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    Toronto, découvrir la Ville-Reine et ses alentours

    Avec les pressions économiques et idéologiques exercées par nos voisins du Sud, de plus en plus de Québécois et de Canadiens partent à la découverte de leur pays plutôt que de traverser la frontière américaine. Toronto, surnommée la Ville-Reine (ou Queen City), mérite qu’on s’y attarde, en raison de son statut de pôle économique majeur, de sa grande diversité culturelle et de son statut de « plus grande ville du Canada », avec ses 7 millions d’habitants dans l’ensemble de la région métropolitaine. Je vous propose une exploration de Toronto et de ses environs, avec un retour sur mon plus récent voyage avec mes amies et mon chien, Jazz.

    Toronto et ses îles
    Que ce soit sur Air Canada Jazz ou Porter Airlines, l’arrivée en avion, et plus particulièrement à Billy Bishop (où vous avez l’impression d’atterrir dans l’eau), ajoute une touche exotique au voyage. Pour avoir voyagé avec les deux compagnies, dans de petits avions, je dois dire que ça brasse un peu — surtout pour mon petit chihuahua de 4 lb. Les aéroports sont adaptés au tourisme canin avec des
    « aires de soulagement canin » et, pour une cinquantaine de dollars, vous pouvez emmener un petit chien avec vous en cabine. À ce titre, Porter a été plus accueillante qu’Air Canada (le premier voyage de Jazz remonte à 2024), même si le français chez Porter laisse à désirer (sachant que la compagnie s’appuie sur un jeu de mots bilingue dans ses publicités télé pour mousser sa popularité au Québec, c’est plutôt ironique). En atterrissant à Billy Bishop, vous éviterez les grandes foules de l’Aéroport
    international Pearson et serez déjà dans le centre touristique de la ville, près du port, où nous avions élu domicile.

    Si certains vont prioriser le magasinage et la visite du centre-ville plus commercial, ou de l’Aquarium, par exemple, nous avons décidé de concentrer notre temps sur les îles de Toronto. Comme le service de vélos Bike Share Toronto (comparable aux BIXI à Montréal) est très accessible et dense (c’est plus de 10 000 vélos classiques et électriques, répartis dans plus de 1 000 stations à travers la ville), nous avons priorisé ce mode de transport tant dans la ville que sur les îles. À noter qu’il ne faut cependant pas traverser avec les vélos : ceux sur les îles et ceux dans la ville sont distincts.

    Après avoir pris le traversier au terminal Jack Layton (bel hommage à ce grand homme politique — que j’ai eu l’occasion de rencontrer avant sa mort lors de la Fierté à Toronto), nous avons visité les trois îles (interconnectées) à vélo : l’île de Ward (Ward’s Island), à l’est, qui propose une ambiance calme et villageoise avec un quartier résidentiel paisible et de charmantes maisons et des jardins fleuris; l’île du Centre (Centre Island), au milieu, qui constitue la zone la plus animée et familiale de l’archipel avec un parc d’attractions; et, enfin, la pointe de Hanlan (Hanlan’s Point), avec le phare de Gibraltar Point et la plage réputée pour l’observation des couchers de soleil, ainsi qu’une section de plage où les vêtements sont optionnels/nudiste. Un drapeau aux couleurs irisées vous mène à Hanlan’s Point, le plus ancien espace LGBTQIA2S+ encore existant au Canada, puisqu’il a vu naître, semble-t-il, le tout premier rassemblement de la fierté gaie (Gay Day Picnic) au Canada, le 1er août 1971. À ce titre, le village gai de Toronto, entre Church et Wellesley, vaut le détour, mais nous a semblé peu animé, malgré notre visite nocturne en semaine; des hommes (en majorité) y placent leurs chaises en bordure de trottoir et regardent les gens passer, comme s’ils « magasinaient » leur prochain rendez-vous. À la fois ludique, amusante et déroutante comme scène. Si vous voulez flâner dans les rues et boire un verre, le Distillery Historic District et le port, situé en bordure du lac Ontario, sont plus animés en journée et offrent plusieurs brasseries, magasins et restaurants.

    Niagara Falls
    Cela faisait longtemps que je n’avais pas visité les célèbres chutes du Niagara. À ma première visite,
    dans ma jeunesse, le lieu était moins exploité, alors qu’il est devenu aujourd’hui comparable à un
    mini-Las Vegas ou à Atlantic City; pour ceux qui rêvent de reprendre leurs périples chez nos voisins du Sud, Niagara Falls n’a rien à envier aux Américains (déjà, notre chute est plus impressionnante), sans compter qu’on a l’impression d’être aux États-Unis (ou en Inde, en raison de la forte immigration indienne), par l’opulence des manèges, des attractions extérieures et des compagnies américaines (IHOP, Outback Steakhouse, Hooters — où les serveuses sont moins dénudées qu’avant —, etc.).
    À la manière des Américains, d’ailleurs, l’Ontario est plus permissif avec les chiens dans les lieux publics que le Québec — j’ai pu entrer sans problème dans plusieurs lieux : restaurants, magasins, hôtels, etc.

    Le Queen Victoria Park, le plus vaste face aux chutes, offre des sentiers fleuris, des pelouses soignées et une vue directe sur les chutes du Fer à Cheval (Horseshoe Falls) et les chutes américaines. Chaque jour, en saison estivale, à 22 h, admirez un feu d’artifice gratuit de 5 minutes au-dessus des chutes. Si vous désirez vous épargner un peu de marche, empruntez le funiculaire Falls Incline Railway, qui relie directement la zone hôtelière de Fallsview au centre d’accueil Table Rock, situé juste devant les chutes du Fer à Cheval. Si vous désirez siroter un cocktail hors pair avec une vue imprenable sur les chutes, je vous suggère le Table Rock House Restaurant : j’ai eu l’occasion d’y découvrir le Niagara Peach Bellini glacé, qui se compose de pêches, de mousseux et de vin de pêche de la région de Niagara. Je suis tombée en amour.

    Niagara-on-the-Lake
    Plus snob que Niagara, mais non moins charmante, Niagara-on-the-Lake vous propose, après une trentaine de minutes de route dans les terres, de découvrir ses pittoresques boutiques et restaurants, mais également ses vignobles. Nous avons opté pour l’un des plus connus : Jackson-Triggs. L’accueil, le service, la vue, les planches de dégustation et la nourriture étaient à la hauteur de la réputation de ce vin international depuis 1993. Aussi, puisque j’étais tombée en amour avec le vin de pêche de Konzelmann Estate, nous sommes allées visiter le vignoble et faire des provisions de ce fameux vin, une denrée rarissime qui vaut le détour.

    Port Hope
    Puisque loger à Sandbanks était plutôt onéreux, nous avons opté pour un Airbnb douillet (nommé le Coach House/Relais de Poste, un bâtiment des années 1890 entièrement rénové), avec une belle grande cour et un spa, dans la petite localité de Port Hope. Port Hope est une ville charmante, avec ses boutiques et ses restaurants, et les gens y sont accueillants. Vous aurez vite fait le tour, mais c’est un endroit reposant à un peu plus d’une heure de Sandbanks. Sur la route, vous pourrez faire des arrêts aux attractions locales plus que visibles de l’autoroute, comme la Big Apple ou encore l’avion de chasse militaire, situé à environ 4 km du Musée national de la Force aérienne du Canada, tout près de la base des Forces canadiennes de Trenton.

    Sandbanks, Picton et le comté de Prince Edward
    Le Sandbanks Provincial Park, situé sur la rive nord du lac Ontario, dans le comté de Prince Edward, est reconnu pour ses plages de sable et la plus grande formation de dunes et de bancs de sable en eau douce au monde. Si Outlet Beach est largement considérée comme le choix idéal pour les familles en raison de ses eaux chaudes et peu profondes et de son sable fin, Dunes Beach se distingue par ses paysages et ses immenses dunes de sable. Nous avons opté pour Dunes Beach; bien que le décor fût époustouflant, je n’ai pas été séduite par la plage (loin des eaux bleues vues sur les photos; aussi, la plage devient rapidement profonde si vous êtes moins bon nageur). Puisque le prix d’entrée était de 20 $ par voiture, je m’attendais à des installations un peu moins rudimentaires, mais surtout à des toilettes propres. Les chiens n’étaient « techniquement » pas admis sur cette plage (l’avantage d’avoir un chihuahua de 4 lb : il se dissimule facilement).

    Sinon, Picton, une petite localité du comté de Prince Edward, vaut le détour pour son artère commerciale avec ses petites boutiques, ses restaurants, ses hôtels et ses bars prisés. Prendre un verre en terrasse au The Royal Hotel, datant de 1879, vaut le détour. C’est certainement une belle alternative pour y loger si vous êtes prêts à y mettre le prix. Enfin, toujours sur la route du comté de Prince Edward, nous avons terminé par un détour au Lake on the Mountain. Merveille naturelle, perché à 62 mètres au-dessus du lac Ontario, ce plan d’eau douce est alimenté par un flux constant d’eau pure, sans source principale apparente. Géré par Ontario Parks, le site offre des vues panoramiques, des aires de pique-nique et des possibilités de restauration à proximité. Si les géologues croient qu’il s’agit d’une doline calcaire effondrée, alimentée par des cours d’eau souterrains et le ruissellement, il fut nommé Onokenoga  (Lac des Dieux) par les Mohawks locaux, qui le considéraient comme un lieu spirituel sacré.

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