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Give Me The Ball! : bien plus qu’une victoire sur le court

Billie Jean King est un personnage coloré et frontal, à l’image de ses performances athlétiques et des lunettes roses qu’elle arbore fièrement dès les premières images du documentaire Give Me the Ball!, de Liz Garbus et Elizabeth Wolff. Avec une bande-son branchée, dont Just a Girl de No Doubt, les réalisatrices annoncent d’emblée le combat féministe de Billie Jean King, pionnière du tennis féminin.

Si le film débute avec le témoignage coloré de l’athlète américaine — « J’étais obsédée par la balle… j’adorais » —, il présente également de nombreuses images d’archives pour retracer l’ensemble de sa carrière. Le rythme dynamique du film est à l’image de l’icône qui l’inspire. Comme dans un match de tennis, les champs-contrechamps (témoignages et images d’archives) nous plongent rapidement dans le jeu de Billie Jean. Celui d’une femme qui a évolué dans le monde du tennis pour y faire sa marque.

Son parcours avec la balle débute à l’âge de 11 ans, dans les années 50. Elle réalise rapidement qu’elle n’appartient pas à ce milieu privilégié. Néanmoins, elle rêve de devenir numéro un. Mais le parcours d’une femme dans le tennis des années 60 n’est pas chose facile, même après avoir remporté Wimbledon à plusieurs reprises. Les femmes ne reçoivent pas autant d’argent que les hommes lorsqu’elles gagnent un tournoi. Elles se battront donc, Billie Jean en première ligne, pour obtenir des prix en argent égaux à ceux des hommes.

À mesure que sa notoriété grandit, Billie Jean devient l’égérie de marques et fait la une des magazines. Elle veut provoquer un changement social et en sera le porte-étendard parfait. « La combinaison parfaite de grâce et de pouvoir », écrivent les médias à son sujet. Mais sa vie personnelle se révèle plus complexe. Elle se fait avorter, ne désire pas avoir d’enfants et s’interroge sur son orientation sexuelle. Ses premières vacances lui feront le plus grand bien : elle y rencontrera Marilyn Barnett, son premier amour saphique, dont la relation demeurera secrète pendant sept ans. Elle divorcera de Larry King en 1987, bien après la fin de sa relation avec Marilyn.

Si ce pan de la vie privée de Billie Jean demeure longtemps loin des médias, la fameuse « Bataille des sexes » contre le joueur Bobby Riggs, en 1973, la propulsera au cœur d’un important changement social. Sa victoire marque un moment charnière pour le tennis féminin, reconstitué dans le film biographique Battle of the Sexes (2017), avec Emma Stone dans le rôle de Billie Jean King.

INFOS : À voir lors du 39e festival image+nation, qui se déroulera du 19 au 29 novembre
Billetterie : https://image-nation.org

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