Mercredi, 19 janvier 2022
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    300 Tchétchènes manifestent devant le Conseil de l’Europe contre des arrestations arbitraires

    «Chechen lives matter»: quelques 300 Tchétchènes se sont rassemblés samedi à Strasbourg devant le Conseil de l’Europe pour protester contre une vague d’arrestations arbitraires visant selon eux des proches d’opposants au régime.

    Selon les manifestants, une centaine de personnes ont été arrêtées ces dernières semaines en Tchétchénie, figurant dans l’entourage «de blogueurs, de militants des droits humains et de personnalités publiques vivant à l’étranger qui critiquent la politique des autorités russes». La moitié ont été libérées, ont précisé les manifestants qui se disent en revanche sans nouvelles des autres, redoutant qu’elles ne «soient soumises à la torture».

    Une délégation devait remettre dans l’après-midi à un représentant du Conseil de l’Europe une motion dénonçant ce «terrorisme d’Etat» et appelant «tous les pays de l’UE (…) à cesser d’expulser les réfugiés politiques tchétchènes» vers la Russie.

    Siégeant à Strasbourg, l’organisation paneuropéenne, vigie des droits humains sur le continent, réunit 47 États membres, dont la Russie.

    Plusieurs médias indépendants russes ont signalé des cas de disparitions ou d’arrestations de membres des familles de personnalités de l’opposition tchétchène au cours des dernières semaines de 2021, informations démenties par les autorités locales. Le site d’information indépendant Meduza a ainsi rapporté fin décembre qu’au moins six personnalités de l’opposition vivant en dehors de la Tchétchénie avaient signalé la disparition de proches dans cette république du Caucase russe, mais aussi ailleurs en Russie.

    Dans un rapport publié fin 2018, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pointait “des preuves manifestes” de persécutions visant des homosexuels, des usagers de drogues, des défenseurs des droits humains, des avocats, des médias indépendants et des organisations de la société civile en Tchétchénie. L’OSCE évoquait la responsabilité de la Russie, estimant qu’elle “tolérait” un régime «d’impunité» à propos de ces actes de torture, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires et autres violations “très graves” des droits humains.

    Rédaction avec AFP

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