Mercredi, 19 août 2026
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    Un chanteur visé pour «obscénité» en Turquie après un échange de regards entre 2 hommes

    Le chanteur turc Mabel Matiz fait l’objet d’une enquête pour «obscénité» après la diffusion d’un vidéoclip montrant notamment un échange de regards entre deux hommes. L’affaire survient dans un contexte de pression croissante contre les personnes LGBTQ+ et les artistes en Turquie.

    Peut-on être accusé d’obscénité simplement parce que deux hommes se regardent? En Turquie, l’affaire entourant le chanteur Mabel Matiz montre à quel point la notion peut être utilisée de façon extensive. Le procureur d’Istanbul a ouvert une enquête après la sortie du vidéoclip de sa chanson Ha Leylim, dévoilé le 11 août 2026.

    Dans la vidéo, un homme s’apprête à épouser une femme. Au cours de la cérémonie, il échange des regards insistants avec un autre homme. Certaines personnes sur les réseaux sociaux y ont vu le récit implicite d’un homme gai vivant publiquement une vie hétérosexuelle. Pourtant, ni les paroles de la chanson ni le vidéoclip ne contiennent de référence explicitement queer.

    Cela n’a pas empêché plusieurs médias progouvernementaux de cibler l’artiste. La vidéo avait dépassé le million de visionnements en deux jours. Mabel Matiz est ouvertement gai et l’un des chanteurs les plus populaires de Turquie. Ce n’est pas la première fois qu’il est visé par une procédure pour « obscénité ».

    Même si l’homosexualité n’est pas illégale en Turquie, les organisations de défense des droits humains dénoncent depuis plusieurs années un durcissement marqué du climat envers les communautés LGBTQ+.

    La Marche des fiertés d’Istanbul est notamment interdite depuis 2015. Les lois turques interdisent la diffusion de matériel « obscène », mais donnent peu de précisions sur la définition du terme. Selon les informations rapportées dans le dossier, les personnes reconnues coupables peuvent être exposées à des peines de prison. Dans ce contexte, l’affaire Mabel Matiz dépasse largement un vidéoclip.

    Lorsque le simple sous-entendu d’un désir entre deux hommes devient matière à enquête criminelle, c’est la liberté d’expression elle-même qui se retrouve sur la sellette.

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