Nicholas Hoult incarnera Gilderoy Lockhart dans la deuxième saison de la nouvelle série Harry Potter de HBO. Un rôle prestigieux pour l’acteur britannique, mais une annonce qui passe plutôt mal auprès d’une partie de son public LGBTQ+, alors que J.K. Rowling demeure étroitement associée à la production et que ses positions sur les personnes trans continuent de susciter la controverse.
Selon Deadline, qui a confirmé la nouvelle le 11 août, Nicholas Hoult se joindra à la distribution de la deuxième saison de la série de HBO, adaptée de Harry Potter et la Chambre des secrets. Le tournage de cette deuxième saison doit commencer cet automne.
La première saison, Harry Potter à l’école des sorciers, inspirée du premier roman de la saga, doit quant à elle être lancée le 25 décembre 2026 sur HBO et HBO Max.
Hoult prêtera ses traits à Gilderoy Lockhart, le flamboyant nouveau professeur de défense contre les forces du Mal de Poudlard. Personnage aussi narcissique qu’incompétent, Lockhart est davantage préoccupé par sa célébrité et ses prétendus exploits héroïques que par l’éducation de ses élèves. Dans l’adaptation cinématographique de 2002, le personnage était interprété par Kenneth Branagh.
Une déception chez certains fans LGBTQ+
Le choix de Nicholas Hoult n’est pas passé inaperçu auprès d’une partie de son public LGBTQ+.
Depuis ses débuts, l’acteur de 36 ans entretient en effet une certaine popularité auprès des communautés queers. Son interprétation de Tony Stonem dans la série culte britannique Skins, personnage dont la sexualité semblait plutôt fluide, y a notamment contribué. Plus récemment, son apparition au Met Gala 2026 dans un look tout en cuir avait également beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux.
C’est donc moins le rôle de Gilderoy Lockhart qui dérange certains de ses admirateur·rices que sa décision de participer à une production Harry Potter.
J.K. Rowling, autrice des romans originaux, est productrice exécutive de la nouvelle série. Ses prises de position répétées sur les questions liées au sexe et au genre et son opposition à certaines revendications concernant les droits des personnes trans ont profondément fracturé la relation entre l’univers Harry Potter et une partie de son ancien public LGBTQ+.
Rowling a également apporté un soutien financier à des organisations défendant des positions fondées sur le sexe biologique.
L’annonce concernant Hoult a donc rapidement provoqué des réactions négatives sur les réseaux sociaux.
« C’est extrêmement décevant de voir un acteur que j’aimais accepter un rôle dans cette série », a écrit une personne.
Une autre a réagi avec humour : « Est-ce que vous pouvez supprimer ça? J’ai juste besoin de retourner au moment où je ne l’avais pas encore vu. »
D’autres commentaires se montrent beaucoup plus catégoriques. « Je suis vraiment déçu d’apprendre ça. Je ne soutiens personne qui continue de soutenir la franchise Harry Potter », peut-on notamment lire.
Une autre personne a repris une célèbre réplique de Tyra Banks devenue un mème : « On croyait tous en toi! »
Si ces réactions ne permettent évidemment pas de mesurer l’opinion de l’ensemble du public LGBTQ+ de Nicholas Hoult, elles illustrent le dilemme qui accompagne désormais presque chaque nouvelle annonce concernant la série.
Une distribution régulièrement confrontée à la controverse
Nicholas Hoult est loin d’être le premier membre de la distribution à devoir composer avec les réactions suscitées par son association avec Harry Potter.
Bel Powley, qui incarnera Petunia Dursley, a récemment tenu à préciser qu’elle était en profond désaccord avec les positions de J.K. Rowling.
John Lithgow, choisi pour interpréter Albus Dumbledore, a lui aussi été interrogé à plusieurs reprises sur la controverse depuis l’annonce de sa participation. L’acteur a révélé qu’on lui avait même demandé de se retirer du projet. En mars dernier, il expliquait au balado Radio Hour être en désaccord avec plusieurs des positions de Rowling, tout en estimant que certaines avaient été déformées ou mal représentées.
Paapa Essiedu, qui incarnera pour sa part Severus Rogue, a également affirmé publiquement son soutien aux personnes trans. L’acteur britannique a été la cible d’une autre forme de controverse lors de l’annonce de sa distribution, certains internautes s’étant opposés au choix d’un acteur noir pour interpréter le personnage. Essiedu n’a toutefois pas laissé son association avec la série modifier ses convictions. « Mes opinions m’appartiennent et continueront de m’appartenir », a-t-il déclaré au Sunday Times.
Peut-on encore séparer Poudlard de J.K. Rowling?
La controverse entourant Nicholas Hoult illustre une difficulté avec laquelle HBO devra vraisemblablement composer tout au long de la production de sa nouvelle adaptation.
Pour une partie du public, Harry Potter demeure un univers profondément associé à l’enfance, à l’imaginaire et même, paradoxalement, au sentiment d’être différent et de trouver une communauté à laquelle appartenir. Pour d’autres, les prises de position de J.K. Rowling ont rendu impossible la séparation entre l’œuvre, son autrice et les conséquences financières de la consommation de nouveaux produits issus de la franchise.
Chaque nouvelle annonce de distribution risque donc de raviver le même débat : participer à une adaptation de Harry Potter signifie-t-il nécessairement cautionner les positions de sa créatrice?
Plusieurs membres de la distribution semblent vouloir répondre par la négative, en affirmant publiquement leur désaccord avec Rowling tout en demeurant associés à la production.
Nicholas Hoult, lui, n’avait pas encore commenté la controverse entourant son arrivée dans l’univers de Harry Potter au moment de l’annonce de sa distribution.
Reste à voir s’il choisira de le faire — ou si Gilderoy Lockhart, personnage particulièrement doué pour attirer l’attention, parlera suffisamment à sa place.

