Avec The Restoration at Grayson Manor, le réalisateur irlandais Glenn McQuaid propose une comédie d’horreur gothique où les conflits familiaux prennent une tournure particulièrement sanglante. Porté par Chris Colfer, révélé dans la série Glee, et Alice Krige, figure familière du cinéma fantastique, le film va clore le festival image+nation, dans le cadre de sa programmation Frissons Queer, présentée en collaboration avec Fantasia.
Boyd Grayson (Chris Colfer) est un jeune héritier gai qui profite pleinement de sa fortune et de sa liberté. Dans l’imposant manoir familial, il multiplie les aventures masculines, au grand désespoir de sa mère Jacqueline (Alice Krige), une femme autoritaire obsédée par la réputation et l’avenir de la dynastie Grayson. Lorsqu’un accident prive Boyd de ses deux mains, Jacqueline y voit l’occasion de reprendre le contrôle de son existence. Elle lui fait installer des prothèses expérimentales reliées à son subconscient. Mais ces nouvelles mains commencent bientôt à agir de leur propre initiative, donnant libre cours à des pulsions que Boyd lui-même peine à maîtriser.
Glenn McQuaid revisite ici les codes du cinéma d’horreur gothique et du body horror, où les transformations du corps deviennent une source d’angoisse. Il y ajoute un humour noir mordant et une satire des rapports familiaux, particulièrement de l’emprise parentale et des attentes imposées aux enfants. L’homosexualité de Boyd occupe une place centrale dans le récit. Sa mère voudrait le ramener vers une existence plus conforme à ses propres valeurs, quitte à lui imposer ses choix. Sous ses excès macabres, le film aborde ainsi la liberté sexuelle, l’autonomie corporelle et les conséquences d’un amour parental qui tourne à la domination.
Le choix de Chris Colfer pour incarner Boyd est particulièrement intéressant. Connu pour son rôle de Kurt Hummel dans Glee, personnage gai qui a marqué toute une génération de téléspectateurs, l’acteur explore ici un registre radicalement différent. Face à lui, Alice Krige, notamment connue pour Ghost Story, Sleepwalkers et Star Trek: First Contact, incarne une mère dont la sollicitude dissimule des intentions inquiétantes.
Déjà remarqué pour I Sell the Dead (2008), Glenn McQuaid retrouve son goût pour les personnages excentriques et l’humour macabre. Grayson Manor devrait plaire aux amateurs d’horreur décalée, avec son mélange de satire familiale et d’humour queer assez salé.
INFOS : À voir lors du 39e festival image+nation, qui se déroulera du 19 au 29 novembre
Billetterie : https://image-nation.org