Mercredi, 19 août 2026
• • •
    Publicité

    Notre collègue Richard Traversy n’est plus (1956-2026)

    Richard Traversy est décédé paisiblement au CHUM le 18 juillet dernier, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie. Pour plusieurs d’entre nous, il restera toutefois bien davantage que le représentant que l’on croisait régulièrement dans les commerces du Village : un collègue attachant, un bon vivant et, surtout, un personnage qui ne manquait jamais une occasion de nous faire rire.

    C’est sa cousine, Viviane Traversy, qui a annoncé son décès sur les réseaux sociaux, le décrivant comme « une personne hors du commun qui restera à jamais dans nos cœurs ». Les témoignages n’ont d’ailleurs pas tardé à affluer.

    « Très agréable personne avec qui on se sentait très bien. Charmant personnage. Je le conserverai dans mes souvenirs avec un doux sentiment », a écrit Simon DuPlessis. « Quel gars adorable et drôle. Il va nous manquer », a souligné pour sa part notre ancien collègue et chroniqueur Luc-Alexandre Perron. Et drôle, Richard l’était certainement. Grand farceur, il possédait un langage coloré, ponctué d’expressions québécoises qui pourraient aujourd’hui sembler appartenir à une autre époque. Cela faisait aussi partie de son charme.

    Un visage familier de Fugues

    Au fil des ans, Richard est devenu un visage bien connu de nombreux commerces du Village. Ses clients étaient principalement des bars, des restaurants et des boutiques du secteur et des environs du centre-ville, auxquels s’ajoutaient certains événements LGBTQ+. Plusieurs se souviendront également de lui, appareil photo à la main, puisqu’il réalisait régulièrement des clichés chez ses clients, que ce soit pour des publicités ou pour accompagner certains articles.

    Richard racontait avoir posé sa candidature chez Fugues notamment parce qu’il souhaitait se rapprocher du Village et évoluer dans un milieu où il retrouvait une ouverture envers les hommes gais encore peu présente ailleurs à l’époque. La société québécoise commençait alors tranquillement à s’ouvrir davantage aux réalités LGBTQ+. Il est finalement demeuré au magazine pendant plus de deux décennies (jusqu’à l’été 2024), accompagnant à sa manière une période de profondes transformations du Village et des communautés LGBTQ+ montréalaises.

    Titulaire d’un baccalauréat en communications de l’UQAM, Richard a par ailleurs fait partie des premières cohortes à avoir terminé ce programme à l’université. Il a ensuite travaillé pour différentes publications spécialisées dans la vente automobile.

    Un bon vivant

    Richard a grandi dans l’ouest de l’île de Montréal et sur la Rive-Sud. Il parlait volontiers des voyages dans le Sud qu’il avait faits durant son enfance avec ses parents, notamment de leurs séjours dans le petit cottage familial aux Bahamas. Les croisières dans les Caraïbes avaient également nourri son répertoire d’histoires. Il aimait évoquer autant la beauté des paysages que les passagers hauts en couleur croisés à bord des différents navires.

    Richard possédait aussi une voix grave, presque « radiophonique ». Il aurait, disait-on, très bien pu chanter de l’opéra s’il avait travaillé ses cordes vocales. Mais l’opéra ne faisait manifestement pas partie de ses passions!

    Il préférait les bonnes tables, les restaurants et les bistros, avec une affection particulière pour les plats de pâtes italiennes, qu’il recouvrait généreusement de parmesan. Et parce qu’il serait difficile de parler de Richard sans glisser une petite touche d’humour, précisons qu’à côté de ces plaisirs gastronomiques, il appréciait aussi… un bon poulet frit de chez PFK!

    Le Village et ses souvenirs

    Plus jeune, Richard a fait partie de la ligue de volleyball gai Boréal. Il appréciait le sport, bien sûr, mais tout autant l’aspect social de l’activité. C’était une autre époque : les applications de rencontres n’existaient évidemment pas encore!

    Il aimait également beaucoup danser. Lorsque plusieurs clubs gais se trouvaient encore dans l’ouest du centre-ville, Richard les fréquentait avec plaisir. Plus tard, il a davantage fréquenté les établissements du Village, notamment le Parking.

    À travers ses histoires se dessinait ainsi tout un Montréal gai qui s’est profondément transformé au cours des dernières décennies. Richard aura été à la fois témoin et acteur de cette évolution, notamment par son travail auprès des commerces, des établissements et des événements qui animaient la communauté.

    Pour celles et ceux qui l’ont connu chez Fugues, les souvenirs seront nombreux : sa voix reconnaissable, ses anecdotes, ses expressions colorées, son sens de la répartie et cette personnalité qui ne laissait personne indifférent.

    L’équipe de Fugues offre ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont eu la chance de croiser la route de Richard Traversy.

    Il nous manquera.

    Abonnez-vous à notre INFOLETTRE!

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité