Christopher Columbus, le cinéaste qui a lancé la franchise cinématographique Harry Potter en réalisant Harry Potter and the Sorcerer’s Stone (2001) et Harry Potter and the Chamber of Secrets (2002), a pris position contre les propos transphobes de J.K. Rowling.
Interrogé par Variety au sujet des déclarations répétées de l’autrice britannique — largement considérée comme une figure centrale du mouvement TERF (féminisme radical excluant les femmes trans) — Columbus a répondu :
« J’aime parfois séparer l’artiste de son œuvre, je pense que c’est important. Mais c’est malheureux ce qui se passe. Je ne suis certainement pas d’accord avec ce qu’elle dit. C’est juste triste, très triste. »
Rowling et la controverse permanente
Depuis plusieurs années, Rowling fait autant la manchette pour ses propos anti-trans que pour être l’autrice de l’une des séries littéraires les plus célèbres de la planète. Plus tôt cette année, elle a financé de ses propres fonds une organisation destinée à soutenir juridiquement les causes liées à ce qu’elle appelle les « droits fondés sur le sexe biologique des femmes » — une formule codée qui vise en réalité à exclure les femmes trans des espaces réservés aux femmes cisgenres.
Malgré le fait qu’elle ait elle-même reconnu qu’une partie de ses revenus générés par Harry Potter sert désormais à financer des campagnes cherchant à restreindre les droits des personnes trans, HBO poursuit sans gêne son exploitation de la franchise. La chaîne prépare une nouvelle adaptation télévisée des romans, prévue pour 2026, dont Rowling est productrice exécutive. Selon le réseau, sa participation est « très, très importante » et ses apports sont jugés « inestimables ».
Columbus ne veut pas revenir… mais reste ouvert à l’adaptation
Columbus, lui, a indiqué n’avoir aucun intérêt à replonger dans l’univers de Poudlard : « Non, j’ai fait ma version. Vous l’avez vue. Je n’ai plus rien à ajouter dans l’univers de Potter. »
Cela dit, le cinéaste ne condamne pas l’initiative d’HBO : « Le grand avantage, c’est que dans les premiers livres, on voulait tout adapter, mais on n’a pas eu l’occasion. Pour moi, la série télé est une opportunité de donner vie à ces scènes. »
Les nouveaux acteurs se positionnent déjà
Même si Columbus s’est éloigné de la saga, la distribution de la nouvelle série attire déjà l’attention en raison des prises de position des comédiens face à la politique de Rowling.
Paapa Essiedu, qui incarnera Severus Rogue, fait partie des 400 professionnels du cinéma et de la télévision ayant signé une lettre ouverte condamnant un jugement de la Cour suprême du Royaume-Uni qui réduit légalement la définition de « femme » et d’« homme » au sexe assigné à la naissance. Ironiquement, Rowling aurait versé 70 000 £ à For Women Scotland, l’organisation anti-trans dont le recours a mené à cette décision.
De son côté, John Lithgow, choisi pour interpréter Albus Dumbledore, a révélé avoir reçu un message d’une amie, mère d’un enfant trans, qui lui a partagé un article intitulé An Open Letter to John Lithgow: Please Walk Away From Harry Potter. Invité à dire si la controverse l’avait fait douter de son rôle, il a simplement répondu au Times of London : « Oh, absolument pas. »

