Depuis des années, les romances MM pullulent de récits sportifs centrés sur le tabou ultime : l’homosexualité dans le sport professionnel! La plateforme Crave en offre une adaptation télévisuelle, transformant la glace en un terrain brûlant de désirs et de passions.

La série prend son envol en 2008, plongeant dans le monde du hockey professionnel, et suit sur près d’une décennie la relation secrète entre Shane Hollander (Hudson Williams), un Canadien d’origine asiatique au profil calme et réfléchi, et Ilya Rozanov (Connor Storrie), un Russe au tempérament impulsif et flamboyant. Dès le départ, la presse les présente comme des rivaux, poussant les deux hommes à se surpasser en tout, incluant une course épique en vélo… stationnaire (?!). Chacun est cependant troublé par l’autre et Ilya, plus entreprenant, ne tarde bientôt pas à séduire son opposant à coup d’œillades suggestives et de jambes bien écartées et invitantes.
Le hasard, qui fait toujours bien les choses, cantonne les deux hommes dans deux camps opposés : d’abord Russie versus Canada, puis les Raiders de Boston face aux « fameux » Métro de Montréal. Rien ne peut cependant éteindre des braises qui ne demandent qu’à s’enflammer. Le scénariste et réalisateur Jacob Tierney évite par ailleurs de se contenter de dire les choses plutôt que de les montrer : une tendance malheureusement trop fréquente dans les productions télévisuelles à contenu LGBTQ.
Tout au contraire, la libido est brute, à fleur de peau, et les scènes de baise se situent sur la frontière très explicite de ce qui peut être montré au petit écran, ce qui rend d’autant plus tangible et vraisemblable la passion matinée d’interdit qui habite les deux hommes. Chacun est, en effet, conscient qu’il pourrait tout perdre si la vérité éclatait au grand jour, ce qui les amène d’ailleurs à utiliser les pseudonymes Lili et Jeanne pour texter (et sexter) entre eux. La peur du regard des autres, les pressions familiales et les différences culturelles — en particulier l’homophobie latente dans la famille d’Ilya — traversent subtilement le récit et compliquent leur relation.
On pourrait craindre que cette prémisse, répartie sur six épisodes, finisse par perdre son souffle, que ce soit dans son déroulement ou son rythme. Pourtant, dès le troisième épisode, la série surprend en introduisant un nouveau tandem : l’hockeyeur Scott Hunter (François Arnaud, tout en nuance) et le barista Kip Grady (Robbie Graham-Kuntz, dégoulinant de charisme). Alors que la dynamique entre Hollander et Rozanov était jusqu’ici dominée par l’abandon à la passion, cette nouvelle intrigue met l’accent sur les répercussions du secret et la contrainte de vivre une relation dans la clandestinité. Cette perspective apporte une réelle profondeur au récit, le rendant à la fois touchant et captivant. Nul doute que les parcours de tous ces personnages finiront par se croiser dans les épisodes à venir.

L’ensemble des acteurs font preuve d’une chimie épidermique et sont dotés de corps superbes qu’ils n’hésitent pas à exhiber à l’écran. À ce sujet, il faut noter que Connor Storrie est doté d’une des paires de fesses les plus rebondies que la télévision nous ait récemment offertes et que Robbie Graham-Kuntz est doté d’une gueule à faire damner les saints.

La première intrigue est tirée du roman Heated Rivalry, deuxième volume de la série Game Changers, alors que la seconde s’appuie sur Game Changer, qui ouvre la saga interconnectée en cinq tomes de Rachel Reid. À noter que, dans l’imaginaire populaire, le hockey demeure toujours associé à un univers de masculinité traditionnelle aux multiples tabous. C’est pourquoi, parmi les romances sportives qui explorent les rivalités amoureuses entre hommes, ce sport est le plus souvent représenté, surpassant même le foot (soccer) et le football américain.
INFO | Les six épisodes de « Heated Rivalry » (Rivalités passionnées) sont diffusés, en anglais et dans un bon doublage français, réalisé au Québec, sur Crave.








