C’est dans un internat d’élite catholique en Afrique du Sud que se déroule Black Burns Fast, alors que Luthando, jeune étudiante modèle et boursière, tombe amoureuse d’Ayanda, nouvellement arrivée à l’école. Cette dernière éveille rapidement les sentiments cachés de Luthando, qui remet en question son identité et son orientation sexuelle, sans pour autant les dévoiler.
Néanmoins, lorsqu’elle se promène dans les corridors de l’école, un néon portant l’inscription « Lesbienne » apparaît au-dessus de sa tête, exprimant à quel point la jeune femme s’imagine, métaphoriquement, que « tout le monde est au courant ». Un sentiment auquel plusieurs lesbiennes pourront s’identifier.
Elle tentera par la suite d’explorer sa sexualité, notamment par la masturbation, donnant lieu à des scènes cocasses, tout comme celle du premier baiser. Si son coming out auprès de sa mère s’avère plus difficile, tout comme le regard des autres à l’école, elle découvrira peu à peu sa véritable nature.
Lauréat du prix du jury au Inside Out Toronto LGBT Film Festival, ce premier long métrage de la réalisatrice sud-africaine surprend par sa maîtrise, sa fraîcheur et sa réalisation assumée. Sans conteste, la direction photo dynamique et novatrice, les références visuelles populaires (jeux vidéo, couleurs vives, musique branchée, vision subjective) et l’humour assumé sauront plaire, particulièrement à la jeune génération. Mentionnons cette scène construite comme un triptyque visuel : un visage à gauche, un autre à droite, tandis qu’au centre, une série de paires d’yeux observe la jeune fille qui interroge son enseignante, manifestement catholique, sur l’orgasme et la masturbation.
Black Burns Fast est sans conteste un film qui transpose le traditionnel récit de passage à l’âge adulte dans un environnement non pas dénué de lesbophobie, mais certainement beaucoup moins oppressif que celui des décennies précédentes. Sans évacuer les questions du coming out et de l’acceptation sociale des diverses sexualités à l’adolescence, la réalisatrice sait rendre le sujet jeune, dynamique et léger, avec audace, même si découvrir son lesbianisme dans un internat chrétien en Afrique du Sud n’est jamais chose facile.
INFOS : À voir lors du 39e festival image+nation, qui se déroulera du 19 au 29 novembre. Le film sera présenté le 21 novembre à 14:10, à Cinéma Public, 505 Rue Jean-Talon E. Montréal, QC H2R 1T6 (métro Jean-Talon). BILLETS.
Billetterie : https://image-nation.org