemple en matière d’emploi ou de salaire. «Nous, chrétiens, considérons le mot ‘genre’ comme une expression idéologique, dont le sens n’est pas du tout clarifié (…) Nous ne voulons donc pas mélanger cette dispute idéologique avec l’engagement fort de l’égalité entre les hommes et les femmes», a expliqué le Premier ministre populiste hongrois Viktor Orban à son arrivée vendredi au sommet.

    «Nous proposons toujours d’utiliser ‘égalité entre hommes et femmes’ plutôt qu”égalité des genres’ (dans les textes européens). Mais c’est toujours rejeté. Ils n’aiment pas l’approche chrétienne», a-t-il ajouté.

    Un responsable polonais a insisté sur la nécessité de «s’en tenir aux dispositions du traité» pour plus de «clarté juridique» dans les textes européens. «Le traité de l’Union européenne fait très clairement référence non pas à l’égalité des genres, mais à l’égalité entre les femmes et les hommes».

    Selon un diplomate européen, le gouvernement conservateur nationaliste polonais de Mateusz Morawiecki et de celui de Viktor Orban s’opposent à ce texte par le fait que la mention «égalité des genres» crée selon eux «un espace pour les droits LGBT, ce à quoi ils sont fermement opposés».

    Ils «ont toujours eu cette position de principe. Quel que soit le texte, s’il y a une phrase ou une expression pour protéger les LGBT, ils sont toujours contre», abonde un autre diplomate. «On a ce problème depuis la présidence allemande», au deuxième semestre 2020, confirme une source européenne.

    Depuis leur l’arrivée au pouvoir en 2005, les conservateurs polonais combattent ce qu’ils appellent l’«idéologie LGBT» ou l’«idéologie du genre», qui risque à leurs yeux de saper le modèle traditionnel de la famille et conduire à la «sexualisation» des enfants.

    En Pologne, où la communauté gay est aussi la cible de l’Église catholique, des «zones sans idéologie LGBT» décrétées par plusieurs municipalités ont conduit la Commission européenne à refuser des subventions à ces communes.

    La Hongrie a de son côté accentué en décembre son offensive contre la communauté LGBT, à travers un paquet législatif qui définit notamment le sexe d’une personne comme étant uniquement celui de la naissance.

    Rédaction avec AFP

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