En nomination pour le Teddy Award et l’Ours d’or au dernier Festival international du film de Berlin, À voix basse, le plus récent film de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid, s’intéresse une fois de plus à une histoire où la jeunesse explore ses désirs dans un environnement répressif (Une histoire d’amour et de désir, 2021), mais cette fois dans un contexte homosexuel.
À voix basse suit le parcours de Lilia, une jeune Tunisienne vivant en France qui retourne dans son pays natal pour les funérailles de son oncle. Elle s’y rend avec sa copine de longue date, Alice, qui séjourne seule à l’hôtel pendant que Lilia retrouve sa famille.
Dans cet environnement homophobe et répressif, elle découvre le secret de son oncle : il était homosexuel. Elle retrace alors son parcours marqué par l’homophobie, tout en étant confrontée à sa propre lesbophobie intériorisée et à celle des autres.
Comme le lui expliquera un avocat, si l’homosexualité est criminalisée en Tunisie — l’article 230 du Code pénal punit la sodomie et les relations homosexuelles consentantes entre adultes, hommes ou femmes, d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison —, le lesbianisme demeure, quant à lui, largement invisible et rarement pris au sérieux. Pourtant, Alice et Lilia s’aiment. Encore faut-il que Lilia trouve le courage de l’avouer.
Sans conteste, À voix basse repose sur le talent de ses actrices : Eya Bouteraa (Lilia), Hiam Abbass (Wahida), Marion Barbeau (Alice) et Salma Baccar, dans le rôle de la mamie. Sans oublier le regard pudique de la réalisatrice, dont on sent parfois la dimension autobiographique. Leyla Bouzid, qui s’est notamment inspirée de l’homosexualité de son propre oncle, dédie d’ailleurs le film à sa mère.
INFOS : À voir lors du 39e festival image+nation, qui se déroulera du 19 au 29 novembre Le film sera présenté le 20 novembre, à 19:00 Cinéma JA de Sève (LB-125) | Concordia University 1400 Boul. de Maisonneuve O. Montréal, QC H3G 1M8 (métro Guy-Concordia). BILLETS
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