Vendredi, 29 mai 2026
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    Le célèbre calendrier des «prêtres sexy» du Vatican, en grande partie faux

    Depuis plus de vingt ans, le Calendario Romano a occupé une place très particulière dans les boutiques touristiques de Rome. Entre les chapelets, les cartes postales du Vatican et les mini-Colisées en plastique se cache aussi cet objet improbable : un calendrier rempli de jeunes «prêtres» beaucoup trop photogéniques regardant l’horizon avec l’intensité dramatique d’une série italienne haut de gamme.

    Officiellement, le calendrier se présente comme un simple produit touristique consacré à la culture vaticane. Officieusement ? Plusieurs l’ont depuis longtemps rebaptisé : le calendrier des «hot priests». Et disons que peu de gens l’ont acheté réellement pour consulter les fêtes liturgiques.

    Lancé au début des années 2000, le Calendario Romano présente chaque mois un homme en soutane photographié sous des éclairages particulièrement flatteurs, avec des poses dignes d’un éditorial de mode.

    Avec le temps, le calendrier — qui réutilise  chaque année plus ou moins les même photos, mais a dans un ordre différent — est devenu à la fois un souvenir kitsch, un objet camp assumé et une curiosité pour faire parler les amis et la famille au retour.

    Pendant longtemps, plusieurs croyaient sincèrement que les hommes photographiés étaient de véritables prêtres catholiques. Eh bien… pas exactement. L’un des « prêtres » les plus célèbres n’a jamais été ordonné… il l’a confirmé début mai.

    Giovanni Galizia, l’un des visages les plus connus du calendrier, a révélé au quotidien italien La Repubblica qu’il n’a jamais été prêtre. Aujourd’hui âgé de 39 ans, Galizia travaille comme formateur pour du personnel de bord dans le domaine aérien. Cela signifie qu’une quantité impressionnante de touristes ont probablement développé une fascination très spécifique pour un adolescent italien portant une soutane empruntée.

    En 2003, le photographe vénitien Piero Pazzi cherchait un jeune homme pour incarner l’image de Rome. Il a proposé à Giovanni Galizia, alors âgé de 17 ans, de poser en habit ecclésiastique pour le plaisir… à Palerme. « C’était un jeu. Il avait déjà les vêtements prêts », raconte-t-il.

    Galizia précise qu’il n’a jamais reçu d’argent pour la séance photo et que malgré des années passées à être exposé comme prêtre ou séminariste dans des boutiques souvenirs près du Vatican, il n’a jamais été membre du clergé. « Je peux vous assurer, que je n’ai jamais été prêtre ou fait d’études pour le devenir».

    Même si l’institution catholique ne l’a jamais officiellement présenté comme un produit religieux officiel, elle ne semble jamais avoir été particulièrement dérangée par le fait que des milliers de touristes repartent chaque année avec leur exemplaire sous le bras. Sur le site officiel du calendrier, la description demeure d’ailleurs étonnamment sage : le produit est présenté comme « un outil d’information destiné aux touristes offrant des renseignements sur la Cité du Vatican ».

    « Outil d’information » est certainement une façon de voir les choses. Parce qu’en pratique, le Calendario Romano est surtout devenu un phénomène à cause de la beauté de ses modèles qui p^rovoque chez nous la question : « Attends… pourquoi ces prêtres sont-ils aussi séduisants ? »

    Entre les éclairages dramatiques, les robes flottantes, les sourires mystérieux et les structures faciales dignes de mannequins professionnels, le calendrier suscitait le doute. Et maintenant, suite à l’entrevue publiée une autre question émerge : y avait-il au moins de vrais prêtres là-dedans ?

    Car le détail le plus savoureux de l’entrevue de Galizia est probablement sa compréhension que plusieurs autres hommes du calendrier n’étaient pas non plus des prêtres, mais simplement de jeunes hommes ou adolescents sélectionnés pour leur apparence. Autrement dit : une partie importante du mythe repose sur de «simples Italiens photogéniques» ayant accepté d’enfiler une soutane pour une séance photo.

    Aujourd’hui, plus de 20 ans après son lancement, le Calendario Romano continue d’exister dans une catégorie culturelle bien à lui : à mi-chemin entre le «souvenir religieux», la curiosité, le «thirst trap» et l’objet queer camp. 

    Malgré ces révélations relayées dans la presse internationale, le calendrier continue de s’arracher dans les kiosques à journaux et boutiques de souvenirs. Et l’histoire de son égérie, devenue malgré elle le visage de l’institution religieuse la plus scrutée au monde, ajoute sans une dimension pop et décalée que les acheteurs semblent adorer.

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