Selon des informations rapportées par le Washington Blade, le drapeau arc-en-ciel qui flottait au monument national Stonewall, à New York, a été retiré à la demande de responsables de l’administration Trump au sein du National Park Service (NPS). La décision découle d’un changement de politique interne limitant strictement les drapeaux pouvant être hissés sur les sites fédéraux.
D’après une source citée anonymement par le Blade, la mesure était en préparation depuis plusieurs semaines et s’inscrirait dans une série d’initiatives visant à réduire la visibilité des symboles LGBTQ+ sur des propriétés relevant du gouvernement fédéral.
En réponse aux questions du média, le National Park Service a indiqué que la politique actuelle du Département de l’Intérieur autorise uniquement le drapeau américain, celui du Département de l’Intérieur et le drapeau des prisonniers de guerre/disparus au combat sur les mâts officiels et points d’affichage publics. Des exceptions sont prévues — notamment dans un contexte historique, militaire ou autochtone — mais les drapeaux communautaires, dont le drapeau de la Fierté, n’y figurent pas. Cette directive a été émise le 21 janvier par la directrice par intérim du NPS, Jessica Bowron, nommée par Donald Trump.
Un site fondateur du mouvement LGBTQ+
Le monument national Stonewall, désigné en 2016 par le président Barack Obama, est le premier site fédéral reconnu pour son importance dans l’histoire LGBTQ+ américaine. Il commémore le soulèvement de juin 1969, déclenché après une descente policière au Stonewall Inn, un bar gai de Greenwich Village. Le drapeau arc-en-ciel flottait sur le site depuis sa désignation officielle comme monument national.
« Un acte d’effacement »
Dans une entrevue accordée au Washington Blade quelques heures après l’annonce du retrait, le sénateur de l’État de New York Erik Bottcher, qui représente le secteur où se trouve Stonewall, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acte d’effacement ».
« C’est une tentative lâche de réécrire l’histoire et d’intimider notre communauté », a-t-il déclar. « Stonewall, c’est l’endroit où nous avons riposté, où un mouvement mondial pour l’égalité a été lancé. Nous ne retournerons pas dans l’ombre. »
Plusieurs autres personnalités politiques et organisations citées par le Washington Blade ont vivement réagi. Le maire de New York, Zohran Mamdani, s’est dit « outré » par la décision, rappelant que la ville est le berceau du mouvement moderne pour les droits LGBTQ+. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a exigé que la décision soit immédiatement renversée, affirmant que les symboles de cet héritage « ont leur place à Stonewall, par principe et par histoire ».
Des groupes nationaux comme la National LGBTQ Task Force et la Human Rights Campaign ont également dénoncé la mesure. « Ils peuvent retirer un drapeau, mais ils ne peuvent pas effacer notre histoire », a déclaré Cathy Renna au Washington Blade.
Le retrait du drapeau s’inscrit dans une série de décisions récentes touchant l’histoire LGBTQ+ au sein des institutions fédérales. En septembre dernier, trois organismes qui devaient recevoir plus de 1,25 million de dollars en subventions du National Park Service pour documenter et préserver des sites historiques LGBTQ+ ont vu leur financement annulé.

