Lundi, 2 février 2026
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    Mathilde et Geneviève : une histoire d’amour, de vélo et de brioches

    Il y a 10 ans, Geneviève Casaubon et Mathilde Rébillard se sont rencontrées à Québec. Quelques mois plus tard, elles partaient faire le tour du monde à vélo. Aujourd’hui, elles investissent temps et amour dans la pâtisserie la plus queer de Montréal, Royale Ginette, à quelques pas du métro Rosemont.

    Où a eu lieu votre première rencontre ?
    Geneviève : Au Café Saint-Henri de Québec. Je travaillais à la cuisine et Mathilde comme barista. Rapidement, on a senti des affinités. On était toutes les deux en couple. On s’est rapprochées rapidement et on est devenues plus que des amies. Après quelques mois à travailler ensemble, on est parties en voyage durant 18 mois en vélo.

    Mathilde : On a commencé avec une pratique à Banff et Jasper. Puis, on a fait la côte ouest américaine, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Asie et on a fini en Europe. Les gens capotaient de voir qu’on partait en voyage si tôt dans notre relation. Moi, je trouvais ça moins engageant que d’acheter un réfrigérateur ensemble. Je me disais : « Au pire, on se laisse et on prend un vol pour rentrer. » Ce qui est drôle, c’est qu’après tout ce temps-là, on a beaucoup de réfrigérateurs ensemble !

    À quel moment avez-vous senti qu’il y avait quelque chose de spécial entre vous ?
    Geneviève : À notre premier souper, je me suis dit : « C’est impossible que je ne fasse pas un bout de chemin avec cette personne-là. » Pourtant, j’étais hétéro dans le temps ! C’était plus fort que moi.

    Mathilde : C’est cliché, mais elle est magique. J’avais eu plusieurs relations longues et courtes avant Geneviève. Je savais qu’il y avait quelque chose de vraiment spécial chez elle.

    Geneviève : Ça fait neuf ans qu’on est ensemble et on s’est toujours apporté quelque chose mutuellement. On se choisit tous les jours. Ce n’est pas acquis. On continue de construire à deux.

    Qu’est-ce que le voyage vous a fait vivre relationnellement parlant ?
    Mathilde : On a vite été confrontées à notre état brut : à vélo, avec rien, juste nous, on se poussait beaucoup chaque jour, on puait, on était fatiguées, on traînait notre bouffe, on ne savait pas toujours où on allait dormir, avec tous les inconforts qui venaient avec.

    Ça a accéléré une certaine maturité dans notre relation : si on avait été chacune dans nos maisons, ça aurait pu prendre plus de temps pour atteindre ce niveau d’authenticité. Cela dit, on était entourées de tellement de beauté. Ça nous a bercées et ça nous a consolidées rapidement.

    Outre le Café Saint-Henri, quelle était votre expérience en restauration avant Royale Ginette ?
    Geneviève : En plus d’étudier en design et en architecture, j’ai suivi une formation en
    pâtisserie, il y a 20 ans. J’ai travaillé dans plusieurs pâtisseries et cafés.

    Mathilde : J’ai étudié en graphisme et travaillé dans les agences. Quand j’ai commencé dans un café, j’ai tripé sur les produits et le rôle de barista. Durant notre voyage, on a travaillé à Sydney dans plusieurs cafés.

    Geneviève : On rêvait d’avoir notre propre projet. Au fil des pays qu’on visitait, on a vu beaucoup de street food et de restauration éphémère. Des trucs qui sont différents d’un commerce avec pignon sur rue. On aimait cette non-routine. À notre retour à Montréal, on a lancé le foodtruck Baluchon. On a modifié le camion nous-mêmes. Mathilde a fait le branding. On a créé le menu ensemble : cafés, pâtisseries, grilled cheese.

    Mathilde : On allait aussi en entreprises avec un kart. On avait un bar à chocolat chaud dans une petite van. On a exploré différentes formes de services de traiteur éphémère funky.

    Geneviève : Le foodtruck a existé pendant cinq étés dans plusieurs événements et dans les parcs. Au final, ça nous manquait d’avoir un contact régulier avec les mêmes personnes. On voulait créer une communauté et mettre de l’avant notre queerness.

    Mathilde : Des fois, quand tu te lèves le matin, tu te demandes si ce que tu fais change vraiment quelque chose. C’est notre façon de dire qu’on change un peu les choses.

    En plus du safe space queer, de quelle façon Royale Ginette se démarque ?
    Mathilde : On a organisé la Pride à Ginette. On avait des flash tatous, une exposante avec des imprimés, des prestations d’artistes, des DJ, un bingo queer. On a rempli la place !

    On vend aussi des livres d’artistes queers ou qui parlent d’enjeux queers.
    Geneviève : C’est important pour nous de collaborer avec des femmes et des personnes queers. Parmi nos autres activités, on a invité une DJ qui a fait des remix de Noël et un trio de chanteuses d’opéra. C’était extraordinaire ! Une de nos employés chante avec ukulélé et guitare.

    Mathilde : On a vraiment eu une année incroyable ! On fête notre premier anniversaire le 8 mars prochain. C’est important pour nous de redonner à notre clientèle. Pour Halloween, on a donné des bonbons, du vin chaud et de la bière au beurre. C’est un écosystème.

    Quelle est votre offre alimentaire ?
    Geneviève : Notre produit vedette, c’est les brioches. On voulait quelque chose de réconfortant, savoureux et sans prétention, tout en ayant un effet wow. On vend toujours quatre sortes en changement. Par exemple : la classique à la cannelle, choco-café avec glaçage à l’espresso, fraises vanille, cheesecake aux bleuets, érable, rhubarbe, crème caramel, sucre à la crème, etc. On voulait que les gens puissent choisir une boîte avec différentes sortes pour un peu tous les goûts.

    Mathilde : On vend aussi un sandwich-déjeuner messy avec muffin anglais, œuf, fromage crémeux Boivin et une saucisse de Cochon Cent Façons de Lanaudière. On vend aussi des biscuits, des scones, du café, etc. Royale Ginette, c’est raffiné et bien fait, mais très accessible.

    C’est comment de travailler ensemble ?
    Geneviève : Je trouve ça extraordinaire de ne pas avoir à se dire : « Bonne journée ! On se revoit ce soir. » On part ensemble vers le café et on passe chaque seconde de la journée ensemble, depuis des années.

    Mathilde : Ça nous permet de faire évoluer le projet exactement comme on le désire, parce qu’on y est étroitement liées. Je pense que notre réalité montre une belle maturité. On sait comment séparer les choses, gérer notre équipe avec professionnalisme et tout faire dans le respect. On ne rapporte pas nos défis à l’appartement, même si ça reste assez poreux. Dans nos moments à la maison, on parle de nos idées et des éléments positifs, mais pas de la petite popotte de base.

    INFOS : royaleginette.ca

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