Alors que plusieurs pays célèbrent des avancées importantes en matière de droits LGBTQ+, des millions de personnes continuent d’être victimes de torture, de détention arbitraire et de violences simplement en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Amnesty International rappelle que la discrimination demeure l’un des principaux moteurs de ces violations des droits humains.
Pour plusieurs personnes LGBTQ+, aimer la bonne personne ou vivre selon son identité de genre peut encore coûter la liberté… ou la vie.
Dans un dossier consacré aux violences subies par les minorités sexuelles et de genre, Amnesty International dénonce une réalité qui demeure profondément préoccupante : partout dans le monde, des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et queer sont victimes de torture, de mauvais traitements, de détentions arbitraires et de persécutions, souvent avec la complicité — ou l’inaction — des autorités publiques.
Selon l’organisation de défense des droits humains, la discrimination constitue un terreau fertile pour la torture et les violences. Lorsqu’un État criminalise ou stigmatise une partie de sa population, les abus deviennent plus faciles à commettre et beaucoup plus difficiles à dénoncer.
Une répression qui traverse les frontières
Ces violences ne se limitent pas à une région du monde. Des personnes LGBTQ+ sont arrêtées, emprisonnées, agressées ou soumises à des traitements cruels sur tous les continents, dans des contextes politiques, religieux et culturels très différents. Dans plusieurs pays, les victimes hésitent à porter plainte par peur d’être elles-mêmes poursuivies, rejetées par leur famille ou victimes de nouvelles représailles.
Cette invisibilité contribue à alimenter un cercle vicieux où les agressions demeurent largement impunies.
Quand les autorités deviennent les bourreaux
Amnesty International souligne que les personnes LGBTQ+ sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles se retrouvent entre les mains des autorités.
Dans certains États, les policiers utilisent les arrestations pour extorquer de l’argent, humilier les victimes ou obtenir des aveux sous la contrainte. Les prisons et les centres de détention deviennent également des lieux où les violences physiques, psychologiques et sexuelles sont fréquentes.
Mais les persécutions ne proviennent pas uniquement de l’État. Les personnes LGBTQ+ subissent également des agressions dans leur entourage, leur communauté ou leur propre famille. Les lesbiennes, notamment, peuvent être contraintes à des mariages forcés, subir des violences sexuelles dites « correctives » ou être privées de toute autonomie afin de les conformer aux attentes sociales.
Une impunité encore trop répandue
L’un des principaux constats d’Amnesty demeure l’absence de justice. Les agressions visant les personnes LGBTQ+ font rarement l’objet d’enquêtes sérieuses et les responsables sont encore moins souvent traduits devant les tribunaux. La peur de dénoncer, combinée à l’homophobie et à la transphobie institutionnelles, entretient un climat où les auteurs de violences agissent souvent en toute impunité.
Pour l’organisation, les États ont pourtant l’obligation de protéger l’ensemble de leur population, sans distinction fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre.
Des progrès… mais une vigilance toujours nécessaire
Depuis la publication de ce rapport, plusieurs avancées ont été réalisées. De nombreux pays ont légalisé le mariage entre personnes de même sexe, adopté des lois contre les crimes haineux ou renforcé les protections juridiques des personnes LGBTQ+.
La réalité demeure toutefois préoccupante. Aujourd’hui encore, près de 65 pays criminalisent les relations sexuelles consentantes entre personnes de même sexe. Plusieurs États prévoient toujours de lourdes peines d’emprisonnement, tandis que certains permettent encore la peine de mort en vertu de leur législation ou de l’application de la charia.
Les personnes trans continuent également d’être parmi les populations les plus exposées aux violences, à la discrimination et aux arrestations arbitraires.
Pour Amnesty International, la lutte contre la torture passe inévitablement par la lutte contre toutes les formes de discrimination. Tant que des personnes seront considérées comme des citoyennes de seconde zone en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, les violations des droits humains continueront de prospérer dans l’ombre.
Plus que jamais, rappelle l’organisation, les droits des personnes LGBTQ+ demeurent des droits humains.

