Vendredi, 15 mai 2026
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    Les plateformes de Meta parmi les pires réseaux sociaux pour la sécurité des personnes LGBTQ+, selon GLAAD

    Facebook, Instagram et Threads figurent désormais parmi les plateformes les moins sécuritaires pour les personnes LGBTQ+, selon le nouvel indice annuel publié par l’organisme américain GLAAD.

    Le rapport Social Media Safety Index 2026 dresse un portrait particulièrement inquiétant de l’évolution des grands réseaux sociaux, accusés de devenir de plus en plus hostiles envers les communautés queer et trans.

    Et Meta se retrouve directement au centre des critiques.

    Une chute marquée pour Facebook, Instagram et Threads

    Dans son évaluation annuelle, GLAAD attribue des scores particulièrement faibles aux plateformes appartenant à Meta : Instagram obtient 41 sur 100, Facebook 40 et Threads seulement 39.

    Toutes enregistrent une baisse par rapport à l’année précédente.

    YouTube et X (anciennement Twitter) se retrouvent également dans les derniers rangs du classement, mais le rapport insiste particulièrement sur les changements de politiques adoptés par Meta en 2025, jugés extrêmement préoccupants pour les personnes LGBTQ+.

    Selon GLAAD, ces nouvelles règles ont considérablement affaibli les protections contre les discours haineux visant les personnes queer, particulièrement les personnes trans et non binaires.

    Meta accusée de normaliser les discours anti-trans

    Le rapport cible notamment une modification controversée de la politique de « conduite haineuse » de Meta, qui autoriserait désormais certains propos associant l’identité de genre ou l’orientation sexuelle à des « troubles mentaux » ou à des formes « d’anormalité ».

    Pour plusieurs organismes LGBTQ+, cette décision représente un recul majeur.

    GLAAD critique également le fait que Meta ait intégré le terme « transgenderism » dans ses politiques internes — un mot largement utilisé dans les discours anti-trans anglophones pour présenter l’identité trans comme une idéologie plutôt qu’une réalité humaine.

    L’organisme qualifie explicitement ce terme de vocabulaire militant anti-trans.

    « Pour que ses politiques soient crédibles, Meta doit adopter un langage neutre respectueux des principes d’égalité et de non-discrimination », affirme GLAAD dans son rapport.

    L’organisation recommande notamment de remplacer les formulations idéologiques par des expressions plus neutres comme « discussions sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle ».

    Meta reste vague malgré les critiques

    Face aux critiques, Meta a simplement déclaré qu’elle allait « envisager » certaines modifications terminologiques, avant de préciser par la suite qu’elle évaluait toujours la « faisabilité » de ces changements.

    Une réponse jugée largement insuffisante par plusieurs groupes LGBTQ+.

    Car pour les militants, le problème dépasse désormais largement une question de vocabulaire.

    Depuis plusieurs mois, Meta est régulièrement accusée de réduire la visibilité des contenus queer, de suspendre des comptes LGBTQ+ et de limiter la portée de contenus liés à la santé sexuelle, à l’éducation reproductive et au militantisme communautaire.

    TikTok fait meilleure figure

    Dans le même rapport, TikTok obtient une note de 56 sur 100 — loin d’être parfaite, mais nettement supérieure à celle de Meta.

    GLAAD souligne que la plateforme continue d’offrir des protections relativement solides aux personnes LGBTQ+ et aux groupes marginalisés dans ses règles communautaires.

    Un contraste qui devient de plus en plus embarrassant pour Meta, dont les plateformes dominent pourtant toujours largement l’écosystème numérique mondial.

    Les données personnelles inquiètent les communautés LGBTQ+

    Le rapport soulève également des inquiétudes concernant la collecte massive de données personnelles par les réseaux sociaux.

    Sarah Kate Ellis, présidente et directrice générale de GLAAD, rappelle que les enjeux de confidentialité sont particulièrement sensibles pour les personnes LGBTQ+.

    « La protection des données personnelles représente une préoccupation majeure pour les communautés LGBTQ+, car un dévoilement forcé peut entraîner des conséquences extrêmement graves, notamment de la violence ou des poursuites judiciaires dans certains pays où être LGBTQ+ demeure criminalisé ou fortement stigmatisé », affirme-t-elle.

    Dans plusieurs régions du monde, l’exposition involontaire de l’identité sexuelle ou de genre peut encore mettre des vies en danger.

    Une accumulation de controverses

    Ce nouveau rapport survient alors que Meta fait déjà face à une série d’accusations concernant sa gestion des contenus LGBTQ+.

    Plus récemment, plus de 50 organisations queer et groupes défendant l’accès à l’avortement ont affirmé que leurs comptes avaient été supprimés, limités ou invisibilisés sur Facebook, Instagram et WhatsApp dans ce qu’ils décrivent comme une vaste campagne de censure numérique.

    Selon le Guardian, plusieurs militants estiment que les pratiques actuelles de Meta rappellent — et même aggravent — les politiques de modération mises en place durant la présidence de Donald Trump concernant les contenus LGBTQ+ et liés à la santé reproductive.

    Meta affirme que plus de la moitié des comptes signalés par l’organisme Repro Uncensored ont depuis été restaurés.

    Mais pour de nombreux observateurs, ces rétablissements tardifs ne changent pas le problème fondamental : les plateformes de Meta semblent de plus en plus incapables — ou peu désireuses — de protéger adéquatement les communautés LGBTQ+ contre la haine, tout en continuant à censurer des contenus queer parfaitement légitimes.

    Un climat numérique de plus en plus hostile

    Pour plusieurs militants, la tendance devient difficile à ignorer.

    Sous prétexte de « neutralité » ou de modération automatisée, Meta semble progressivement normaliser des discours qui remettent en question l’existence même des personnes trans et queer, tout en pénalisant les contenus éducatifs, militants ou communautaires produits par ces mêmes communautés.

    Et dans un contexte où les réseaux sociaux représentent souvent des espaces essentiels de visibilité, de soutien et d’organisation politique pour les personnes LGBTQ+, les conséquences dépassent largement les simples algorithmes.

    Elles touchent directement la capacité des communautés queer à exister, s’exprimer et se protéger en ligne.

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