Avec sa campagne de financement 2026-2027, l’organisme mise sur la force des témoignages pour faire tomber les préjugés et accroître sa capacité d’intervention auprès des jeunes.
Alors que les discours d’intolérance envers les personnes LGBTQ+ continuent de se faire entendre, le GRIS-Montréal choisit de miser sur ce qui rapproche plutôt que sur ce qui divise : la rencontre, l’écoute et le témoignage. Avec sa campagne de financement 2026-2027, placée sous le thème « L’intolérance divise, nos témoignages rassemblent ! », l’organisme souhaite recueillir 400 000 $ afin de soutenir ses interventions auprès des jeunes et de leur permettre de mieux comprendre les réalités de la diversité sexuelle et de genre.
La cible est ambitieuse, mais elle s’inscrit dans la continuité des efforts de l’année précédente. La campagne 2025-2026, dont l’objectif était fixé à 375 000 $, a finalement permis d’amasser 404 000 $. Pour les coprésidents du comité de campagne, Annabelle Cadieux et Gautier Péchadre, il s’agit maintenant de consolider cette mobilisation et de donner à l’organisme les moyens de poursuivre sa mission.
Des témoignages pour ouvrir le dialogue
L’an dernier, la campagne invitait à « Désapprendre l’intolérance, c’est encore possible ! ». Cette année, le message se déplace vers ce qui peut contribuer à ce désapprentissage : la rencontre avec l’autre et l’écoute de son histoire.
« L’intolérance crée des distances, puis les témoignages permettent la conversation », résume Annabelle Cadieux. Pour elle, la campagne ne doit pas être envisagée uniquement sous l’angle financier. Le comité contribue aussi au rayonnement du GRIS-Montréal, en faisant connaître sa mission, en mobilisant des alliés et en sensibilisant de nouveaux milieux à l’importance de l’inclusion.
Cette volonté de favoriser le dialogue rejoint particulièrement Gautier Péchadre, qui s’est reconnu dans la mission de l’organisme. Le témoignage personnel qu’il livre dans le cadre de la campagne donne une dimension concrète à son engagement.
« Je sais à quel point il peut être important, quand on est jeune, de rencontrer quelqu’un qui nous ressemble, de lui poser des questions et de constater qu’il est possible de vivre pleinement qui l’on est. C’est exactement ce dont j’aurais eu besoin, moi comme jeune gai, à l’école et c’est ce qui me touche particulièrement dans notre mission. En m’impliquant dans cette campagne, je veux contribuer à donner au GRIS les moyens de poursuivre ce travail et de rejoindre encore plus de jeunes. »
Au GRIS-Montréal, les bénévoles interviennent notamment dans les écoles pour parler de leur vécu et répondre aux questions des élèves. L’objectif n’est pas d’imposer une opinion, mais de créer un espace où les jeunes peuvent s’informer, exprimer leurs interrogations et découvrir des réalités qu’ils connaissent parfois peu.
« Dans un monde qui divise, le GRIS rassemble et sa force réside dans les témoignages de ses bénévoles. C’est en apprenant à mieux connaître l’autre qu’on déconstruit ses préjugés et qu’on crée de vrais liens », souligne Marie Houzeau, directrice générale du GRIS-Montréal.
Elle ajoute : « Iels créent un espace où l’on peut échanger sans chercher à convaincre. C’est cette authenticité qui rend nos rencontres si précieuses ».
Des objectifs financiers aux retombées concrètes
Derrière l’objectif de 400 000 $, il y a une volonté d’accroître la portée de ces rencontres. Selon les données communiquées par l’organisme, quelque 250 bénévoles animent collectivement environ 1 000 ateliers de démystification par année. Pour répondre aux demandes et rejoindre davantage de jeunes, le recrutement et la formation des personnes intervenantes demeurent essentiels.
Gautier Péchadre souhaite que la campagne permette de dégager des fonds supplémentaires pour éventuellement offrir une troisième formation au cours de l’année. Le recrutement et la formation exigent du temps, et l’ajout d’une séance pourrait permettre au GRIS-Montréal d’accroître son bassin de bénévoles et, ainsi, de répondre à davantage de demandes d’intervention.
Le comité souhaite également que ses membres puissent assister à des interventions dans les écoles. L’idée est de leur permettre de constater directement les retombées du travail qu’ils contribuent à financer, au-delà des chiffres et des objectifs de collecte.
Annabelle Cadieux insiste, pour sa part, sur l’importance de diversifier les sources de financement, en mobilisant autant les donateurs individuels que les entreprises. Les dons, même modestes, comptent : ils apportent des ressources à l’organisme, mais témoignent aussi d’un intérêt pour sa mission. Une personne qui découvre le GRIS et décide de contribuer peut ensuite parler de son travail autour d’elle.
L’engagement des entreprises représente également une avenue importante. Leur soutien financier peut contribuer aux activités de l’organisme, tandis que les occasions de sensibilisation en milieu de travail permettent de faire connaître sa mission à un public plus large. Pour Annabelle Cadieux, le comité de campagne joue ainsi un rôle qui dépasse la collecte de fonds : il participe à la création de liens et à la diffusion du message du GRIS dans différents milieux professionnels.
« L’objectif de 400 000 $, pour nous, ce n’est pas juste une cible financière. C’est 400 000 $ de rencontres, de conversations, de préjugés qui tombent, de jeunes qui peuvent se sentir compris », explique-t-elle.
Une mobilisation qui se poursuit
Les porte-paroles du GRIS-Montréal, Vincent Bolduc et Macha Limonchik, qui soutiennent l’organisme depuis 18 ans, témoignent eux aussi de l’importance de cet engagement collectif. Vincent Bolduc souligne la croissance de l’organisme, qui rejoint davantage d’élèves tout en s’adaptant à l’évolution des réalités. Macha Limonchik met plutôt l’accent sur la mobilisation des bénévoles, la curiosité des jeunes qui osent poser des questions et l’ouverture des écoles qui accueillent les interventions.
Ces témoignages rappellent que la mission du GRIS-Montréal repose sur une succession de rencontres, rendues possibles par l’engagement des bénévoles et le soutien de celles et ceux qui croient à l’importance du dialogue. Dans un contexte où les discours de haine et certaines idées masculinistes trouvent un écho jusque dans les milieux scolaires, ces rencontres offrent aux jeunes des occasions de questionner leurs préjugés, de confronter leurs perceptions et de découvrir d’autres réalités.
Au-delà de la somme recherchée, la campagne veut donner à l’organisme les moyens de rejoindre davantage de jeunes, de répondre à leurs questions et de contribuer à faire évoluer les perceptions. Un témoignage ne transforme pas nécessairement les choses en un instant, mais il peut ouvrir une porte, susciter une réflexion et modifier le regard porté sur l’autre.
Face à l’intolérance qui creuse les distances, le GRIS-Montréal mise donc sur la rencontre comme levier de rapprochement. Pour soutenir cette démarche, il est possible de faire un don au gris.ca/donnez.
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